19.2.07
Vous le savez peut-être, le New York Philharmonic vient de créer le Concerto pour piano d’Esa-Pekka Salonen, avec le compositeur à la baguette et Yefim Bronfman au piano. Comme c’est désormais le cas pour tous les concerts du New York Philharmonic, on peut aller se faire une idée en écoutant ici un enregistrement (d’excellente qualité) du concert. Attention, il n’est disponible que jusqu’au 2 mars.
La création a été reçue avec enthousiasme par le public, soulagé d’y distinguer des motifs rythmiques et mélodiques pas trop déroutants. C’est à la fois la force et la faiblesse du Concerto : il ressemble trop à des choses connues pour pouvoir être considéré comme vraiment “nouveau”, mais cette confortable familiarité le rend en même temps extrêmement séduisant. Anthony Tommasini, le critique du New York Times, a entendu l’influence de Messiaen. Pour ma part, j’entends aussi Ravel et Prokofiev…
Mais il est indéniable que cette partition, avec ses motifs rythmiques obstinés, ses envolées lyriques, ses jolies teintes sonores, son sens du mouvement rarement interrompu, son “inexorabilité” en somme, possède des charmes considérables et assez irrésistibles. Le son ample du New York Philharmonic se combine au beau jeu limpide mais décidé de Bronfman pour produire une musique pleine de caractère et d’entrain. Il faut noter aussi de très belles performances de solistes de l’orchestre, beaucoup mis à contribution par la partition.
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