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Pourquoi il faut aller voir le récital d’Audra McDonald au Châtelet le 30 mai ou le 1er juin

26.4.06

Audra Elle n’avait pas encore 24 ans lorsque, en 1994, elle recevait son premier “Tony Award” (l’équivalent new-yorkais des Molières français) pour son interprétation de Carrie Pipperidge dans la magnifique reprise de la comédie musicale Carousel de Rodgers & Hammerstein, mise en scène par Nicholas Hytner. Deux ans plus tard, elle était à nouveau distinguée pour sa prestation dans Master Class, la pièce de Terrence McNally, dans laquelle elle interprétait l’une des chanteuses se soumettant aux conseils de Maria Callas. Deux ans plus tard encore, à moins de 28 ans, elle remportait son troisième Tony Award pour son interprétation bouleversante de Sarah dans la comédie musicale Ragtime, de Stephen Flaherty & Lynn Ahrens, inspirée du roman éponyme de E. L. Doctorow. En 1999, elle tenait le premier rôle d’une comédie musicale écrite pour elle, Marie Christine, une transposition de la tragédie de Médée dans la Louisiane de la fin du 19ème siècle. En 2004, à 33 ans, elle était distinguée par un quatrième Tony Award pour sa prestation dans le reprise de la pièce (non musicale) A Raisin in the Sun (dans laquelle apparaissait aussi, pour l’anecdote, un certain Sean Combs, alias... Puff Daddy).

Audra McDonald est l’une des figures les plus remarquables du Broadway d’aujourd’hui. Sa solide formation classique lui permet d’aborder le répertoire de la comédie musicale avec une extraordinaire et enthousiasmante facilité. S’y ajoutent des qualités d’interprète remarquables et un goût jamais pris en défaut. Elle chante magnifiquement Gershwin... mais elle a su également se faire le chantre de la “jeune” génération de compositeurs qui cherchent à percer à Broadway tout en renouvelant un peu le genre... comme par exemple Michael John LaChiusa, l’auteur de Marie Christine. Elle semble réussir tout ce qu’elle entreprend ; sans nul doute, c’est par un travail acharné qu’elle parvient à mettre aussi bien en valeur son talent et ses qualités naturelles.

Elle est aussi régulièrement invitée à se produire avec les orchestres les plus prestigieux, et c’est ainsi que je l’ai vue, par exemple, chanter en soliste avec le New York Philharmonic dirigé par John Adams dans un programme qui regroupait un florilège d’œuvres de Charles Ives, une sélection de “classiques” du répertoire du ragtime, ou encore des œuvres du Maestro Adams lui-même. On attend avec impatience le prochain rôle d’Audra à Broadway, celui de Lizzie dans la reprise de la comédie musicale 110 in the Shade de Schmidt & Jones, originellement créée en 1963, inspirée de la pièce The Rainmaker de N. Richard Nash.  Ce sera dans un an environ.

En attendant, le public parisien aura l’immense chance de pouvoir admirer le talent de cette remarquable jeune femme lors de deux récitals donnés au Châtelet le 30 mai et le 1er juin. Il serait impardonnable de ne pas y être...

Addendum : les commentaires du New York Times sur le récital d’Audra McDonald à Carnegie Hall le 29 avril.