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Un hommage éblouissant et indispensable

23.8.09

Le 1er août dernier, la “Prom” numéro n° 22 rendait hommage aux grandes comédies musicales de la MGM. Je n’ai pas pu m’y rendre, mais les extraits disponibles sur YouTube montrent à quel point ce concert a été magnifique.

Le principe était simple : recréer à l’identique les orchestrations sublimes des grandes comédies musicales de la MGM. Mais voilà, les partitions ont disparu depuis longtemps. John Wilson, qui dirige l’orchestre de cette Prom, a passé de longues journées à retranscrire note à note ce qu’il entendait en visionnant les films de manière à reconstituer l’ensemble des parties.

Et puis il a décidé de ne pas mettre ces trésors entre n’importe quelles mains : il a constitué lui-même un orchestre en allant chercher les musiciens dans les principaux orchestre anglais… mais pas seulement, puisque le contrebassiste solo, par exemple, est celui du Concertgebouworkest (on reconnaît bien d’autres visages familiers, dont celui d’un des violonistes principaux du LSO parmi les premiers violons).

Du côté des chanteurs aussi, il s’est entouré de valeurs sures… en particulier avec la talentueuse Kim Criswell, qui est totalement éblouissante. Pour vous en convaincre, allez voir du côté de l’extrait numéro 7, “I Got Rhythm”, qui laisse sans voix non seulement à cause de la performance vocale de Mme Criswell, mais aussi ensuite, lorsque l’orchestre se lance dans la vertigineuse partie instrumentale.

Moi, ça me met dans tous mes états…


Shopping in Seattle…

10.8.09

Au cours d’une petite promenade fort agréable dans le centre-ville de Seattle et dans ses centres commerciaux, j’ai eu la surprise de découvrir trois enseignes fort intéressantes et jamais vues ailleurs… un exploit assez remarquable à l’époque de la mondialisation galopante.

Seattle est la seule région des États-Unis avec l’agglomération de San Francisco à accueillir une boutique du géant japonais Daiso, où l’on trouve des milliers de produits plus ou moins identifiables à petit prix. Le défi, bien entendu, est de comprendre ce que l’on voit en traversant les allées, d’autant que la plupart des étiquettes sont uniquement en japonais. L’occasion de faire un stock de ces indispensables lingettes rafraîchissantes poudrées…

Au rayon nourriture, ensuite, un détour par la boutique de fromage Beecher’s s’impose : non seulement on y voit les ouvriers préparer en direct le cheddar maison, le Flagship, mais on peut aussi y découvrir quelques variétés fort intéressantes de fromages, comme cette tomme au lait de chèvre de chez Laura Chenel qui a laissé mes papilles en émoi.

Pour finir, toujours au rayon gastronomique, la chocolaterie locale Dilettante propose de somptueuses boissons à base de chocolat et de café. Le Xtra dark mochasucculent mélange de café et de chocolat à 72 % de cacao, est à se damner de plaisir.


“Prop. 8 – The Musical”

3.12.08

Mark Shaiman (le compositeur et co-lyriciste de Hairspray) a concocté un savoureux numéro musical consacré à la bataille qui a fait rage en Californie autour de l’adoption de la fameuse “Proposition 8” inscrivant dans la constitution l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe. Le résultat, bien entendu, est décapant :


On remarque quelques noms très connus dans la distribution, comme Barrett Foa (Avenue Q), John C. Reilly (les films Magnolia et Chicago) ou encore le célébrissime Neil Patrick Harris (Cabaret, Assassins).

[via Everything I Know…]


Obsession

16.10.08

Depuis quelques jours, j’écoute en boucle cet extrait de l’opéra Doctor Atomic de John Adams, que je dois voir prochainement à New York. L’action se situe dans les jours qui précèdent le test de la première bombe atomique, conçue par Robert Oppenheimer, que l’on voit ici à la fin de l’acte 1. L’aria “Batter My Heart” utilise un sonnet de John Donne (1572-1631), dont le texte peut être trouvé par exemple ici. La combinaison de la partition, du texte et de l’interprétation incandescente de Gerald Finley me donne la chair de poule.



Mes deux coups de cœur du jour

10.3.08

Il y a des jours, comme ça. Les deux CD que j’ai écoutés ce soir se sont révélés être de véritables enchantements.

Emt D’abord, un ancien (1993) enregistrement de la soprano danoise Elisabeth Meyer-Topsøe interprétant les Wesendonck Lieder de Wagner et les Vier Letzte Lieder de Strauss accompagnée par l’Orchestre Philharmonique de Copenhague placé sous la direction de Hans Norbert Bihlmaier (label Kontrapunkt). Une interprétation intelligente, intensément expressive, qui rend un hommage magnifique aux deux chefs d’œuvre.

Wagner Et puis, un enregistrement tout récent (2008) de The Ring, an orchestral adventure, une suite d’orchestre écrite en 1991 par Henk de Vlieger, qui résume en soixante minutes une partie des thèmes du Ring de Wagner. Interprétation superbe du Royal Scottish National Orchestra placé sous la direction inspirée de Neeme Järvi, dont les choix stylistiques sont confondants de beauté. Les cuivres du RSNO sont étonnants. (Label Chandos.)


Disques de la semaine

22.6.07

Onegin Tchaïkovsi : Eugene Onegin (en anglais). Orchestre et Chœur du Welsh National Opera, Charles Mackerras. Avec Thomas Hampson (Onegin), Kiri Te Kanawa (Tatyana), Neil Rosenshein (Lensky), John Connell (Gremin), Richard Van Allan (Captain/Zaretzky), Nicolai Gedda (Triquet)… Chandos CHAN 3042(2), 2CD. Enregistré en 1994.

Superbe enregistrement, que j’ai découvert par hasard à la radio lors de mon passage à Dublin il y a quelques semaines. Comme dans ses enregistrements de Janacek, Mackerras imprime à la partition un magnifique romantisme débridé, d’une extraordinaire expressivité. La distribution est parfaite. Rosenshein, en particulier, est un merveilleux Lensky. Tout purisme mis à part, l’adaptation en anglais permet de suivre les paroles sans difficulté, ce qui rend l’expérience encore plus appréciable.

Lorraine Récital de Lorraine Hunt Lieberson à Wigmore Hall, avec Roger Vignoles au piano. Enregistrement live du 30 novembre 1998. WHLive0013.

Que ce soit dans les Rückert Lieder de Mahler, où elle est bouleversante, ou dans les extraits d’Ariodante ou de Theodora de Händel, où elle est impériale, Lorraine Hunt Lieberson fascine. Sa voix est un curieux mélange de force brute et de raffinement expressif, d’assurance et de fragilité, d’humanité et de transcendance. Du très grand art, infiniment touchant.


CD : la 4ème de Tchaïkovski par Sergiu Celibidache

24.3.07

Tchaïkovski : Symphonie n°4 et Suite de Casse-Noisettes.
Münchner Philharmoniker, Sergiu Celibidache. Enregistré en direct en novembre 1993.

Tchai4_celibidacheJe continue à explorer le monde de la quatrième symphonie de Tchaïkovski après deux concerts à huit jours d’intervalle (un sublime ici, un très décevant ici).

Les héritiers de Sergiu Celibidache ont décidé de publier une sélection d’enregistrements “live” du maestro malgré sa réticence légendaire à fréquenter les studios. J’ignore ce que valent les autres volumes de la série (j’ai aussi une Messe en si mineur de Bach que je n’ai pas encore écoutée), mais cette quatrième est remarquable.

Celibidache adopte des tempos lents, voire très lents, qui mettent à nu la musique de Tchaïkovski et en illustrent l’élégance et la majesté sans effet gratuit et sans la sentimentalité à la guimauve dont on accuse parfois un peu rapidement le compositeur. La Philharmonie de Munich se laisse brillamment emmener sur ce chemin inhabituel mais issu d’une vision forte et envoûtante : de superbes sonorités et un réel sens du discours musical.

On apprend d’ailleurs en lisant les notes d’accompagnement que Pletnev s’inscrit dans la tradition de Mravinsky, qui jouait Tchaïkovski à toute allure pour éviter de faire ressortir la guimauve. Celibidache démontre qu’il y a des alternatives autrement plus convaincantes.


Il arrive…

10.1.07

Roilion Quelle surprise, tout à l’heure, de voir cette affiche sur une colonne Morris ! On savait bien que Stage Entertainment France avait annoncé la version française de cette comédie musicale pour la rentrée 2007 au Théâtre Mogador, mais ça fait quand même un drôle d’effet d’en voir la concrétisation de manière aussi visible. (Je dois admettre, de surcroît, que j’adore ce dessin.)

The Lion King
est une comédie musicale inspirée par le dessin animé éponyme des studios Disney. Le coup d’audace génial a consisté à en confier la conception et la mise en scène à une artiste en provenance des scènes alternatives expérimentales, Julie Taymor, connue notamment pour son travail sur les masques, et de lui donner carte blanche. Le résultat, sur scène à New York depuis l’automne 1997 et à Londres depuis 1999, ressemble à tout sauf à un dessin animé transposé sur scène. C’est un spectacle à couper le souffle sur le plan visuel, dont la qualité a été assez unanimement saluée par une critique pourtant assez méfiante à l’idée que Disney puisse se mêler de faire du théâtre.

Julie Taymor a depuis fait de très belles choses, dont une remarquable production de La Flûte enchantée pour le Metropolitan Opera.

La société Stage Entertainment France, désormais propriétaire du Théâtre Mogador, est la filiale d’une société néerlandaise détentrice des droits d’adaptation et d’exploitation de Lion King pour l’Europe hors Royaume Uni. Elle l’a déjà exploitée dans plusieurs pays. C’est bien entendu la copie conforme de la version originale qui sera présentée (comme pour le Cabaret actuellement aux Folies-Bergère), dans un format vraisemblablement un peu réduit, même si le Théâtre Mogador est plus grand qu’il n’y paraît au premier regard. Des travaux d’adaptation sont programmés afin de permettre au théâtre d’accueillir une production qui repose sur une imposante machinerie scénique.

Il semble que la première représentation soit prévue le 2 novembre 2007. Le site officiel du spectacle se trouve ici.


À la découverte de Michael Nyman…

8.12.06

J’imagine ne pas être le seul à m’être précipité pour aller acheter la partition de la bande originale du film The Piano de Jane Campion, récipiendaire la Palme d’Or à Cannes en 1993. Et je ne suis sans doute pas le seul à avoir passé des heures — non, des jours — à jouer “The Heart Asks Pleasure First”, un morceau magnifique dans lequel les deux mains sont priées de jouer trois ou quatre voix, d’abord en 12/8, puis en 4/4 ou 5/4, avec cinq doubles croches par temps (des quintolets ?).

Nyman1 La plupart des thèmes musicaux du film ont été repris par Nyman dans une œuvre intitulée The Piano Concerto, structurée en quatre mouvements (“The Beach”, “The Woods”, “The Hut”, “The Release”), que l’on peut découvrir dans ce bel enregistrement édité par Naxos (Ulster Ochestra dirigé par Takuo Yuasa — John Lenehan, piano). The Piano Concerto a initialement été créé… à Lille, par Kathryn Stott, avec l’Orchestre National de Lille, sous la direction de Jean-Claude Casadesus.

De formation classique, Nyman est surtout connu pour sa musique de film, notamment celle écrite lors de sa longue collaboration avec Peter Greenaway. La musique de Nyman a la particularitéNyman3_1 de ne ressembler, au premier abord, à rien de connu… alors même que la plupart de ses compositions s’appuient sur une source bien déterminée : le folklore écossais pour la bande originale de The Piano, la musique de Purcell pour The Draughtsman’s Contract

Un disque intitulé “The World of Michael Nyman” (chez Decca) propose une jolie sélection de son catalogue, incluant des extraits de musique de film, un mouvement de quatuor à cordes… et un mouvement de son œuvre MGV (Musique à Grande Vitesse), écrite pour l’inauguration du TGV Nord.

Nyman2 Pour aller un peu plus loin dans la découverte de Nyman, on peut se plonger également dans ses remarquables quatuors à cordes, disponibles dans la collection “The British Music Collection” (label Decca), dans une interprétation du Quatuor Balanescu. Je suis assez subjugué par l’univers sonore très particulier de ces quatuors. En voici un court extrait (tiré du quatuor n°1) :


Vocalise…

30.11.06

VocaliseLes aléas du transport aérien ne m’ont pas permis d’arriver à New York à temps pour y voir, comme prévu, la comédie musicale Grey Gardens. Voici donc un billet de remplacement, que j’avais initialement prévu de mettre en ligne lundi prochain.

L’un de mes premiers trente-trois tours des concertos de Rachmaninov (par Ashkenazy, me semble-t-il, mais je ne suis plus très sûr) contenait en complément une transcription pour piano seul de la Vocalise. C’était la première fois que je l’entendais, et je fus tout de suite fasciné.

(Je compris plus tard que cette fascination était causée par la succession de modulations… On trouve un schéma voisin dans une étude de Chopin, qui a à peu près le même effet sur moi.)

C’est donc avec un certain plaisir que je me suis jeté sur ce CD (label BMG Classics) qui regroupe pas moins de treize versions différentes de la Vocalise. Outre la version originale pour soprano et orchestre (chantée par la délicieuse Anna Moffo), on y trouve à peu près toutes les transcriptions possibles : pour violon et piano, pour flûte et orchestre, pour deux pianos, pour soprano et piano, pour contre-ténor et orchestre, pour piano seul (cette dernière par Evgeny Kissin)…

Le risque est grand, évidemment, de frôler l’indigestion. Caveat emptor


Pour se mettre dans l’ambiance…

27.11.06

Weinchts_oratorium Je l’ai entendu dans un magasin de CD à Londres et j’ai tout de suite craqué : cet Oratorio de Noël de Bach par l’orchestre “The Symphony of Harmony and Invention” et le chœur “The Sixteen” sous la direction de Harry Christophers (label CORO) est un régal. La musique est bondissante, joyeuse, lumineuse ; elle donne envie de danser. Un concentré de bonheur…

(Si on m’avait dit que je dirais cela un jour d’un enregistrement sur instruments anciens…)


Superbe…

5.11.06

Chosta_khacha Je suis emballé par ce nouvel enregistrement des concertos pour violon de Chostakovitch par le jeune Sergey Khachatryan et l’Orchestre National de France, sous la baguette de Kurt Masur.

Khachatryan tire de son violon (le Stradivarius “Huggin”, qui date de 1708) une palette de sonorités absolument époustouflante. Le mouvement lent du second concerto, avec ses clairs-obscurs mouvants, est une merveille absolue. Les mouvements rapides ne sont pas en reste, avec des attaques mordantes à souhait, d’une brutalité presque primale.

Nouvelle confirmation que le couple ONF / Masur est une combinaison gagnante dans Chostakovitch (ainsi qu’on a pu le constater aussi dans la récente 7ème symphonie — merci au passage à Naïve d’éditer le seul concert Chostakovitch de l’Orchestre National auquel je n’ai pas pu assister la saison dernière pour cause de vacances !)


Prodige ?

31.10.06

Jay_greenberg On entend beaucoup parler ces jours-ci du compositeur Jay Greenberg, dont Sony vient d’éditer la cinquième symphonie (interprétée par le London Symphony Orchestra, dirigé par José Serebrier) et un quintette à cordes (interprété par le Juilliard String Quartet).

Le point remarquable, c’est que Jay Greenberg (qui, bien sûr, a un site Internet) n’a pas tout à fait 15 ans. Il étudie à la Juilliard School depuis quatre ans.

Alors, coup marketing ou révélation d’un génie d’envergure planétaire ?

Je penche plutôt pour la première solution. Greenberg possède indiscutablement une maîtrise avancée de la composition : il sait créer de jolies textures, bâtir des moments forts, jouer sur les contrastes… mais sa musique donne encore l’impression de résulter d’un exercice assez académique. Les juxtapositions thématiques semblent découler davantage d’un souci de “passer à autre chose” que d’un véritable sens de la construction. La voix ne semble pas très personnelle, pas très mûre. Peut-être le quintette révèle-t-il les prémices d’une voix originale… mais il me semble qu’un peu de maturation est encore nécessaire.