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“Architecture Tour” au Barbican

7.4.12 à 11h

Outre le “Hidden Barbican Tour”, une passionnante visite architecturale consacrée à cet ensemble architectural hors du commun est proposée par le Barbican Centre. C’est en 1955 que la décision a été prise (par l’administration de la City of London) de construire des logements sur une zone largement détruite par les bombardements allemands. Il s’agissait principalement d’encourager certains salariés de la City à habiter à proximité de leur lieu de travail. La construction des logements a duré de 1963 à 1976 environ, tandis que celle du Barbican Centre, démarrée plus tard, s’est achevée en 1982. L’architecture de type “brutaliste” doit beaucoup à Le Corbusier et à la Cité radieuse. Les logements sont aujourd’hui très courus ; pour partie, ils sont toujours occupés par les habitants originels. Et, contrairement à d’autres ensembles du quartier (comme le Golden Lane Estate voisin, conçu par les mêmes architectes), ils n’ont jamais eu de vocation sociale.

Passionnante conférence très claire et très informative, doublée d’une grande promenade sur les lieux, où subsistent ça et là quelques vestiges antérieurs. Vers la fin, on pénètre dans un tunnel de maintenance dans lequel sont conservés des échantillons de toutes les idées envisagées pour la finition des façades avant que le choix ne s’arrête sur ce bêton patiemment travaillé à la main pour lui donner cette finition rugueuse rythmée par les éclats de granit. Certains choix, comme ces carreaux de marbre blanc, auraient donné une toute autre apparence aux bâtiments. Pas sûr qu’ils auraient très bien vieilli…


“Hidden Barbican Tour”

Barbican Centre, Londres • 2.4.12 à 11h

Le Barbican Centre propose désormais des visites guidées qui permettent de découvrir une partie des coulisses de cet étonnant complexe : trois salles de spectacles (2000 places pour la salle de concert, 1000 et 200 places pour les théâtres), trois salles de cinéma (deux autres devraient ouvrir prochainement), deux galeries d’art, trois restaurants, des espaces de conférence et d’exposition… sans compter la bibliothèque installée dans les locaux… et l’impressionnant jardin sous serre qui masque la tour abritant les cintres du théâtre.

Le Barbican Centre est l’une des réalisations les plus frappantes du mouvement architectural “brutaliste”, inspiré notamment par Le Corbusier. L’utilisation de matières et de surfaces brutes n’exclut aucunement la subtilité et l’attention au détail, comme le démontre par exemple l’omniprésence du motif semi-circulaire qui est en quelque sorte la signature du Barbican… ou encore la subtile pente aménagée devant les entrées de la salle de concert, qui invite discrètement les spectateurs à prendre place.

Bien que deux billets aient été vendus, je suis le seul à me présenter pour la visite… et j’ai donc le conférencier pour moi tout seul. Nous visitons une loge, la “green room” (qui, curieusement, est verte), la fosse d’orchestre du théâtre, l’ascenseur à camions qui permet de décharger les décors à proximité de la scène, différents ateliers de fabrication et d’entreposage, etc. Mais c’est bien sûr lorsque nous pénétrons dans les cintres du théâtre que je suis le plus heureux : une première fois dans les premiers niveaux et une seconde fois tout en haut, à proximité du gril. C’est vertigineux et merveilleux à la fois.

Je profite de mon passage au Barbican pour visiter une installation de l’artiste chinois Song Dang, qui met en scène plusieurs milliers d’objets conservés par sa mère pendant plusieurs décennies au cas où ils pourraient resservir. Une étonnante mise en abyme de la montée de la société de consommation vue d’un pays où manquent encore les biens les plus primaires et où la sagesse traditionnelle garde toute son importance.


Promenade dans Venise

28.8.11

Une journée passée à flâner — pour la première fois — dans Venise. Pour une raison que je ne saurais expliquer précisément, cette ville ne m’attirait pas. Elle me faisait même un peu peur. Le charme a quand même opéré — même s’il est assez curieux qu’une ville dans un tel état de délabrement puisse conserver un pouvoir d’attraction.

Le véritable choc de la journée, cependant, je le dois à la découverte des deux lieux consacrés par François Pinault à l’art contemporain : le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana. L’exposition présentée au Palazzo Grassi, “The World Belongs To You”, est absolument fascinante : non seulement les œuvres exposées sont toutes plus géniales les unes que les autres, mais leur osmose parfaite avec le lieu est une source permanente d’émerveillement. À la Punta della Dogana, “Éloge du doute”, est un cran en-dessous, d’autant que le sublime travail architectural de Tadao Ando, même conçu pour disparaître derrière les œuvres, finit quand même par leur voler la vedette.

Autre exquise découverte : une boutique du parfumeur florentin Santa Maria Novella, dans une ruelle voisine du Palazzo Grassi. Dîner dans un restaurant choisi au hasard, avec notamment de superbes seppie alla veneziana (seiches à l’encre).

Pas mal de photos, bien sûr :

Venise

Washington, DC – La Phillips Collection

13.11.09 à 12h

Washington est une ville particulièrement riche en musées. J’avais déjà évoqué, par exemple, la merveilleuse aile est de la National Gallery of Art. Il y avait longtemps que je voulais rendre visite à la Phillips Collection, un musée construit autour de la collection amassée dans la première moitié du 20ème siècle par Duncan Phillips, héritier d’une fortune bancaire et industrielle, dont la pièce la plus connue est le célèbre Déjeuner des canotiers de Renoir. (Une sélection d’œuvres de la Phillips Collection a été présentée à Paris, au Sénat, il y a quelques années.)

Phillips s’est constitué au cours du temps une remarquable collection d’art moderne dans lequel se côtoient les principaux maîtres européens mais également de nombreux peintres américains. Il n’est évidemment pas possible de présenter la totalité des 3000 pièces qui constituent la collection, mais on ne peut qu’être sidéré par le nombre d’œuvres majeures parmi les toiles exposées : beaucoup de Bonnard, des Cézanne, des Monet, des Van Gogh somptueux, une jolie série de Rouault, l’obligatoire Corot et son point rouge, l’obligatoire Sisley enneigé, un Chagall extraordinaire, des Kokoschka, ...

La muséographie est fort bien pensée en ce qu’elle ne suit aucune logique chronologique ou thématique. Elle n’est pensée qu’en fonction de la cohabitation plus ou moins harmonieuse des œuvres, ce qui donne des résultats inattendus et passionnants, comme cette alternance de toiles de Rouault (figuratives) et de de Staël (abstraites), qui semblent faites pour dialoguer. Les pièces maîtresses comme Le Déjeuner des canotiers de Renoir sont particulièrement mises en valeur. Une petite salle est consacrée à quatre toiles de Rothko qui semblent dialoguer entre elles.

La visite est un enchantement… surtout lorsqu’on a la chance d’être quasiment le seul visiteur dans ce petit havre de paix.


Les chutes d’eau d’Olafur Eliasson

16.7.08 à 12h

L’artiste Olafur Eliasson a installé sur l’East River une série de quatre chutes d’eau de 25 à 35 mètres de hauteur environ, constituées d’échafaudages au sommet desquels est rejetée de l’eau puisée à la base. Intéressante tentative visant à doter temporairement New York d’un monument distinctif, à base d’un matériau à la fois fondamental et banal : l’eau. L’expérience peut paraître futile (tout cela a coûté plus de quinze millions de dollars) ; certains pensent que les chutes sont trop discrètes ; d’autres que la dépense d’énergie nécessaire pour pomper l’eau jusqu’au sommet des échafaudages n’est pas raisonnable par les temps qui courent… Toujours est-il que, fermement ancrées à leurs échafaudages et pourtant reconfigurées en permanence au gré du vent, les chutes d’Eliasson sont comme quatre pointillés fascinants posés pour quelque temps dans le paysage urbain de New York.

Les quatre chutes sont situées respectivement un peu au nord du Manhattan Bridge du côté de Manhattan, le long de l’une des piles du Brooklyn Bridge, devant Brooklyn Heights et devant Governors Island. On peut les voir depuis la terre, mais on peut aussi embarquer au South Street Seaport pour une petite croisière permettant en prime de profiter une fois du plus du plaisir inépuisable de voir la ville depuis l’eau. Quelques souvenirs en photos en cliquant ci-dessous :

New York – Croisière dans le port – Les Waterfalls d’Olafur Eliasson

Le cimetière des musiciens

Vienne • 28.6.08 à 15h30

Le Zentralfriedhof de Vienne, contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre, n’est pas dans le centre, mais à la périphérie de la ville, à peu près à mi-distance de l’aéroport. On s’y rend en prenant la ligne de tram numéro 71 depuis Schwartzenbergplatz. C’est un cimetière gigantesque (plus de trois millions de personnes y auraient été enterrées), pourvu d’un fascinant “carré des musiciens” : Beethoven, Brahms, Schubert, Schoenberg… l’accumulation est étonnante.

Voici quelques photos des tombes des personnages les plus connus — tous des compositeurs, à deux exceptions près. Pour Mozart, il ne s’agit bien sûr que d’un hommage et non d’une tombe. Cliquez sur la couverture de l’album photo :

Vienne, le Zentralfriedhof

Grinzing

13.4.08

Depuis le centre-ville de Vienne, on prend à Schottentor le tram numéro 38 jusqu’à son terminus. On arrive à Grinzing, petite bourgade pittoresque accrochée à flanc de colline, techniquement située dans le 19ème arrondissement de Vienne. On se promène entre les vignobles au bord desquels sont installées les Heurigens, sortes de tavernes où l’on consomme le vin local, éventuellement allongé d’eau gazeuse. De certaines terrasses, la vue sur la ville est magnifique : on imagine le plaisir que peuvent prendre les Viennois à venir se réfugier ici aux beaux jours.

Gvstav Dans le cimAlmaetière de Grinzing, la belle tombe de Gustav Mahler est nichée dans un écrin de verdure. On est presque surpris de ne pas y trouver plus de signes d’adulation. On erre un peu avant de trouver, non loin de là, la tombe d’Alma : la pierre tombale porte l’inscription “Alma Mahler Werfel”, les noms de ses premier et troisième maris. Un triangle blanc posé sur le tombeau porte le nom de Manon Gropius, la fille d’Alma et de son deuxième mari, l’architecte Walter Gropius, morte de la polio à 18 ans et pour qui Alban Berg écrira son célèbre concerto pour violon, dédié “à la mémoire d’un ange”.


Le Musée Lichtenstein

Vienne • 9.12.07 à 14h

Ce musée, installé dans un palais qui appartient à la famille princière du Lichtenstein, donne à voir une petite partie de la collection d’art de la famille, consacrée majoritairement au baroque italien et flamand. Rubens est particulièrement bien représenté. Visite en compagnie de V., qui me fait comme d’habitude une sélection des œuvres majeures de la collection. Le palais lui-même, entièrement restauré, est une petite merveille.

Nous assistons également à un petit concert gratuit dans une galerie du palais. Un contre-ténor y interprète le Nisi Dominus de Vivaldi. On est loin de James Bowman : il patine beaucoup et respire bizarrement, mais c’est une ponctuation musicale parfaitement appropriée pour le lieu.


Petite promenade architecturale dans la City

30.10.07

Cranes L’inconvénient d’habiter à Paris, c’est que l’architecture y est quasiment devenue un art paléohistorique. À part quelques grands travaux de ci de là, on cherche vainement la frénésie qui semble s’emparer de Londres ou de New York quand il s’agit de renouveler un peu le paysage urbain. C’est peut-être la malédiction d’une ville qui a connu une véritable vision urbanistique avec Haussmann : on n’ose plus rien changer. Londres, au moins, est tellement imparfaite qu’il n’y a aucune hésitation à avoir. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater le nombre ahurissant de grues visibles sur cette photo prise depuis la Tate Modern (où l’on voit aussi le “Millenium Bridge” de Norman Foster — le premier pont à être construit à Londres en plus d’un siècle — et, en bas, tapie dans l’ombre, la fameuse Maman de Louise Bourgeois).

Mon appareil photo ne semble plus faire le point correctement : désolé pour la qualité des clichés.

881 Mes pas me mènent d’abord à un bâtiment de Richard Rogers (le co-concepteur de Beaubourg avec Renzo Piano) : le 88 Wood Street, achevé en 2001 après (semble-t-il) huit ans de construction. Le bâtiment est complètement ouvert sur l’extérieur grâce à sa façade en verre ultra-transparent, qui révèle notamment un très attrayant atrium. Marque de fabrique de Rogers, les ascenseurs extérieurs accrochés à la façade sont spectaculaires.

882 Derrière la façade, des éléments d’infrastructure (escaliers, tuyaux) sont peints en jaune. À l’extérieur du bâtiment, les conduits de climatisation sont peints en bleu (pour l’entrée d’air) et en rouge (pour la sortie). Du côté de Wood Street, une petite rue où se côtoient déjà beaucoup de styles architecturaux (dont une église de Wren), la façade reste relativement modeste et ne fait que huit étages. Mais lorsqu’on s’éloigne de l’avant, le bâtiment se surélève une première fois jusqu’à 14 étages, puis une deuxième fois jusqu’à 18 étages : de profil, il ressemble à un escalier à trois marches.

De Wood Street, l’on peut se rendre en une dizaine de minutes sur le site du nouveau projet de Richard Rogers : le 122 Leadenhall. Le bâtiment, qui doit être terminé en 2010, sera (pendant quelques mois) le plus haut bâtiment de Londres avec ses 225 mètres, dépassant un peu le tenant du titre, la Tower 42, ancien QG de NatWest, qui ne mesure que 183 mètres. Il ne devrait pas conserver ce titre bien longtemps puisque la Bishopsgate Tower, en construction sur une parcelle voisine, devrait se hisser jusqu’à 288 mètres. Un autre bâtiment, le “tesson de verre”, conçu par Renzo Piano, devrait dépasser les 300 mètres, mais sa construction n’a toujours pas commencé et ne semble plus très sûre.

122 Une visite au site du futur 122 Leadenhall réserve une surprise de taille, car le bâtiment qui occupe actuellement le terrain est en train d’être démoli… du bas vers le haut ! Cela est dû aux particularités de sa conception, car les étages sont “accrochés” à un cœur central.  (Sur la photo à droite, le bâtiment à l’arrière-plan est la Tower 42.)

Lloyds Compte tenu de contraintes diverses (notamment pour préserver la vue sur Saint-Paul), le bâtiment de Rogers aura la forme d’un triangle rectangle dont un tout petit côté serait posé au sol, ce qui lui vaut déjà le surnom de “râpe à fromage”. Il aura un air de famille évident avec son grand frère du 88 Wood Street… ou, d’ailleurs, avec le bâtiment des Lloyd’s, également conçu par Richard Rogers, qui se trouve… de l’autre côté de la rue.

30 Un pâté de maisons plus loin, on tombe nez à nez avec ce qui est aujourd’hui sans conteste le plus beau bâtiment de Londres… et qui risque bien de le rester même lorsque tous les projets en cours seront achevés : le fameux Cornichon (“Gherkin”) de Norman Foster. De son nom officiel 30 St. Mary Axe, ce bâtiment est un triomphe : sa forme rassurante et lisse, la façon dont la ville se reflète dans les deux tons de sa façade… le Cornichon est aujourd’hui à Londres ce que le Chrysler Building est à New York.

Barbican Je finis ma promenade en traversant le complexe du Barbican, un exemple intéressant de régénération urbaine de la fin des années 1960, sur un site qui était resté largement détruit au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le Barbican contient un grand nombre d’unités d’habitation, dont trois tours de 123 mètres chacune. Comme toute l’architecture en béton de cette période, il a assez mal vieilli… mais je suis frappé de voir à quel point tout est propre et impeccablement entretenu.

Le Barbican a notamment souffert d’être construit sur une dalle surélevée, comme le quartier de la Défense, ce qui l’a coupé de la ville environnante. Il n’y a qu’une façon convaincante de construire dans la ville : en laissant les bâtiments prendre racine directement dans la chair urbaine environnante.

 Le foisonnement de chantiers dans la City fait que deux populations se côtoient sans interagir du tout dans le quartier : celle des “City Boys” (très masculine, où l’on s’interpelle en se disant “Hello, buddy!”) et celle des “Construction Workers” (encore plus masculine, où l’on s’adresse la parole comme partout ailleurs à Londres, en se disant “Hi, mate!”).

En complément : une cinquantaine de photos ici.


Top of the Rock

New York • 16.7.07 à 16h

Topoftherock Le “GE Building” — autrefois appelé “RCA Victor Building” —, dont l’adresse officielle est 30 Rockefeller Plaza, est l’un des gratte-ciel les plus célèbres de New York. C’est le point focal du Rockefeller Center (celui que l’on voit si on lève les yeux en regardant la statue dorée de Prométhée)… et gageons que la frise qui surmonte son entrée doit se retrouver parmi les photos de tous les touristes qui visitent la Grosse Pomme.

Le GE Building est doté d’un observatoire panoramique qui a rouvert au public fin 2005 après avoir été fermé près de vingt ans. Du sommet de ce qui s’appelle maintenant le “Top of the Rock” (“Rock” comme “Rockefeller”, bien sûr), on retrouve les vues à couper les souffle qui font la magie de New York. Le bâtiment est légèrement plus bas que l’Empire State Building, mais il est mieux placé pour regarder vers le nord et Central Park.

Ce qui distingue aussi le “Top of the Rock” de l’observatoire de l’Empire State Building, c’est qu’il s’étend sur trois étages, tous dotés de terrasses en plein air, et que la vue est bien moins encombrée par les parois de sécurité, d’immenses surfaces vitrées dotées d’interstices bien pratiques pour glisser l’objectif des appareils photos. En outre, le dernier étage — qui est carrément le toit du bâtiment — offre une vue totalement dégagée : pas de parois de sécurité en effet ; les candidats au suicide se retrouveraient un étage plus bas sur la terrasse du niveau inférieur.

L’impression de dominer la ville est bien plus forte que du haut de l’Empire State Building, où l’on est toujours plus ou moins derrière un grillage. Je ne sais pas si les guides touristiques continuent à indiquer l’observatoire de l’Empire State comme une étape obligatoire, mais celui du GE Building constitue une alternative plus que valable…


Museum of Modern Art

New York • 16.7.07 à 14h

Moma Je ne me lasserai jamais du somptueux bâtiment du Japonais Yoshio Tanigucci dans lequel est désormais logé le MoMA. La pureté des lignes et la simplicité géométrique des espaces créent à la fois un sentiment d’harmonie paisible et un écrin discret pour les œuvres exposées.

Le MoMA propose actuellement une exposition rétrospective consacrée au sculpteur Richard Serra, dont les œuvres, que l’on voit un peu partout, sont déjà des classiques de l’art contemporain. Je me souviens en particulier d’une exposition au Musée Bilbao de Guggenheim, où étaient présentées plusieurs de ses “Torqued Ellipses”, dont l’une se trouve dans le jardin du MoMA pour cette exposition. (Les œuvres sont réparties entre deux étages du musée et le jardin.)

Les sculptures de Richard Serra ont un côté rassurant malgré leur monumentalité. C’est peut-être dû à leurs courbes, ou à ce côté parfaitement lisse… ou encore à l’air de famille qu’elles entretiennent entre elles. En les côtoyant… ou en y pénétrant, puisque plusieurs d’entre elles s’ouvrent à la promenade… on se sent presque apaisé, serein.

Le musée propose aussi une micro-exposition consacrée à la police de caractères Helvetica, qui fête cette année son cinquantième anniversaire. Cette célébration sera l’occasion de beaucoup de réjouissances dans le petit monde du design graphique. (Je n’ai pas encore réussi à voir le documentaire événement qui a été réalisé par Gary Hustwit pour l’occasion et donc quelques images sont projetées dans l’exposition.)

Difficile de se promener à la boutique du MoMA sans avoir envie d’acheter la moitié des articles exposés…


Visite du Prince of Wales Theatre

Prince of Wales Theatre, Londres • 16.3.07 à 14h

Cimg2912 Le Prince of Wales Theatre, dont le bâtiment actuel date de 1937, a accueilli de nombreuses comédies musicales à succès, notamment Funny Girl (avec Barbra Streisand), Sweet Charity (avec Juliet Prowse) ou encore Aspects of Love (l’un des meilleurs Andrew Lloyd Webber).

En 2002, Cameron Mackintosh, qui en est propriétaire, ferme le théâtre pour entreprendre une rénovation majeure qui durera deux ans. Le théâtre rouvre en juin 2004 avec le transfert de la comédie musicale Mamma Mia!, qui occupait jusque-là le Prince Edward Theatre et qui est toujours à l’affiche. Comme j’ai vu Mamma Mia! à New York et qu’une fois suffit largement, je n’avais donc jamais eu l’occasion de revoir le bâtiment depuis sa rénovation.

Cimg2905 On peut penser ce qu’on veut de Cameron Mackintosh comme producteur, mais le soin avec lequel les travaux ont été menés est exemplaire. Le théâtre a été repensé et davantage ouvert sur l’extérieur ; les circulations ont été améliorées ; d’anciens espaces publics perdus ont été remis en service. La décoration art déco a été rénovée, voire enrichie en exploitant au maximum le thème du paquebot qui est omniprésent. Les foyers et bars, qui utilisent beaucoup le zinc, ont été superbement mis en valeur. L’attention portée aux détails est remarquable : un papier peint sur mesure a été réalisé à partir d’une gravure ancienne du théâtre pour orner les murs des toilettes pour handicapés !

Seule ombre au tableau : de nombreuses pièces historiques retrouvées pendant les travaux (notamment la collection complète des affiches des spectacles joués dans le théâtre… mais aussi la tournette de la scène) ont été données au Theatre Museum, qui a dû fermer depuis pour cause de difficultés financières. Dieu sait où tous ces objets finiront, ou s’ils seront seulement préservés.


Visite du Royal Opera House

Royal Opera House, Londres • 15.3.07 à 10h30

Une heure et quart de visite guidée de la vénérable maison londonienne.

Roh On commence par la visite des zones publiques. Le bâtiment date de 1858, même si des modifications considérables ont été apportées dans les années 1990, après que la disparition du marché de Covent Garden (voir My Fair Lady) a permis à l’Opéra d’acquérir des terrains supplémentaires. Le bâtiment a alors été étendu dans toutes les directions : vers le bas (on descend maintenant jusqu’à “S–3”, soit trois niveaux en-dessous de la scène, pour atteindre le petit auditorium nommé le Linbury Studio) ; vers le haut (les bureaux les plus élevés sont à “S+6”) ; en emprise au sol, avec la construction de nombreux espaces supplémentaires qui font notamment du dispositif d’arrière-scène de la maison l’un des plus sophistiqués du monde… et aussi avec l’annexion et la surélévation du bâtiment mitoyen, le magnifique “Floral Hall”, sublime construction en métal et en verre inspiré par le légendaire Crystal Pavillion construit pour l’Exposition de 1851.

Puis l’on traverse un passage interdit au public pour découvrir l’antre des 900 personnes qui travaillent dans le bâtiment. Visite à l’atelier de teinture des costumes, puis à un studio de répétition du Royal Ballet… avant d’observer l’arrière-scène depuis plusieurs fenêtres stratégiquement placées en hauteur. L’arrière-scène dispose de deux salles de répétition de la même dimension que la scène, et où l’on peut placer les décors et donc répéter dans les conditions de la représentation. Dans les immenses dégagements, on aperçoit les décors d’Orlando, que l’on s’apprête à démonter définitivement pour les envoyer dans de gigantesques entrepôts de stockage au Pays de Galles. Des semi-remorque entiers peuvent entrer dans le bâtiment, où un ascenseur les descend au “S–3” pour le chargement/déchargement. Le guide nous montre aussi les décors de The Tempest de Thomas Adès, que je vais voir bientôt.

Dommage, c’est fini…


Kunsthistorisches Museum & Östereiche Galerie Belvedere

Vienne • 17.12.06

Grâce à mon ami V, qui est un guide hors pair, deux visites “best-of” (une heure chacune) de deux hauts-lieux muséographiques de Vienne.

Babel Le Kunsthistoriches Museum, qui est un peu l’équivalent du Louvre, regroupe des collections depuis l’antiquité jusqu’au 19ème siècle. Nous avons passé beaucoup de temps dans la salle consacrée à Bruegel (c. 1525 – 1569), qui regroupe une quinzaine de toiles de grand format, d’une variété impressionnante tant dans leurs sujets que dans leurs techniques (à gauche, sa célèbre Tour de Babel). Nous nous sommes arrêtés également depuis un splendide Vermeer (L’atelier de l’artiste), deux auto-portraits de Rembrandt, une belle salle consacrée au Titien…

Baiser Pas très loin, l’Östereiche Galerie Belvedere occupe un palais construit par un Français, le prince Eugène de Savoie. C’est la collection d’art viennois du tournant du 20ème siècle qui vaut le détour, avec son impressionnant fonds de Klimt, Schiele et Kokoschka (à droite, la pièce maîtresse de la collection, le Baiser de Klimt).

La vue sur le centre de Vienne depuis le jardin du palais se trouve être représentée sur un tableau de Canaletto vu quelques instants plus tôt au Kunsthistorisches Museum. Belle façon de boucler la boucle…


Hector Guimard dans la rue Jean de La Fontaine

3.9.06

Les photos sont ici !

Guimard Grâce à un fort opportun rappel de Blablablog, je décidai de passer quelques instants dans la rue Jean de La Fontaine, où se trouvent plusieurs immeubles conçus par notre génie français de l’Art Nouveau, Hector Guimard.

Mon but principal était l’Hôtel Mezzara, au n°60, exceptionnellement ouvert au public à l’initiative du Cercle Guimard. Une exposition y présente une collection de cartes postales rarissimes récapitulant l’œuvre de Guimard, mais c’est le bâtiment lui-même qui éblouit, avec ses vitraux, sa ferronnerie… tout en envoûtantes volutes végétales.

J’en profite pour repasser devant deux immeubles que je me souvenais avoir vus lors d’une visite guidée organisée par le Musée d’Orsay à l’occasion de l’exposition Art Nouveau : l’ensemble immobilier des numéros 17 à 21, et aussi l’étonnant Castel Béranger, au numéro 16 (juste en face du Conservatoire Francis Poulenc, on est en bonne compagnie).


Micro-visite au Louvre

Musée du Louvre, Paris • 9.7.06 à 10h30
“Le monde des cités-états sumériennes”

Louvre Ça change tout : visiter le Louvre en suivant un parcours préparé par l’un des conservateurs du musée. Face à une vitrine, le parcours incite à se concentrer sur l’une des pièces exposées et fournit des éléments de contexte et de commentaire. Résultat : dix pièces en une demie-heure… et aucune trace de l’impression de panique que l’on ressent si facilement dans des musées aussi gigantesques.

Le site du Louvre propose une petite trentaine (pour l’instant) de parcours dans tous les départements du musée. De quoi satisfaire tous les goûts…

J’en profite pour faire un petit tour architectural et je passe par les riches appartements Napoléon III. Quand je sors, vers 11h30, il commence à y avoir une sacrée foule sous la pyramide.


Washington, DC – L’aile est de la National Gallery of Art

17.6.06 à 10h

Des photos ici !

La National Gallery of Art est l’un des nombreux musées agglutinés le long du National Mall, une immense langue verte délimitée à une extrémité par le Potomac et à l’autre par le Capitol. Le vénérable bâtiment principal abrite une large collection d’art principalement européen datant du Moyen-Âge au début du 20ème siècle. C’est dans les années 1970 que lui fut adjoint une annexe, l’aile est, dans un sublime bâtiment de I. M. Pei terminé en 1978. J’y étais arrivé dix minutes avant la fermeture lors de mon dernier passage à Washington, et je m’étais promis d’y retourner.

L’architecture du bâtiment est à couper le souffle. Les pans de mur rectilignes se coupent et se recoupent, créant une géographie faussement simple et extrêmement majestueuse. Il suffit de se déplacer de quelques mètres pour que s’ouvre une perspective différente. Le somptueux atrium est dominé par un gigantesque mobile de Calder ; à travers la verrière, le soleil de juin crée des alternances d’ombre et de lumière qui rendent le lieu presque vivant. Il y a des plantes à l’intérieur... et de grandes baies vitrées qui abolissent à certains endroits la séparation intérieur / extérieur.

La taille de l’exposition d’art moderne et contemporain reste humaine, si bien qu’on y flâne sans cette horrible impression qu’on n’arrivera jamais à tout voir. Les artistes américains sont bien sûr représentés (une sculpture de Richard Serra, un Jackson Pollock, des Jasper Johns, beaucoup de Mark Rothko, un délicieux tableau de Cy Twombly, du Warhol, du Frank Stella...), mais c’est l’art européen qui domine (Matisse, Picasso, Brancusi, Giacometti, Braque, Dubuffet — superbe —, Magritte, Louise Bourgeois, Max Beckmann — avec notamment un étonnant tryptique).

Une salle très haute de plafond abrite plusieurs mobiles de Calder, dont les ombres mouvantes se projettent sur les murs. C’est totalement magique. Et c’est malheureusement le seul endroit du musée où les photos sont interdites.

Une exposition temporaire présente le travail de l’artiste américain Charles Sheeler, dont le travail se situe à la frontière de la photographie et de la peinture... La pièce maîtresse en est une étonnante vidéo de 1920 intitulée Manhatta, construite comme une ode en image à l’île grouillante de Manhattan, parcourue de citations du poème du même nom de Walt Whitman. On est souvent aux frontières de la photographie, avec des prises de vue fixes... mais le mouvement finit toujours par l’emporter, ne serait-ce que par l’intermédiaire des volutes de fumée s’échappant des nombreuses cheminées.


Théâtre de l’Athénée - Louis-Jouvet

10.12.05 à 14h

À l’emplacement de l’actuel théâtre de l’Athénée s’élevait jadis le monumental Eden-Théâtre, salle de 4000 places construite en 1880 dans un style architectural évoquant l’Inde... dont le vélodrome (!) peut encore être observé au sous-sol du magasin de meubles qui fait face au théâtre de l’Athénée. Victime de sa taille, du peu de succès du concept du prix unique pour tous les spectateurs et, accessoirement, de la spéculation immobilière dans ces périodes de réformes haussmanniennes, l’Eden devait assez rapidement disparaître pour laisser place quelques années plus tard au petit théâtre à l’italienne que nous connaissons aujourd'hui, inspiré du théâtre du Petit-Trianon de Versailles, dont l’emprise au sol est quatre à cinq fois plus petite que celle de son prédécesseur. Le théâtre s’appelle désormais “Athénée - Louis-Jouvet” en hommage à celui qui le dirigea de 1934 à 1951, année de sa mort.

Si le dessous de scène n’est malheureusement pas accessible au public, la passionnante visite guidée organisée par la société Purple Beam permet non seulement une visite détaillée des espaces publics du théâtre, mais également la découverte de lieux moins accessibles : la petite cage de scène et ses cintres ; la zone surplombant le dôme de la salle, dans laquelle est encore visible la décoration originale de l'Eden-Théâtre... et, enfin, la délicieuse salle Christian Bérard (du nom du décorateur fétiche de Louis Jouvet), qui peut accueillir une petite centaine de spectateurs tout en haut du bâtiment, aménagée sous la houlette de Pierre Bergé lorsqu’il dirigeait le théâtre.


“Chitty Chitty Bang Bang”

Hilton Theatre, New York • 12.7.05 à 19h

Le spectacle a subi quelques modifications assez substantielles depuis que l'ai vu à Londres. Dans l'ensemble, elles vont dans le sens de l'amélioration. J'aime beaucoup Raul Esparza en règle générale, mais il ne convainc pas complètement dans le rôle principal de Caractacus Potts. En revanche, la merveilleuse Jan Maxwell brille dans le rôle de la Baronne.

Après le spectacle, nous avons pu découvrir les coulisses du Hilton Theatre (qui s'appelait encore il y a peu le Ford Center for the Performing Arts) grâce à la gentillesse de Ken Kantor, qui joue le rôle de Lord Scrumptious dans le spectacle. Alors... comment la voiture vole-t-elle ? Chuttt... Ne détruisons pas la magie du théâtre !