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L’exposition Dynamo au Grand-Palais

Grand-Palais, Paris • 14.7.13 à 18h

DynamoCoup de chance : l’exposition est très peu fréquentée en cet après-midi de Fête nationale. Comme elle occupe de surcroît une surface exceptionnellement généreuse (deux étages entiers du Grand Palais… l’équivalent d’au moins deux expositions en temps normal), la visite est particulièrement luxueuse.

Certains trouveront peut-être le parcours trop long, mais il réalise un exploit non négligeable en proposant une rétrospective d’un siècle d’intégration du mouvement et de la lumière dans la création artistique — une pratique regroupée sous l’appellation “art cinétique”.

Si le propos est passionnant et l’intérêt, constamment renouvelé, c’est le parti pris muséographique, qui encourage une totale interactivité avec les œuvres, qui emporte une adhésion sans réserve. C’est un bonheur de voir les visiteurs, dans toute leur diversité, intrigués par chacune des œuvre et visiblement impatients de découvrir ce que leur réserve la suite. Le niveau d’implication est sans commune mesure avec ce que l’on observe d’habitude, y compris de la part d’enfants manifestement fascinés.

J’ai retrouvé l’enthousiasme que j’avais ressenti il y a quelques mois en visitant l’exposition “Light Fantastic”, similaire mais plus modeste, à la Hayward Gallery (je ne l’avais pas chroniquée). Coïncidence, certaines pièces proviennent du Musée du 20e siècle de Milan, visité très récemment.


L’Exposition Jacques Demy à la Cinémathèque française

Cinémathèque française, Paris • 10.7.13 à 12h30

DemyUne bulle de fraîcheur et de géniale fantaisie dont on aimerait ne jamais sortir. La muséographie est admirable, mêlant photos, costumes, maquettes, partitons, reconstitutions, extraits de films, … le tout dans un environnement au moins aussi enchanté que celui de Jacques Demy. L’occasion de se faire une idée aussi sur l’impressionnant travail de préparation qui sous-tend chacun des opus du réalisateur nantais.

L’Exposition Chagall au Musée du Luxembourg

Musée du Luxembourg, Paris • 8.7.13 à 20h

DavidProlongement idéal de la rétrospective de Madrid (il y a quelques recoupements), cette exposition propose une approche à la fois thématique et chronologique très satisfaisante de l’œuvre de ce peintre inclassable au vocabulaire si particulier. Les illustrations de la Bible, mieux mises en valeur qu’à Madrid, sont particulièrement fascinantes.

Dommage que l’espace soit aussi exigu. Je n’ai en général aucun problème à me faufiler derrière les autres visiteurs pour regarder par dessus leurs épaules, mais la place manque à cette heure de grande affluence.


L’expo Hopper au Grand Palais

Grand-Palais, Paris • 6.1.13 à 19h30

HopperBelle rétrospective, aussi captivante que celle que j’avais vue à la Tate Modern en août 2004. Hopper reste pour moi avant tout un peintre de la solitude, une solitude d’autant plus paradoxale et fascinante qu’elle se vit au cœur de la ville ou de lieux normalement associés à la foule, comme le théâtre.


Les expos "L'impressionnisme et la mode" et "Victor Baltard" au Musée d'Orsay

Musée d'Orsay, Paris • 3.1.13 à 20h

Mode L'impressionnisme et la mode : très belle exposition, scénographiée par Robert Carsen, qui n'a malheureusement pas évité certains écueils fréquents (les cartels écrits trop petit ou curieusement placés, certaines circulations trop étroites compte tenu de la forte affluence). La mise en valeur des magnifiques toilettes représentées dans les tableaux de l’époque impressionniste est très réussie ; la présence de certains très jolis specimens — extraits principalement des collections du Musée Galliera — permet d'admirer la beauté des confections et constitue un joli contrepoint aux toiles exposées.

BaltardVictor Baltard : son nom reste essentiellement associé aux halles aujourd'hui disparues, mais Baltard est un personnage d'une grande richesse, autant passionné par les Beaux-Arts que par la création d’un langage architectural inédit et singulier. Cette superbe exposition, d'une ampleur inattendue, rend hommage non seulement au créateur des inoubliables halles métalliques, mais aussi à celui qui supervisa durant trente ans la décoration des églises parisiennes, qui fut l’un des artisans de la vision haussmannienne… et qui fut chargé à partir de 1853 d’organiser les fêtes et cérémonies publiques.


L’expo “The Queen: Art and Image” à la National Portrait Gallery

National Portrait Gallery, Londres • 27.5.12

Je profite de mon passage à la National Portrait Gallery pour découvrir cette nouvelle exposition consacrée à l’évolution de l’image (officielle ou non) de la Reine Elizabeth II à l’occasion de son jubilé de diamant. Mon impulsion initiale venait de ce que le portrait peint par Lucian Freud y figure — une bonne façon de pousser les visiteurs d’une exposition à l’autre.

Le portrait de Freud, d’ailleurs, est très particulier. Bien qu’il s’agisse d’une commande et que la Reine ait posé, le peintre n’a fait aucune concession à son style habituel… et le moins qu’on puisse dire est qu’Elizabeth n’en ressort pas vraiment à son avantage, bien qu’elle y gagne une forme d’humanité.

L’exposition permet également de revoir les célèbres clichés de Cecil Beaton, de Lord Lichfield ou de Lord Snowdon ou les traitements plus fantaisistes d’Andy Warhol, Gerhard Richter ou Gilbert & George… ainsi que la sublime photo d’Annie Leibovitz montrant Elizabeth II en cape d’amiral devant un paysage chargé de nuages sombres qui rappelle une ambiance de Tim Burton. La dernière photo officielle prise par le photographe allemand Thomas Struth, montrant la Reine et le Prince Philip côte à côte sur un canapé, y figure en bonne place — le New Yorker avait consacré un article aux séances de pose.

Une chose est sûre : photos posées ou photos voléees, la Reine est sacrément photogénique. Sauf peut-être sur ce surprenant portrait holographique qui accueille les visiteurs à l’entrée de l’exposition et qui fait un peu peur…


L’expo Lucian Freud à la National Portrait Gallery

National Portrait Gallery, Londres • 27.5.12

La National Portrait Gallery présente une rétrospective des portraits de Lucian Freud, disparu il y a peu. Freud semble obsédé par la chair, ses sinuosités et ses nuances… mais aussi par les membres, qui semblent interminables. Si c’est la vie intérieure de ses sujets qu’il peint… quelle vie ! Plus les modèles sont “hors-normes”, plus l’expressivité de l’image est intense, plus le réseaux colorés qui semblent sous-tendre la chair sont éclatants.

L’exposition s’achève de manière touchante sur une toile restée inachevée à la mort de l’artiste en 2011 : à 88 ans, Freud était toujours très actif et son trait, toujours aussi frappant.


L’expo Matisse à Beaubourg

Centre Pompidou, Paris • 30.4.12

J’avoue être ressorti assez peu convaincu par ce travail de mise en parallèle de toiles censées se répondre, en général parce qu’elles traitent le même sujet ou s’inspirent de la même scène. Les œuvres exposées traversent une bonne partie de la carrière de Matisse et en proposent de ce fait une forme de résumé. Ce sont les “thèmes et variations”, des séries de dessins inspirés du même sujet, qui constituent l’étape la plus poignante de l’exposition. L’étonnant trait du peintre y est mis en valeur de fort belle manière — pour une fois, ce n’est pas la palette de couleurs qui retient le plus l’attention.


L’exposition David Shrigley à la Hayward Gallery

Hayward Gallery, Londres • 6.4.12

David Shrigley est connu pour son humour décalé, ses petites vignettes sentencieuses (que l’on rencontre parfois sous forme animée), ses objets détournés ou au contraire affublés d’indications redondantes (la porte sur laquelle figure l’inscription “door”). L’œuvre qui illustre l’affiche de l’exposition est irrésistible : il s’agit d’un chien naturalisé debout sur ses pattes arrière et qui tient un écriteau proclamant “I’m dead”, un peu comme s’il participait à une manifestation. J’aime aussi beaucoup cette pierre tombale sur laquelle figure une liste de course gravée comme une épitaphe : “bread, milk, cornflakes, …”

Parmi les grandes séries de dessins que l’on découvre l’un après l’autre avec gourmandise, on tombe sur une référence au Titanic. C’est d’actualité.


L’exposition David Hockney à la Royal Academy of Arts

Royal Academy of Arts, Londres • 5.4.12

Hockney est généralement considéré comme l’un des principaux artistes britanniques du 20ème siècle. Il fait encore régulièrement la une de l’actualité : quand ce n’est pas pour ses prises de position, c’est parce qu’il a été l’un des premiers peintres à adopter l’iPad comme medium.

Cette exposition n’est pas une rétrospective. Elle se concentre sur l’art du paysage, qui est loin d’être l’aspect de l’art de Hockney qui m’intéresse le plus… même si on ne peut qu’admirer ce trait libéré, souvent à la limite de la naïveté, et cette palette de couleurs vives — les couleurs de la nature… auxquelles Hockney ajoute un violet caractéristique et vibrant.

Outre les peintures sur iPad, qui sont magnifiques (la luminosité naturelle de l’écran et les couleurs franches sont parfaitement adaptées), l’exposition présente notamment une très intéressante série inspirée à Hockney par l’observation du Sermon sur la Montagne de Claude “Le Lorrain”. (Bien qu’on ne soit pas du tout dans le même univers stylistique, on repense aux toiles inspirées à Bacon par le Cardinal de Titien.)

C’est que Hockney est aussi un théoricien et un observateur de l’histoire de l’art. Une dimension peu mise en avant et qui aurait complété le portrait de l’artiste.


La rétrospective Damien Hirst à la Tate Modern

Tate Modern, Londres • 4.4.12

Tout y est : les animaux conservés dans le formol — certains découpés longitudinalement —, les toiles recouvertes de points colorés parfaitement espacés, les vitrines remplies de mégots, les vitrines remplies de médicaments, les panneaux circulaires rotatifs “peints” en laissant couler la peinture par le dessus, le ballon en suspension au-dessus d’une soufflerie, la volière à papillons, les crânes sertis de diamants… et les commentateurs, qui mettent Hirst d’emblée dans la même catégorie que Jeff Koons, se sont empressés de poser les éternelles questions sur la nature de l’art, sur des sujets perçus comme sarcastiques ou provocateurs, sur la valeur d’œuvres exécutées par des assistants, etc.

Et pourtant, il faut être bien cynique, justement, pour ne pas discerner d’emblée la valeur esthétique d’un ensemble qui paraît tout sauf sarcastique, tout sauf gratuit, tout sauf aléatoire. Les commissaires de l’exposition ont peut-être donné un coup de pouce involontaire à Hirst — certains diront peut-être qu’ils l’ont trahi… mais il est difficile de ne pas se laisser subjuguer.

La pièce maîtresse de l’exposition, pour moi, est une immense installation composée essentiellement d’armoires à pharmacie méticuleusement remplies de boîtes et flacons. La dominante blanche, l’harmonie des formes et des couleurs provoque une émotion du même type de celle que l’on ressent à la découverte d’une typographie équilibrée et épanouie.


La rétrospective Conran au Design Museum

Design Museum, Londres • 3.4.12

Il a contribué à faire entrer le design dans nos vies quotidiennes. Il se définit autant comme un homme d’affaires que comme un designer. Promoteur du design industriel, Sir Terence Conran fait d’ailleurs partie des concepteurs de ce Design Museum qui lui rend aujourd’hui hommage.

La pièce maîtresse de l’exposition est un reportage réalisé au début des années 1980 par Peter Greenaway sur celui qui était en train de conduire une véritable révolution, avec notamment l’entrée dans les foyers du fameux catalogue Habitat. Le style de la réalisation — montage, choix musicaux — en rajoute sur l’aspect moderniste : il est amusant de voir que l’exemple peut-être le plus utilisé est la contribution de Conran à la conception du centre commercial Les Quatre Temps de La Défense.

Jolie surprise en découvrant les magnifiques motifs dessinés par Conran pour des textiles. Une autre partie de l’exposition recrée l’ambiance des différents restaurants ouverts par Conran, la plupart à Londres — je me trouve soudain propulsé à Taipei un jour de septembre 2010.

Le clou de ma visite est cependant la découverte de cette merveille à la boutique du musée. C’est beau, c’est intelligent, et ça fonctionne superbement.


Les expos Chagall à Madrid

Museo Thyssen-Bornemisza & Fundación Caja Madrid, Madrid • 31.3.12

Le Musée Thyssen-Bornemisza et la Fundación Caja Madrid se sont associés pour présenter une superbe rétrospective Chagall. Poésie des couleurs libérées (ah, cette Porte rouge ! cette Maison bleue !), images oniriques se défiant des lois de la physique… La juxtaposition des œuvres, au lieu de provoquer un sentiment de saturation comme pour d’autres peintres, contribue plutôt ici à donner vie aux toiles exposées, qui se répondent et se complètent.

On est heureux de retrouver le Violoniste, en provenance du Stedelijk d’Amsterdam (malheureusement fermé pour travaux depuis des temps immémoriaux), qui a donné son nom à la comédie musicale Fiddler on the Roof. Une autre très belle pièce de l’exposition est le dessin préparatoire final pour la décoration de la coupole du Palais Garnier. Le sommet de l’exposition est pour moi la série des eaux-fortes réalisées pour illustrer les Fables de La Fontaine : elles plongent le spectateur dans un univers visuel très différent du reste de l’œuvre de Chagall et les touches d’aquarelle ajoutées leur confèrent une personnalité unique et fascinante.

Belle occasion de refaire un tour de la sublime collection permanente du Musée Thyssen — les Kirchner me fascinent tout particulièrement — et de découvrir le magnifique bâtiment d’exposition de la Fundación Caja Madrid, idéal pour prendre du recul face aux tableaux. Je rigole tout seul en découvrant un tableau du peintre Pannini quelques instants après avoir regardé une toile du peintre vénitien Carpaccio. La visite des musées peut ouvrir l’appétit…



Exposition sur le chocolat au Field Museum

7.11.11

Une sympathique petite exposition consacrée au chocolat dans l’imposant bâtiment néoclassique du Field Museum, qui est le musée d’histoire naturelle de Chicago et l’une de ses principales attractions. Le propos est manifestement conçu pour être absorbable très facilement, mais la mise en scène est particulièrement soignée et permet de toucher aux aspects tant historiques qu’ethnologiques et technologiques du sujet. Je suis heureux d’y lire que le “chocolat au lait” n’a été inventé que pour économiser sur le prix des matières premières. La boutique propose une intéressante sélection : je suis tenté par le chocolat aux chips (oui, aux chips de pommes de terre), mais il ne contient que 41 % de cacao. Je me rabats sur le chocolat au bacon, proposé par la marque Vosges. Le goût est intéressant : assez salé, légèrement fumé, mais c’est bien le chocolat qui domine.


Expositions Arman et Mondrian / De Stijl à Beaubourg

Centre Pompidou, Paris • 19.12.10 à 14h

Deux expositions relativement incontournables.

La rétrospective Arman est absolument fascinante, tant par sa richesse que par l’effet qu’elle produit. J’avais d’Arman l’image d’un artiste à formule, obsédé par la répétition d’une forme jusqu’à épuisement. J’ai découvert tout le contraire : une œuvre qui, partant d’une forme contrainte et apparemment limitée, parvient à être d’une inspiration apparamment inépuisable et, surtout, d’une étonnante poésie. Et quel humour dans le choix du nom des œuvres ! Une révélation. Le catalogue est un incontournable.

L’exposition Mondrian, à l’inverse, est un anticlimax. Consacrée à la fois à une rétrospective d’œuvres de Mondrian et à un historique du mouvement De Stilj, dont Mondrian fut la figure emblématique à côté de Van Doesburg, elle ne parvient au fond qu’à souligner les limites d’un manifeste artistique qui apparaît par bien des aspects comme une forme fermée sur elle-même. Une révélation également, mais dans une acception moins positive.


Exposition Monet au Grand Palais

Grand Palais, Paris • 12.12.10 à 19h30

Comme on me l’avait laissé entendre, le dimanche soir est un moment bien choisi pour visiter cette exposition largement prise d’assaut par le public. J’utilise une technique désormais éprouvée en parcourant l’exposition deux fois de suite de bout en bout sans vraiment m’arrêter — ma taille me permet de passer derrière les autres visiteurs sans problème.

La quantité d’œuvres regroupées est impressionnante, parfois à la limite du supportable. Je tombe néanmoins en pamoison (et je m’arrête plus lontemps) devant la section consacrée à Paris : la Gare Saint-Lazare, les quais de Seine, la rue Montorgueil, etc.

Je tire quelque soulagement sur l’état de mes neurones en constatant que j’identifie quasiment à coup sûr les toiles en provenance du Musée d’Orsay — ou je n’ai pourtant pas mis les pieds depuis plusieurs années.

C’est l’étage inférieur de l’exposition (où s’achève la visite et où, accessoirement, la densité des visiteurs semble nettement moindre) que sont exposées certaines toiles appartenant aux célèbres séries : les meules, les cathédrales, les vues de Londres … et, bien sûr, les Nymphéas. Les juxtapositions sont passionnantes, d’autant que ces toiles en provenance des quatre coins du Monde ne sont sans doute pas susceptibles de se retrouver côte à côte de sitôt.


Exposition Roy Lichtentstein à la Morgan Library

Morgan Library, New York • 22.10.10 à 17h

Lichtenstein La Morgan Library propose une petite exposition rassemblant une bonne partie des dessins en noir et blanc réalisés par Roy Lichtenstein au début des années 1960. Inspirés par des annonces publicitaires puis un peu plus tard par la bande dessinée, les dessins de Lichtenstein frappent par la simplicité de leurs lignes… et par l’apparition et l’évolution des fameux points figurant la trame un peu rudimentaire des procédés d’impression de l’époque, qui allaient devenir la marque de fabrique de Lichtenstein.

Je profite de mon passage pour faire un tour rapide dans les autres salles. On peut y voir notamment un très bel ensemble de dessins et esquisses de Degas… ainsi qu’une exposition temporaire de photos sur le travail philanthropique d’Anne Morgan (une des filles de Pierpont Morgan, le milliardaire à l’origine de la Morgan Library) en France pendant et après la première guerre mondiale.


La Pinakothek der Moderne

Munich • 12.7.09 à 12h

Cet ajout récent au quartier des musées (Kunstareal) de Munich est achevé depuis 2002, mais je n’avais jamais pris le temps de le visiter.

Le musée est divisé en quatre sections : architecture, design, art moderne, art contemporain.

La section consacrée à l’architecture se résume à une exposition temporaire assez mal conçue sur les architectes munichois Christian Jabornegg et András Pálffy. Il y a un gouffre béant avec ce que le Centre Pompidou, par exemple, réalise en matière de muséographie pour les expositions consacrées à l’architecture.

Les salles consacrées au design, outre une minuscule exposition temporaire sur le design Ikea, proposent une rétrospective assez convenue. Utile pour réviser ses Eames, Jacobsen, Le Corbusier, Saarinen… mais pas très original.

Les collections de peinture, en revanche, réservent quelques bonnes surprises, notamment un ensemble magnifique de toiles de Kirchner, quelques jolis Max Beckmann ou encore une monumentale (et photogénique) installation de Dan Flavin.

À un euro l’entrée (tarif spécial du dimanche), on aurait tort de se priver…




Exposition “Les Portes du ciel” au Louvre

Louvre (Hall Napoléon), Paris • 5.3.09 à 12h30

Cette nouvelle exposition du Louvre est passionnante pour deux raisons.

D’abord parce qu’elle tente d’expliquer, en quelques salles, la vision du Monde des Égyptiens anciens : coexistence du monde visible et d’un au-delà parallèle, divinités et création du monde, mythe du cycle solaire, devenir des morts (en expliquant au passage la momification des corps), symbolique des tombes, interactions avec les dieux avant et après la mort, conception des temples, etc. Entreprise sans doute très simplificatrice compte tenu de l'étendue chronologique (pas loin de trente siècles) et géographique du sujet, mais la pédagogie est remarquable.

Ensuite parce que c’est l’occasion d’exposer un grand nombre de pièces somptueuses dont une bonne partie ne doivent pas sortir souvent des réserves du musée. D’une certaine façon, les objets exposés pourraient s’apprécier indépendamment du propos de l’exposition tant certains d’entre eux suscitent l’émerveillement : papyrus couverts de fascinants hiéroglyphes, cartons “stuqués” couverts de scènes polychromes éclatantes, bustes, statuettes, amulettes, stèles, sarcophages à la décoration éclatante, etc.

Tout cela dans le cadre spacieux du Hall Napoléon, qui permet de prendre du recul pour admirer toutes ces merveilles à leur juste valeur.


L’exposition Ron Arad à Beaubourg

Centre Pompidou, Paris • 20.12.08 à 18h

Tomvac_2 Bookworm_2 Pizzakobra_2 Si c’est arrondi et qu’il n’y a pas un angle droit en vue, il est probable que ce soit du Ron Arad. Cette rétrospective de l’œuvre de l’architecte et designer israélien, dont la scénographie a été conçue par l’artiste lui-même, fournit l’occasion de voir une bonne partie de ses créations, qu’il s’agisse de pièces uniques de la série “One Off”, de conceptions architecturales ou encore de ses modèles de design industriel, dont certaines pièces sont devenues de véritables icones, comme la chaise “Tom Vac”, la bibliothèque “Bookworm” ou encore la fascinante lampe “PizzaKobra”, que l’on voit dans tous les magazines de décoration depuis six mois.