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“Close To You”

Criterion Theatre, Londres • 8.11.15 à 14h30
Conçu par Kyle Riabko autour de la musique de Burt Bacharach.

Mise en scène : Steven Hoggett. Avec Kyle Riabko, Daniel Bailen, Greg Coulson, Anastacia McCleskey, Stephanie McKeon, Renato Paris, James Williams.

ClosetoyouJe suis un grand admirateur de Burt Bacharach, auteur de nombreux succès de variété des années 1970 et 1980. Ce spectacle en forme d’hommage a été créé initialement à la Menier Chocolate Factory, où j’avais dû renoncer à le voir en raison d’un conflit d’agenda.

Ce transfert dans un théâtre du West End à l’issue des représentations de la Menier Chocolate Factory m’a donné une nouvelle occasion. Et c’est presque une malchance.

Le spectacle est conçu et arrangé par un seul homme, également affublé du titre de directeur musical dans le programme. Cela aurait dû déclencher une alerte sur mon radar, car ces œuvres d’un seul homme sont généralement d’immenses démontrations d’égo.

En l’occurrence, les numéros musicaux sont peut-être inspirés par des chansons de Bacharach, mais ils sont arrangés et interprétés de telle façon à les rendre largement méconnaissables : beaucoup de guitares, l’irruption de rythmes de reggae ici ou là… le tout interpété avec l’enthousiasme d’un groupe de scouts surexcités autour d’un feu de camp.

Je me plains souvent de la présence de synthétiseurs dans les orchestres de comédies musicales écrites bien avant l’invention de cet instrument infernal. Mais, en l’occurrence, c’est l’absence de synthétiseur qui pose problème tant l’instrument était incontournable dans la musique de variété des années 1970 et 1980. Interpréter la musique de Bacharach sans synthétiseur, c’est un peu comme le hamburger végétarien : un non-sens.

Bref, deux heures perdues et pénibles.


“Hugh Jackman: Back on Broadway”

Broadhurst Theatre, New York • 4.11.11 à 20h

HughMise en scène et chorégraphie : Warren Carlyle. Direction musicale : Patrick Vaccariello.

Hugh Jackman est une sorte d’OVNI. Non content d’être un acteur de cinéma mondialement connu — ses films lui rapportent des millions de dollars —, il n’a jamais caché son amour pour la scène. On l’a vu interpréter un Curly éminemment attachant dans la production de Oklahoma! au National Theatre de Londres (1998), puis endosser les tenues lamées de Peter Allen dans la comédie musicale The Boy From Oz à Broadway (2003), avant de le retrouver aux côtés de Daniel Craig dans une curieuse mais intéressante pièce à deux personnages, A Steady Rain (2009). Après qu’il aura fini de tourner le énième volet de la saga des Wolverine, il interprétera Jean Valjean dans la version cinématrographique à venir de la comédie musicale Les Misérables.

On ne sait ce qui mérite le plus l’admiration dans ce spectacle : la simplicité de Jackman, son enthousiasme quasi juvénile, sa capacité à créer une étonnante proximité avec le public, son sens de l’humour, … ou tout simplement la fausse impression de facilité qui émane d’un spectacle manifestement réglé au cordeau, dans lequel il chante et danse divinement.

Plusieurs séquences de type “medley”, dont une consacrée à New York, une aux films de la MGM et une à Peter Allen, sont magnifiquement conçues et sublimement interprétées. Il y a des multitudes d’enchaînements et de ruptures rythmiques, tous parfaitement négociés. Et quelle voix ! Un mélange de puissance, de classe et d’expressivité. Jackman clôt le premier acte avec la chanson “Bill” de Carousel : c’est un moment extraordinaire, intense, d’une incroyable beauté vocale.

Le magnifique “big band” de 17 ou 18 musiciens interprète des arrangements de rêve sous la baguette de Patrick Vaccariello, ce qui ne peut qu’amplifier le plaisir.

Dans un monde de faux-semblants et de célébrités factices, Hugh Jackman mériterait sans doute plus que beaucoup d’autres d’être qualifié de star, si le mot ne s’était malheureusement trouvé dévoyé. Il le doit certes à son magnétisme naturel, mais aussi à une éthique professionnelle évidente qui en fait l’un des “performers” les plus sensationnels que j’aie vus sur scène.


Barbara Cook’s Spotlight: Euan Morton

Kennedy Center (Terrace Theater), Washington DC • 28.10.11 à 19h30 
Euan Morton, accompagné par Bryan Reeder au piano

“What’ll I do?” (un sublime classique d’Irving Berlin, 1923)
“Dream a Little Dream” (1931, remise sur le devant de la scène dans les années 1960 par Cass Elliot)
“Lili Marleen” (1915, dans une des versions en anglais)
“Cry Me a River” (1953, Ella Fitzgerald, Julie London) 
“Let It Be” (1970, les Beatles)
“A Song For You” (1970, les Carpenters)
“Kiteflyer’s Hill” (une chanson “folk” que Morton interprète sur son dernier CD, Caledonia, the Homecoming)
“Time After Time” (1984, Cyndi Lauper)
“I Have Nothing” (1992, Whitney Houston)
“Lullabye (Goodnight My Angel)” (1993, Billy Joel) 
“Hallelujah” (1984, Leonard Cohen)
Bis : “Danny Boy” (une chanson traditionnelle généralement associée à l’Irlande) 

Le comédien et chanteur écossais Euan Morton (qui s’est rendu célèbre en interprétant le rôle de Boy George dans la comédie musicale Taboo et que j’avais vu dans Sondheim on Sondheim en mai 2010) est actuellement à l’affiche de la comédie musicale Parade au Ford’s Theatre de Washington. Il s’en est retiré une soirée, le temps de présenter un tour de chant dans le petit mais chaleureux Terrace Theater du Kennedy Center (où j’avais vu Barbara Cook, la marraine de cette série, interpréter son merveilleux spectacle Mostly Sondheim en août 2002).

Morton est un interprète extrêmement attachant et, cerise sur le gateau, il fait preuve d’un humour réjouissant et un peu déjanté. Son adorable accent écossais contribue sans doute aussi à le rendre aimable. Dès qu’il s’agit de chanter, la concentration est admirable. Il dit lui-même qu’il est né trop tard et il ne cache pas son admiration pour une époque où les chansons et les chanteurs avaient une classe qui semble avoir disparu. Il n’y a rien à jeter dans son choix de chansons… et on ne peut être qu’admiratif devant la qualité irréprochable de l’interprétation, technique mais simple et sans artifice, grandement mise en valeur par les irrésistibles accompagnements de l’excellent Bryan Reeder, l’un des meilleurs pianistes accompagnateurs que j’aie jamais entendus.

Sur les conseils de Barbara Cook, qui le pratique également, Morton achève son récital en chantant “Danny Boy” sans micro, devant une salle totalement conquise. Un régal.


“Michel Legrand back in Paris : Le Cinéma”

Salle Pleyel, Paris • 27.2.09 à 20h

Orchestre National d’Île-de-France.
Mario Pelchat, Maurane, Liane Foly, Patrick Fiori, Hélène Segara, chant.
Corinne Marchand, Serge Korber, comédiens.
Et toute une série de musiciens plus talentueux les uns que les autres.

Michel Legrand célèbre ses cinquante ans de carrière en proposant deux concerts exceptionnels à Pleyel : l’un avec orchestre symphonique consacré à sa musique de film et l’autre — auquel je ne pourrai malheureusement pas assister — plus orienté vers le jazz.

Pour moi, il n’y a pas de doute : la musique de Michel Legrand rend heureux. On ne sait d’ailleurs pas ce qui est le plus touchant, de la musique elle-même ou du plaisir communicatif que prend Legrand à la jouer. À la tête d’une phalange remarquable (l’ONIF, en grande forme, augmenté de musiciens magnifiques et de quelques chanteurs), Legrand organise un parcours particulièrement intéressant qui traverse une carrière d’un grand éclectisme.

L’une des étapes du parcours me touche infiniment : Legrand recrée — 48 ans plus tard !! —, une scène mythique pour moi du sublime film Cléo de cinq à sept d’Agnès Varda. Et il le fait en compagnie des comédiens de l’époque, Serge Korber et la magnifique Corinne Marchand, que je trouve toujours aussi fascinante malgré l’âge. La scène s’achève sur la chanson “Sans toi”, qui me bouleverse toujours au-delà de toute description.

Une rétrospective vraiment fascinante, dans une salle Pleyel dont la scène, méconnaissable, est entièrement habillée de taps et de pendrillons. Il y a de nombreuses caméras, dont une fixée à un bras mobile manipulé depuis le balcon latéral du côté cour. La sonorisation est particulièrement forte et manque un peu de subtilité, notamment dans la façon dont elle déforme le timbre des cordes au point de le rendre presque méconnaissable.


Récital Anne Sylvestre au Trianon

Trianon, Paris • 10.1.09 à 20h30

Il me semble que le grand public connaît davantage Anne Sylvestre pour ses délicieuses “Fabulettes” pour enfants que pour son imposant et remarquable répertoire “pour adultes”, qu’elle interprète pourtant depuis cinquante ans. C’est sans doute une grande injustice que son nom ne soit pas cité spontanément dans la liste des chanteurs français “à texte” dans la même phrase que les Brassens ou les Ferrat.

Car les chansons de Sylvestre sont de petits bijoux : ses textes racontent de petites histoires généralement délicieuses et leur prosodie est tellement inspirée qu’on entend de la musique rien qu’en les lisant — les meilleurs peuvent être d’une grande force poétique ; ses musiques sont absolument charmantes et sont teintées d’une forme d’espièglerie assez jubilatoire ; comme elle est de surcroît une interprète hors pair, elle donne vie comme personne à ces chansons particulièrement inspirées.

L’interprétation musicale par un trio piano / guitare (doublant percussions) / clarinette (doublant clarinette basse) est en outre particulièrement heureuse grâce à des orchestrations remarquables.

Accueil enthousiaste. Les fans fidèles sont nombreux dans la salle. Ils suivent leur idole depuis de nombreuses années. Certains ont été élevés aux Fabulettes et sont tombés amoureux de leur auteur. On les comprend.

Un exemple de chanson comique ici. Un exemple plus grave ici.


Concert Barbra Streisand

Palais Omnisport de Paris-Bercy • 26.6.07 à 20h

La Barbra de ce concert n’est pas le monstre froid, calculateur et perfectionniste que l’on décrit souvent. Au contraire, on est frappé par un sentiment de générosité et de spontanéité. Et peu importe que la voix soit un peu fatiguée et que les aigus ne se laissent plus conquérir aussi facilement lorsque l’on a en contrepartie cette intensité interprétative qui a fait de Barbra une véritable icône. Les chansons commencent souvent par une grande inspiration, comme si “Babs” en inhalait la substance avant de la restituer en intonations et en émotions. À certains moments, le résultat en était bouleversant.

Du bouquet de chansons de Funny Girl à “Unusual Way” de Maury Yeston en passant par des chansons de Michel Legrand (dont le style lui convient vraiment beaucoup), l’assortiment qui nous est proposé, s’il est sans surprise, permet à chacun de retrouver une parcelle de “la” Barbra qu’il connaît.

L’orchestre, constitué des meilleurs musiciens de Los Angeles et de New York, est une petite merveille. Et toute soirée qui commence par l’ouverture de Funny Girl jouée par des interprètes aussi talentueux ne peut qu’être réussie. Quatre chanteurs new-yorkais, dont Sean McDermott et Hugh Panaro, venaient accompagner Streisand de temps à autre.

Je suis encore ébahi par la liste de ce que Barbra nous a dit avoir mangé pendant la journée : une choucroute chez Boffinger, des quenelles, des profiteroles… et des macarons et un marron glacé ches Ladurée. Après, nous dit-elle, il était temps de retourner à Bercy pour… dîner (!) avant la représentation.

L’un des moments les plus spectaculaires de la soirée a eu lieu avant le début du concert, lorsque les six poursuiteurs sont allés rejoindre leurs nacelles suspendues sous une poutre métallique. Il faut avoir le cœur bien accroché…

Un jeune-homme devant moi portait un t-shirt arborant une inscription à la grammaire douteuse : “France Love Barbra Streisand”.

Dans la salle : Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Line Renaud, Charles Aznavour, Bertrand Delanoë, Bernard Kouchner, Cécilia Sarkozy…


Concert Rufus Wainwright

L’Olympia, Paris • 20.2.07 à 20h

23 avril 1961 : Judy Garland donne à Carnegie Hall un concert entré dans la légende. Elle n’est plus au top, mais c’est une bête de scène extraordinaire et l’alchimie avec le public est considérable.

14 et 15 juin 2006 : le chanteur Rufus Wainwright recrée le concert de Judy Garland à Carnegie Hall. Le programme est exactement celui du concert de Garland, joué avec les mêmes orchestrations… généralement transposées de quelques degrés vers le bas pour s’accomoder à la voix de Wainwright. Idée folle mais qui crée une attention considérable. Les deux représentations sont données à guichet fermé.

20 février 2007 : Rufus Wainwright vient à Paris donner le même concert à l’Olympia.

Rufus Ce qui rend ce concert extraordinaire, c’est la recréation fidèle des sublimes arrangements de Garland, joués merveilleusement par un orchestre éblouissant. Les arrangements de Garland sont tous plus ou moins légendaires mais certains, comme celui de “Come Rain Or Come Shine”, qui commence par un long ostinato de bongo, sont plus légendaires que d’autres. Les entendre en direct dans d’aussi bonnes conditions, avec des cuivres endiablés, ne peut que créer d’intenses réactions épidermiques… comparables à celles causées par le merveilleux concert de Robbie Williams dans lequel il recrée les orchestrations de Frank Sinatra. L’orchestre est dirigé par l’excellent Stephen Oremus, qui a été le directeur musical des comédies musicales Avenue Q, Wicked et All Shook Up à Broadway. Dire qu’à une époque, la chanson de variété utilisait de la vraie musique ; on l’aurait presque oublié.

Le hic — car il y en a un — c’est que Wainwright a un gros rhume (ou quelque chose du même style), et que sa voix est totalement incapable de monter dans les aigus sans se casser. Il fait illusion dans les deux ou trois premières chansons, mais le déclin est ensuite inéluctable. On arrive à l’entracte peiné pour lui… mais on repart du concert très agacé. Car la deuxième partie est affligeante : il n’y a plus rien dès que la voix quitte la poitrine. Ce n’est pas raisonnable de s’acharner lorsqu’il n’y a rien à sortir. Le public, constitué en bonne partie de fans inconditionnels, est d’une indulgence touchante — d’autant que Wainwright ne songe même pas à s’excuser. Heureusement, comme pour le concert de New York, il y a deux guest stars lors de la deuxième partie : la sœur de Rufus, Martha Wainwright — une bien curieuse chanteuse, mais la voix sort, au moins — et la deuxième fille de Judy Garland, Lorna Luft, qui est une excellente chanteuse (bien meilleure que sa demi-sœur Liza Minnelli).

Bilan très mitigé, donc… même si l’écoute des orchestrations seule suffirait largement à justifier le prix du billet.

Ça doit être un signe de l’âge, mais je ne supporte pas ces salles (Olympia, Cigale, Bataclan) où le billet dit que le spectacle commence à 20h alors qu’il commence péniblement 20 minutes plus tard et que des spectateurs continuent à s’installer en continu pendant le premier quart d’heure de la représentation. On arrive bien à remplir l’Opéra Bastille ou le Châtelet avant que la représentation ne commence : c’est si difficile dans les lieux consacrés à la variété ?

Croisé un nombre impressionnant de visages connus. Certains sont passés plusieurs fois à dix centimètres de moi sans m’adresser la parole.


Madonna : “Confessions Tour”

Palais Omnisport de Paris–Bercy • 31.8.06 à 20h30

Madonna_1 Fascinante opportunité de voir en chair et en os (pour la première fois) l’une des plus extraordinaires créations de l’entertainment business. De Madonna Louise Ciccone, je ne connaissais que les grands succès de la décennie 1980, jusqu’à l’album I’m Breathless de 1990, petit bijou dans lequel on trouve aussi bien le superbe “Vogue” que… trois chansons de Stephen Sondheim. Quinze ans plus tard, l’album Confessions on a Dance Floor, décidément assez réussi, me donne envie d’en (sa)voir plus.

Spectacle généreux tant en durée qu’en décibels, d’un engagement sympathique quoique pas très subtil (la subtilité n’a jamais été la spécialité de la Madonne), réglé au millimètre au point de manquer parfois un peu de spontanéité, ce Confessions Tour se distingue avant tout par un professionnalisme à toute épreuve.

Dans le tableau d’ouverture, une gigantesque boule “disco” descend sur scène ; Madonna y pénètre par le dessous à travers une trappe ; la boule s’ouvre alors comme pour éclore, fournissant à la vedette l’occasion d’une entrée en scène particulièrement spectaculaire. Les visuels, très travaillés, s’appuient largement sur les bonnes vieilles recettes du théâtre — trappes, tournette, etc. — et utilisent aussi beaucoup des vidéos très travaillées. La troupe qui entoure Madonna est d’une qualité irréprochable. Les danseurs / acrobates sont à couper le souffle.

Bref, on en a plein les yeux et plein les oreilles, pour un spectacle qui parvient à soutenir l’attention sans faiblir pendant plus de deux heures. Certes, on aimerait un son un peu moins saturé, ou encore un accompagnement musical un peu moins “préprogrammé”… Mais comment ne pas être séduit par une femme qui, à 48 ans et un an à peine après un très sérieux accident de cheval, parvient encore à dégager autant d’énergie ? Ce spectacle doit être à peu près aussi épuisant qu’un marathon, et pourtant à aucun moment on ne perçoit la moindre baisse de régime.

Madonna est bel et bien une bête de scène. Malgré ses provocations devenues quasiment incontournables, elle propose un spectacle finalement assez “chic et classe”, incontestablement placé très haut sur l’échelle du divertissement et du professionnalisme. On en a pour son argent.


The Swingle Singers: “De Bach aux Beatles”

Parc Floral de Paris • 6.8.06 à 16h

Swingle Je n’ai découvert les Swingle Singers que très récemment, en faisant des recherches sur iTunes. Ce groupe vocal de huit chanteurs a cappella interprète aussi bien des airs tirés de la musique classique (en les “jazzifiant” au passage) que des chansons de variété ou de comédie musicale. Leurs arrangements sont assez virtuoses et s’appuient en général sur une basse et une batterie interprétées bien sûr par deux des chanteurs avec les seules ressources de leurs voix.

C’était donc un grand plaisir de pouvoir les entendre dans ce concert donné gratuitement dans le cadre assez magique du Parc Floral de Paris. Comme le titre l’indique, ce concert donnait à entendre des airs provenant de toutes les époques : Bach, Purcell (la batterie ne sied pas complètement à la Lamentation de Didon), Mozart, une version assez surprenante du Boléro de Ravel… mais aussi un medley très réussi de chansons de Michel Legrand… pour se terminer en apothéose par deux chansons de comédie musicale : “The Lady is a Tramp” de Richard Rodgers et Lorenz Hart et “It’s All Right With Me” de Cole Porter.

La justesse n’est pas toujours irréprochable, mais les arrangements sont redoutables. L’enthousiasme, lui, est présent d’un bout à l’autre… et il est communicatif.

Les Swingle Singers seront de retour à Paris le 31 mai 2007 pour interpréter la Sinfonia de Berio (qu’ils ont créée en 1969 avec le New York Philharmonic) au Châtelet avec l’Orchestre national d’Île-de-France.

Note à l’attention de Monsieur gV : la Grande Écurie de Jean-Claude Malgoire donne la Sérénade “Gran Partita” dans ce même Parc Floral de Vincennes le dimanche 10 septembre à 16h.


Mylène Farmer : “Avant que l'ombre...”

Palais Omnisport de Paris-Bercy • 27.1.06 à 20h30

Mfarmer Je n'ai aucune affinité avec la musique de Mylène Farmer, encore moins lorsqu'elle est jouée à des niveaux d'amplification tels que l'on ne distingue pas toujours très bien la musique de la voix. Il faut bien dire aussi que les paroles de ses chansons, pour ce qu'on en comprend, laissent songeur... par exemple lorsque la salle reprend en coeur un bonne dizaine de fois "j'irai cracher sur vos tombeaux / n'est pas le vrai, n'est pas le beau". Décodeur requis d'urgence !

C'est cependant à la suite d'un article alléchant et élogieux du Monde que j'ai souhaité voir ce spectacle... et il faut bien le reconnaître : Mylène Farmer ne se moque pas de son public. La mise en scène de son spectacle est très recherchée, pleine d'invention, souvent très belle à regarder, parfois à couper le souffle, comme dans le final, visuellement sublime.