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“On Your Feet”

Marquis Theatre, New York • 15.11.15 à 15h
Livret : Alexander Dinelaris. Chansons de Emilio & Gloria Estefan et de Miami Sound Machine.

Mise en scène : Jerry Mitchell. Chorégraphie : Sergio Trujillo. Avec Ana Villafañe (Gloria), Josh Segarra (Emilio), Andréa Burns (Gloria Fajardo), Alma Cuervo (Consuelo), Alexandria Suarez (Little Gloria), Eduardo Hernandez, …

Feet

Cette comédie musicale est présentée comme une histoire de la carrière de la chanteuse Gloria Estefan, dont j’avoue que je ne connaissais absolument rien avant d’entrer dans le Marquis Theatre.

Je m’attendais un peu à voir un de ces spectacles relevant davantage du concert de variété que du théâtre… mais je me raccrochais à l’espoir d’être conquis par les rythmes cubains, qui m’enchantent. Si j’ai été comblé sur ce dernier point, j’ai aussi été surpris de découvrir une pièce de qualité, bien écrite, joliment mise en scène et excellemment interprétée. La chorégraphie de Sergio Trujillo, en particulier, déborde de vitalité et d’énergie positive.

Ana Villafañe est superbe dans le rôle de la chanteuse américaine d’origine cubaine. Mention particulière pour la radieuse Alma Cuervo, qui joue sa grand-mère, et dont le sourire et la bonne humeur illuminent autant qu’un rayon de soleil.

Ce spectacle m’a donné envie de découvrir un peu plus le répertoire de Gloria Estefan. Ces rythmes latins sont décidément irrésistibles.

Un problème technique a interrompu la représentation pour une dizaine de minutes pendant le deuxième acte, mais il en aurait fallu bien plus pour affecter l’enthousiasme bien naturel du public.


RIP Cyd Charisse

20.6.08

Ses jambes interminables ont fasciné des générations d’amateurs de danse. Elle s’est éteinte il y a quelques jours, laissant l’un des plus précieux héritages cinématographiques de l’âge d’or du Hollywood chantant et dansant.

Voici une scène dont je ne me lasserai jamais. Elle est extraite du film It’s Always Fair Weather (1955). Cet inimitable mélange de décontraction et de perfection technique était la marque de fabrique de Cyd Charisse (comme, d’ailleurs, celle de Fred Astaire). Le film, ironiquement, fut co-réalisé par un danseur au style diamétralement opposé (et, à mon sens, dépourvu de magie) : Gene Kelly.


Je ne comprends pas…

9.5.08

Petite visite à la grande boutique de CD et DVD de Piccadilly Circus qui s’appelait HMV Tower Records il y a dix ans, puis qui est passée sous l’enseigne Virgin il y a quelques années… avant de changer de nom une fois encore puisqu’elle s’appelle maintenant “Zavvi” (s’il vous plaît, ne me dites pas que quelqu’un a été payé pour trouver un nom pareil !)

À peine est-on entré que l’on a envie de tourner les talons presto tellement la musique diffusée à l’intérieur du magasin est forte. Je ne comprends vraiment pas : il me semble pourtant que les derniers dinosaures qui achètent encore de temps en temps des CD ou des DVD, qui plus est dans de “vrais” magasins physiques, sont plutôt de ma génération… Or il me semble aussi que, dans ma génération de vieux schnocks, on n’aime pas les musiques assourdissantes, surtout lorsqu’on doit subir un style musical que l’on n’apprécie guère.

La seule conclusion possible, c’est que ces derniers magasins survivants de l’ére Internet n’ont qu’une hâte : faire fuir leurs derniers clients afin de précipiter leur propre chute. Quelle autre explication ? En tout cas, en ce qui me concerne, c’est réussi : je n’y remettrai pas les pieds.

Quelques instants plus tard, je m’arrête dans la librairie Blackwell de Charing Cross Road et j’y retrouve, comme d’habitude, le silence absolu : pas de musique, une ambiance feutrée et studieuse, comme dans une bibliothèque. C’est tellement inhabituel que c’en est presque anormal. C’est merveilleux.


La magie du théâtre

5.4.07

L’English National Opera a mis en ligne cette vidéo qui montre en accéléré le travail de démontage du décor d’une production (en l’occurrence Les Gondoliers) pour le remplacer par celui d’une autre (Le Mariage de Figaro), régler les lumières, etc. Pour moi, ces quelques images sont une magnifique représentation de la raison pour laquelle j’aime autant le théâtre.


Cinq choses…

23.1.07

L’ami (?) zvezdo me refile cette chaîne. J’ai bien envisagé de faire comme si je ne voyais pas, mais bon… puisque vous ne savez rien de moi, ça ne devrait pas être très compliqué de trouver cinq choses à vous dire. Voyons…

  • L’arithmétique est formelle : j’ai été conçu en mai 1968. L’histoire officielle est muette sur les circonstances précises de l’événement. Mais si vous mettez bout à bout les initiales de mon premier prénom, de mon second prénom et de mon nom de famille, vous obtenez le nom usuel du N, N-diéthyllysergamide, substance chimique évoquée paraît-il dans une célèbre chanson des Beatles traitant d’une jeune fille dont le prénom est aussi celui d’une héroïne de Donizetti.
  • J’ai longtemps pensé que je mourrais à 33 ans. Allez savoir pourquoi.
  • Je suis totalement incapable d’avoir une opinion tranchée sur quoi que ce soit (sauf dans le cadre professionnel, lorsque je suis payé pour). Mon cerveau refuse obstinément d’accepter les certitudes et les dogmes, fussent-ils énoncés avec la conviction la plus éclatante. Tant et si bien que, lorsque j’entends quelqu’un énoncer un avis trop tranché, j’ai assez systématiquement tendance à prendre le contre-pied, histoire de montrer qu’il y a souvent plusieurs façons de regarder un sujet. Du coup, parler avec moi peut être assez agaçant.
  • Lorsque j’ai joué la Rhapsody in Blue (version piano seul) en public, j’ai été bissé pour la première et la dernière fois de ma vie. Puis, j’ai arrêté de travailler sérieusement le piano. Mais j’ai eu l’occasion d’exorciser mes fantasmes en accompagnant un spectacle musical au piano : pendant deux mois, quatre soirs par semaine, je quittais le bureau à 19h30, passais chez moi troquer mon costume contre un jeans et un t-shirt noirs et je me dirigeais vers un petit théâtre du 11ème arrondissement.
  • J’ai vu la production parisienne de la comédie musicale La Cage aux Folles au Théâtre Mogador 15 fois en entier et 2 fois partiellement à l’automne 1999. Il y a peut-être eu 25 représentations au total. La production a été interrompue lorsque le théâtre a brusquement fait faillite (je n’y suis pour rien).

Dernier regard sur 2006 (3)

7.1.07

Troisième et dernière partie : les concerts et récitals

48 concerts et récitals cette année.

Un peu plus difficile de faire la synthèse. Du côté des lieux visités, c’est le Théâtre des Champs-Élysées qui arrive en tête (12 fois), suivi du Châtelet (10 fois) et de Pleyel (8 fois). Un seul concert à la Cité de la Musique en 2006. À l’étranger, découverte du Musikverein de Vienne et de la somptueuse salle du Festival de Lucerne. Deux Proms au Royal Albert Hall, deux concerts au Barbican, quatre concerts à Édimbourg…

Côté orchestres : 6 concerts de l’Orchestre de Paris ; 4 de l’Orchestre National de France, des Wiener Philharmoniker et du London Symphony Orchestra ; un concert des Berliner Philharmoniker, des orchestres du Concertgebouw, du Gewandhaus de Leipzig, de la Staatskapelle de Dresde…

Côté chefs : 4 concerts dirigés par Haitink et par Paavo Järvi ; 2 concerts dirigés par Mackerras, Eschenbach, Prêtre, Masur et Gergiev ; un concert chacun pour Abbado, Barenboim, Harding, Bělohlávek, Jansons, Rostropovitch, Boulez, Chailly, Rattle…

Côté œuvres : forte concentration de Chostakovitch, bien sûr, avec notamment les symphonies n°4, 5 (2 fois), 7, 8, 10 (2 fois), 15 (2 fois). Six symphonies de Beethoven : 2, 3 (2 fois), 7 (2 fois), 8. Quatre symphonies de Mahler : 3 (2 fois), 4 et 9. Trois symphonies de Bruckner : 6 et 7 (2 fois).

Etc.

Il est temps de passer à la suite.


Dernier regard sur 2006 (2)

3.1.07

Deuxième partie : les films, le théâtre, la danse, la variété

Films
36 en tout… en comptant les documentaires regardés en DVD, mais sans compter les films regardés dans les avions. C’est très peu par rapport à mon rythme passé. Les films nouveaux ne m’intéressent plus : je ne suis touché ni par les films français qui se la jouent, ni par l’esthétique de jeux vidéos des films américains.

Back to the Future (DVD, 5.4)
Bells are Ringing (DVD, 18.2)
Bin-jip (Paris, 20.2)
Brokeback Mountain (Paris, 29.1)
Cabaret
(DVD, 1.5)
Call Me Madam (DVD, 25.3)
Cléo de 5 à 7 (DVD, 19.2)
The Company (Paris, 3.9)
C.R.A.Z.Y. (Paris, 5.6)
Death on the Nile
(DVD, 19.2)
Dirty Rotten Scoundrels (DVD, 9.2)
Elgar (DVD, 30.7)
Fauteuils d’orchestre (Paris, 12.3)
Flying Down to Rio (DVD, 20.12)
Grey Gardens (DVD, 5.7)
Gustav Mahler – Detaching from the World (DVD, 3.7)
Hoodwinked (Paris, 7.2)
Ice Age (DVD, 30.4)
Ice Age: the Meltdown (Londres, 16.4)
King Kong (Paris, 2.1)
Lady and the Tramp (DVD, 22.4)
Liza With a Z (DVD, 29.4)
Mahler (DVD, 11.7)
Mrs. Henderson Presents (Paris, 15.1)
Pride & Prejudice (Paris, 18.2)
The Producers (Londres, 8.1)
The Queen (Paris, 23.10)
Shortbus (Paris, 10.11)
Scoop (Paris, 10.11)
Shadow of a Doubt (DVD, 4.3)
The Slipper and the Rose (DVD, 28.3)
So This is Paris (DVD, 2.4)
Sunset Boulevard (DVD, 1.4)
Volver (Paris, 5.6)
What the Universe Tells Me (DVD, 23.7)
Witness for the Prosecution (DVD, 22.3)

Théâtre
15 pièces… Beaucoup moins que ce que je souhaiterais, notamment à Londres et à New York.

Arnaque, cocaïne et bricolage (Paris, 11.10)
Beautiful Thing (Londres, 19.8)
Le Butin (Paris, 18.2)
Doute (Paris, 11.6)
L’Éventail de Lady Windermere (Paris, 27.10)
Hay Fever (Londres, 24.6)
The History Boys (New York, 13.7)
The Lieutenant of Inishmore (New York, 15.7)
Love’s Labor’s Lost (Washington, 17.6)
Le Miroir (Paris, 13.1)
Mon Lit en zinc (Paris, 6.7)
Pieds nus dans le parc (Paris, 29.1)
Pygmalion (Paris, 30.6)
Romance (Paris, 24.1)
Seascape (New York, 1.1)

Danse
4 représentations

Alvin Ailey American Dance Theater (Hôtel de Rohan, 27.7 après un échec le 26.7)
Reich / Akram Khan (Cité de la Musique, 22.3)
Edward Scissorhands (Sadler's Wells, Londres, 7.1)
Swan Lake (Mogador, 5.1)

Variété
3 spectacles

Madonna : Confessions Tour (Bercy, 31.8)
The Swingle Sisters : De Bach aux Beatles (Parc Floral, 6.8)
Mylène Farmer : Avant que l’ombre… (Bercy, 27.1)


Dernier regard sur 2006 (1)

2.1.07

Puisque ça a l’air d’être la coutume… et puisque ce blog, après tout, a pour objet de m’aider à “avoir de la mémoire”… petite rétrospective des sorties 2006.

Première partie : la comédie musicale, l’opéra, l’opérette, les autres spectacles musicaux

Comédie musicale
Cela ne se voit peut-être pas par moments, mais c’est de loin mon centre d’intérêt principal : la puissance dramatique du théâtre couplée à la force de la musique. 50 représentations tout rond… J’en verrais volontiers le double, mais il faut voyager, souvent loin… Je fais précéder d’un * les nouveautés et d’un ** les reprises d’œuvres que je voyais pour la première fois.

** The Apple Tree (New York, 2.12)
Assassins (Sheffield, 11.3 ; Arlington, 17.6)
* Bagdad Café, the Musical (Mogador, 28.10)
Billy Elliot (Londres, 2.9)
** Blondel (Londres, 30.12)
** The Boy Friend (Londres, 19.8)
Cabaret (Londres, 21.10)
Candide (Châtelet, 19.12 et 26.12)
Caroline, or Change (Londres, 21.10)
A Chorus Line (New York, 1.12)
Company (New York, 2.12)
Crazy For You (Northampton, 4.11)
* Curtains (Los Angeles, 13.8)
Dirty Rotten Scoundrels (New York, 12.7)
** Do Black Patent Leather Shoes Really Reflect Up? (Munster, 11.8)
* The Drowsy Chaperone (New York, 15.7)
Evita (Londres, 5.8)
Follies (Londres, 13.10 ; Northampton, 4.11)
Gypsy (Ravinia, 12.8)
Hello, Dolly! (Millburn, 13.7)
Honk! (Édimbourg, 27.8)
Into the Woods (Derby, 29.4)
* The Last Five Years (Londres, 5.8)
Little Shop of Horrors (Londres, 26.11)
Mack & Mabel (Londres, 15.4)
Mame (Washington, 18.6)
* Merry Wives, the Musical (Stratford-Upon-Avon, 9.12)
* The Musical of Musicals — the Musical! (Londres, 15.4)
Pacific Overtures (Leicester, 2.6)
The Pajama Game (New York, 1.3)
Porgy and Bess (Londres, 25.11)
** Promises, Promises (Sheffield, 21.1)
Putting It Together (Édimbourg, 27.8)
* Rembrandt de Musical (Amsterdam, 9.9)
Show Boat (Londres, 25.6)
Signé Vénus (One Touch of Venus, Oullins, 3.6)
The Sound of Music (Londres, 25.11 ; Vienne, 16.12)
* Studio (Chicago, 12.8)
Sunday in the Park With George (Londres, 22.1 [Menier] et 24.6 [Wyndham])
* Tarzan (New York, 12.7)
* Thalidomide!! A Musical (Versailles, 7.10)
* [title of show] (New York, 14.7)
Un Violon sur le toit (Fiddler on the Roof, Paris, 12.1 [Comédia] et 23.6 [Casino])
Wicked (Londres, 14.10)

Opéra
Forte augmentation de rythme au second semestre, pour raisons personnelles. 37 représentations en tout, avec une forte concentration de Wagner, dont cinq Götterdämmerung. Il y a encore pas mal de Wagner prévu dans les mois à venir.

Auber : Fra Diavolo (Compiègne, 12.11)
Berlioz : La Damnation de Faust (Bastille, 28.6)
Bizet : Carmen (Covent Garden, 30.12)
Boïeldieu : Le Calife de Bagdad (Favart, 3.4)
Chostakovitch : Lady Macbeth de Mtsensk (Covent Garden, 14.10)
Donizetti : Lucia di Lammermoor (Bastille, 9.10), L’Elisir d’amore (Bastille, 30.10)
Dusapin : Faustus, the Last Night (Châtelet, 16.11)
Gounod : Roméo et Juliette (Vienne, 17.12)
Janáček : Kát’a Kabanová (La Scala, 9.3)
Martinu : Juliette ou La Clé des songes (Bastille, 6.2)
Mozart : Don Giovanni (TCE, 19.6), La Clemenza di Tito (Garnier, 17.9), Idomeneo (Garnier, 29.12)
Poulenc : Dialogues des Carmélites (Marseille, 19.11)
Prokofiev : L’Amour des trois oranges (Bastille, 13.11)
Puccini : Turandot (Covent Garden, 22.7), Tosca (Anvers, 23.9)
Rameau : Platée (Garnier, 2.5), Les Paladins (Châtelet, 16.10)
Sauguet : Les Caprices de Marianne (Compiègne, 8.10)
Strauss : Capriccio (Amsterdam, 10.9), Salomé (Bastille, 18.10), Der Rosenkavalier (Bastille, 27.12)
Wagner : Das Rheingold (Cologne, 18.3 ; Aix-en-Provence, 2.7 ; Toronto, 26.9), Die Walküre (Cologne, 19.3 ; Toronto, 27.9), Siegfried (Châtelet, 5.2 ; Toronto, 29.9), Götterdämmerung (Châtelet, 12.2 ; Cologne, 26.3 ; Châtelet, 7.4 ; Covent Garden, 17.4 ; Toronto, 1.10), Der fliegende Holländer (Munich, 18.12)

Opérette
6 représentations

Beydts : La S.A.D.M.P. (Paris, 28.12)
Chostakovitch : Moscou, Cheryomushki (Londres, 22.7)

Lecoq : Le Petit Duc (Metz, 29.10)
Lopez : Le Chanteur de Mexico (Paris, 22.9)
Simons : Toi c’est Moi (Paris, 10.1)
Terrasse : Les Travaux d’Hercule (Rennes, 31.12), Chonchette (Paris, 28.12)

Autres spectacles musicaux (cabaret/théâtre musical)
9 représentations

À Voix et à vapeur (Paris, 21.4)
Le Cabaret des hommes perdus (Paris, 17.10)
Chantons dans le placard (Paris, 11.4)
Charlène is Back (Paris, 14.2)
Dracula – Éternel sera l’amour (Paris, 9.6)
J’existe (Foutez-moi la paix) (Paris, 20.9)
Les Mauvaises (Paris, 16.9)
Souingue ! Souingue ! (Boulogne, 10.10)
Tentative d’opérette en Dingochine (Paris, 7.11)


Miscellanées

28.8.06

> Il semble que de nombreux visiteurs arrivent sur ce blog en faisant une recherche sur “sabots en plastique” ou même simplement sur “sabots” ! Cela grâce à mon billet du 17 juillet dernier dans lequel j’évoquais le succès des sabots Crocs à New York. Eh bien, le magazine British Airways de ce mois-ci nous apprend que la relève fourbit ses armes : les Dopie Shoes attaquent !

>  Le numéro du New Yorker daté du 21 août contient un très intéressant article de Justin Davidson (le critique musical de Newsday) consacré à l’art de la direction d’orchestre et intitulé “Measure for Measure” (une référence shakespearienne, comme dans 25% des titres de la presse anglo-saxonne). On y évoque la diversité des styles des “grands” chefs. J’y relève notamment cette citation du violoncelle solo de l’Orchestre Philharmonique de New York (je traduis à ma manière) :

“Le pire que puisse faire un jeune chef, c’est d’arriver devant le Philharmonique de New York et dire à quel point il est honoré d’être ici. Les chefs d’orchestre doivent donner l’impression d’être extrêmement sûrs d’eux. Nous avons une conception profondément ancrée de la façon dont une œuvre doit être jouée ; nous savons comment la rendre naturelle à l’oreille ; que le chef perde le contrôle ne serait-ce qu’un instant et nous prendrons le dessus. Il m’arrive de manipuler certains chefs. Je peux accélérer ou ralentir le tempo si je ne ressens pas suffisamment d’intensité en provenance du podium. Je n’ai aucune patience avec les faibles personnalités.”

Le reste est à l’avenant. L’article n’est malheureusement pas disponible en ligne.

> Nous apprenons ici (via Cronaca) que l’on a retrouvé au Château de Windsor des traces de la fameuse table ronde des chevaliers du même nom. Voilà qui ancre dans l’histoire la délicieuse comédie musicale Camelot.

> Haggis : lorsque j’ai vu ce nom au buffet du petit-déjeuner de mon hôtel à Édimbourg dimanche, j’ai tout de suite repensé à l’inoubliable sketch de Jacques Bodoin, “La Panse de brebis farcie” (qui se partageait un 45 tours avec la non moins inoubliable “Table de multiplication”). Je n’ai donc pas pu résister à la tentation de goûter enfin ce plat typiquement écossais. Bien m’en a pris, car c’est succulent. Ce n’est rien d’autre qu’une sorte de hachis très goûteux, plein de condiments de toutes sortes.

> Via On An Overgrown Path, enfin, cet article assez terrifiant sur l’épuisement programmé des possibilités mélodiques, harmoniques et rythmiques de la musique.


Des orchestres sans musiciens ?

22.8.06

La convention collective des musiciens des orchestres de Broadway spécifie que, sauf cas particuliers, un nombre minimal de musiciens, variable selon les théâtres, doit impérativement être utilisé (et rémunéré) par les producteurs de spectacles musicaux. La reconduction de cette disposition a été l'un des points durs de la dernière renégociation de cette convention collective, en 2003. Le syndicat des musiciens, le "Local 802" a fini par appeler à la grève, causant l'annulation de toutes les représentations pendant quatre jours, avant que le maire de New York, Michael Bloomberg, n'intervienne pour jouer les médiateurs. Le conflit s'était alors résolu en acceptant de légères diminutions de ces nombres minima.

(Il est d'ailleurs assez passionnant de se plonger dans la lecture de l'accord. Il se trouve ici.)

Le syndicat des producteurs (la "League") considère que le coût des orchestres à Broadway devient prohibitif... et que des alternatives existent. Il est vrai que les musiciens sont plutôt bien payés : au minimum environ 6 000 dollars par mois, sans compter les avantages sociaux et toutes les majorations prévues par l'accord... Mais la vie à New York est chère, et les musiciens sont généralement d'excellente qualité. Le coût minimum d'un orchestre devient, du coup, relativement élevé... ce qui contribue à expliquer (mais il y a beaucoup d'autres raisons) que même un spectacle qui engrange 500 000 dollars de recette hebdomadaire se trouve de plus en plus souvent en-deçà de son point mort d'exploitation... sans même commencer à parler de l'amortissement de l'investissement de départ, rarement inférieur à 10 millions de dollars par les temps qui courent.

L'accord négocié en 2003 arrive à expiration en 2007... mais il contient une clause précisant que les minima de nombres de musiciens, eux, restent valables jusqu'en 2013.

Le Local 802 continue à défendre becs et ongles le principe d'une musique jouée en direct par des musiciens de haut niveau. Mais les doutes commencent à s'insinuer... d'autant que l'on évoque de plus en plus des machines capables de reproduire le son d'un orchestre de manière tellement fidèle que la différence ne serait pas perceptible. Ce sont les "orchestres virtuels".

Un billet récent de Pliable sur son excellent blog On An Overgrown Path cite un article qui évoque le sujet des orchestres virtuels... et permet d'écouter un exemple de ce que permet cette technologie. Je ne sais si c'est parce que je sais que le son n'émane pas d'un véritable orchestre, mais je trouve cet exemple très peu convaincant : son synthétique (bien que vraisemblablement échantillonné), impression d'un jeu mécanique, etc. L'expérience est un peu plus concluante lorsque l'on va visiter le site de la Vienna Symphonic Library, l'autre fabricant cité dans l'article, sur lequel on peut écouter de nombreux exemples. Mais, là aussi, on reste sur sa faim. Les attaques sont relativement convaincantes, mais pas les tenues, qui manquent vraiment de naturel ; les cas les moins convaincants sont les morceaux vraiment lents, comme l'Adagio de Barber. En outre, on n'échappe pas à l'impression que tout cela reste un peu mécanique et sans âme.

Ce n'est pas pour autant que l'on doit cesser de craindre pour le futur de la musique "live". La plupart des producteurs français de spectacles musicaux se sont assis sur le sujet depuis longtemps... et il faut reconnaître que, pour certains types de musique hautement synthétiques, la différence est sans doute peu audible. Les producteurs de spectacles musicaux continueront à mettre en avant la complexité croissante de l'équation économique à laquelle ils se trouvent confrontés. La combinaison de considérations artistiques et de légitimes arguments économiques présente un redoutable défi.

En attendant, on pourra s'émerveiller (ou non) devant... ce violon qui joue tout seul (via The Well-Tempered Blog).


Un monstre sacré tire sa révérence

3.8.06

Elisabeth Schwarzkopf (1915-2006)

Capriccio Personnalité controversée, elle n’en restait pas moins l’un des derniers monstres sacrés de l’après-guerre. On n’en parlait plus depuis longtemps, mais sa disparition ne peut manquer d’attrister. L’occasion de réécouter sa dernière scène de Capriccio.

Quelques hommages et commentaires :


L’invasion des sabots en plastique

17.7.06

Sabots_1 Au secours ! Ils sont déjà partout à New York ! Je propose de mettre en place un dispositif de veille sanitaire extrêmement réactif afin d’annihilier dans l’œuf toute tentative de nidification de ce côté de l’Atlantique.


Les métamorphoses de Manhattan

16.7.06

8and46 New York semble posséder une capacité infinie à se réinventer sans cesse, à n’être à chaque visite ni tout à fait une autre, ni tout à fait la même. Les vieux immeubles (pas toujours très beaux, il faut bien le reconnaître) ont tendance à disparaître chaque fois qu’un promoteur réussit à racheter tout un pâté de maison. Cela vient de se produire à l’intersection de la 8ème avenue et de la 46ème rue ouest : il ne reste plus qu’un grand espace vide. Le “block” du côté sud de la même 46ème rue semble en bonne voie de connaître le même sort si l’on doit en juger par le nombre de commerces fermés et de maisons condamnées.

Times_2 Un peu plus au sud, le New York Times construit son nouveau siège, toujours sur la 8ème avenue, entre la 40ème et la 41ème rues ouest, face à l’imposant et laid terminal routier. C’est un choix courageux de s’installer à la limite ouest du périmètre “nettoyé” (certains diraient “aseptisé”) que les maires successifs se sont efforcés d’établir autour de Times Square. Le bâtiment, conçu par Renzo Piano, se trouve dans un état de construction très avancé. Il dégage incontestablement une impression de rigueur et de sérieux qui sied merveilleusement à cette institution new-yorkaise — parfois chahutée — qu’est le Times. La transparence semble également avoir été l’un des leitmotive de la conception du bâtiment.

Oldtimes_1 Incidemment, en visitant la vénérable New York Public Library (le bâtiment historique à l’intersection de la 5ème avenue et de la 42ème rue), je suis tombé sur une représentation de l’immeuble dans lequel le Times installa son siège en 1904, donnant ainsi à ce qui n’était alors connu que comme “Longacre Square” le nom qu’on lui connaît aujourd’hui : Times Square. Bien que le Times l’ait quitté depuis longtemps (son siège se situe actuellement dans un immeuble de la 43ème rue... en attendant de gagner le nouveau bâtiment de Piano), l’immeuble est encore là. Il s’appelle maintenant One Times Square et sert en quelque sorte de panneau d’affichage géant. Ce qu’on en distingue est de toute façon méconnaissable car la couverture extérieure a été complètement refaite lorsque le Times a cédé l’immeuble en 1961. C’est de cet immeuble que l’on fait descendre chaque 31 décembre la boule lumineuse qui marque le passage d’une année à l’autre.

Tkts Times Square est d’ailleurs peut-être de tous les quartiers de New York celui qui semble changer le plus vite. Cette impression est vraisemblablement due au renouvellement rapide des panneaux publicitaires. Une zone au nord de Times Square, délimitée par la 7ème avenue, Broadway et les 46ème et 47ème rues, est actuellement en travaux. C’est là que se dressaient depuis 1973 les barraques pas très élégantes du tkts, cette autre institution new-yorkaise qui propose des billets de spectacle à tarif réduit (généralement de 50%) pour le soir-même. Les guichets du tkts sont déplacés temporairement au rez-de-chaussée de l’hôtel Marriot Marquis pendant qu’un nouvel aménagement est construit : les futurs guichets seront nichés sous un gigantesque escalier ne conduisant à nulle part...

Hearst1 Hearst2 Si l’on remonte un peu vers le nord et que l’on regagne la 8ème avenue dont nous étions partis, on tombe, au coin de la 57ème rue ouest, sur la Hearst Tower, siège de l’un des grands groupes de presse américains. Le bâtiment, qui vient d’être achevé, a été conçu par Norman Foster et présente la particularité remarquable d’avoir été “posé” sur le bâtiment d’origine, dont la façade a été conservée. Sort intéressant pour un bâtiment qui avait été conçu comme la base d’un gratte-ciel jamais construit pour cause de crise économique. Quoi qu’on pense de sa cohabitation avec son ancêtre, le bâtiment de Foster est racé, élégant... et la juxtaposition des motifs triangulaires crée l’impression d’un irrésistible mouvement ascendant.

Hearst Le hasard faisant parfois bien les choses, je suis aussi tombé à la New York Public Library sur une peinture du Hearst Building originel.


Peut-on applaudir n’importe quand ?

26.6.06

Cette note de Monsieur gV m’avait d’abord fait réagir un peu instinctivement : si les spectateurs d’un concert ont envie d’applaudir entre les mouvements d’une symphonie ou d’un concerto, faut-il les en empêcher ? Des manifestations de plaisir somme toute assez naturelles et plutôt flatteuses pour les interprètes sont-elles préjudiciables à la concentration des artistes ? ou au plaisir des spectateurs/auditeurs ? N’y a-t-il finalement pas là un certain snobisme constitutif d’une volonté de communier autour de codes figés et volontairement exclusifs ? Comment s’étonner, dans ce cas, que certains trouvent le milieu de la musique classique difficile à pénétrer ?

Monsieur gV fait remarquer à juste titre que certains interprètes indiquent explicitement qu’ils ne souhaitent pas d’applaudissements afin de conserver leur concentration. Je me souviens effectivement d’un récital au Châtelet (il me semble que c’était Felicity Lott, mais je peux me tromper) pour lequel le programme (relayé, me semble-t-il, par une annonce) précisait que l’interprète demandait au public de bien vouloir retenir ses applaudissements jusqu’à la fin du programme. Fort bien.

Le nombre de réponses que retourne Google pour “applaudir entre les mouvements” ou “applaud between movements” montre que le sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive.

On remarque par exemple que l’espèce de “FAQ” du site du New York Philharmonic dit notamment (c’est moi qui rajoute le souligné) :

The audience does not applaud between movements of a piece. The program will list the movements in each piece, so you will know how many there are; applause is usually reserved for the end of the last movement.

Par contraste, le site du Houston Symphony propose une réponse dont il est évident que chaque mot a été pesé, et dont on finit par se demander ce qu’elle “recommande” :

While we believe in presenting the best possible musical experience, we also want to encourage spontaneity and comfort. Applause between movements can be seen as an encouraging sign of new and enthusiastic additions to the classical music fold.

(Ce n’est pas tous les jours que le Texas peut se targuer d’être plus progressiste que New York !)

La meilleure source — et de loin — que j’aie trouvée sur le sujet, ce sont les carnets du brillant et remarquable Alex Ross, le critique musical du New Yorker, dont les articles sont généralement un véritable bonheur tant ils sont accessibles et dépourvus de la moindre prétention (certains journalistes, de ce côté de l’Atlantique, pourraient en prendre de la graine).

Ross nous propose une excellente et passionnante analyse du sujet, répartie sur plusieurs notes (la lecture de la dernière est particulièrement recommandée) :

On y apprend donc que notre pratique interdisant les applaudissements est très récente et qu’elle semble avoir été introduite sous l’impulsion de Leopold Stokowski aux alentours de 1930. On y lit également que le camp des “pro-applaudissements” compte parmi ses rangs des noms comme Pierre Monteux ou Emanuel Ax.

J’ai la ferme impression que le débat n’est pas prêt de se calmer...

Pendant ce temps, zvezdo est bouleversé par le Fidelio du Châtelet. La lecture de ses commentaires, et une écoute attentive du fameux quatuor “Mir ist so wunderbar” du premier acte, me confirme, si j’en avais besoin, que j’ai dû naître avec une anomalie congénitale du gène Beethoven. Ce qui doit être confirmé par le fait que j’ai passé la soirée à écouter les symphonies de Franco Alfano… Peut-être qu’un jour j’y comprendrai quelque chose.