“La Mégère apprivoisée”
“Tristan und Isolde”

“War Paint”

Goodman Theatre, Chicago • 6.8.16 à 20h
Musique : Scott Frankel. Lyrics : Michael Korie. Livret : Doug Wright.

Mise en scène : Michael Greif. Avec Patti LuPone (Helena Rubinstein), Christine Ebersole (Elizabeth Arden), John Dossett (Tommy Lewis), Douglas Sills (Harry Fleming), …

WarpaintPremière mondiale d’une nouvelle comédie musicale supposée ouvrir ses portes à Broadway en 2017. Le sujet en est la rivalité légendaire entre les deux géantes de la cosmétique féminine, Elizabeth Arden et Helena Rubinstein, des années 1930 aux années 1960. Ces deux femmes que tout séparait (Arden était issue de la haute société dite “anglo-saxonne”, Rubinstein était une immigrée d’Europe de l’est) ont en effet bâti deux empires ennemis sur les mêmes fondements : des produits présentés comme des enseignements de la science, beaucoup de marketing et de publicité, …

Et c’est là que le bât dramatique de la pièce blesse quelque peu… car il n’y a au fond pas grand’ chose qui oppose réellement les deux personnages, à part leurs origines. Dans son temps libre, Arden élevait des chevaux. Rubinstein fréquentait les artistes contemporains. Cela ne crée pas un fossé tel qu’il puisse constituer le nœud d’une pièce. Le dénouement, du coup, tombe un peu à plat… d’autant qu’il est tellement prévisible qu’on aurait presque envie d’être surpris par un rebondissement inattendu.

Cela n’empêche pas la pièce d’être écrite avec talent. La partition de Frankel & Korie (Grey Gardens, Happiness, Far From Heaven) est de qualité, même si elle soutient mieux l’attention dans le premier acte que dans le deuxième, moins réussi.

Mais c’est surtout pour sa distribution que l’on vient voir la pièce. Il fallait deux monstres sacrés de la scène pour interpréter des personnages aussi hauts en couleur. C’est le cas avec Patti LuPone et Christine Ebersole, deux comédiennes immensément charismatiques dont les contrastes physiques sont idéaux. LuPone, dont l’élocution n’a jamais été le point fort, n’est malheureusement pas toujours compréhensible, d’autant qu’elle utilise un curieux accent qui semble un croisement entre celui d’Evita et celui de Lucia (dans Women on the Verge of a Nervous Breakdown).

Arden et Rubinstein avaient chacune un collaborateur de l’ombre qui travaillait à développer leur marque. À en croire le livret, chacune a perdu le sien au profit de sa rivale — curieux croisement. Les deux comédiens qui interprètent les rôles, John Dossett et Douglas Sills, sont eux aussi très attachants.

Faut-il pour autant penser que War Paint possède ses chances à Broadway ? L’avenir nous le dira — j’ai cessé de formuler tout pronostic sur ces sujets.

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