“Götterdämmerung”
“West Side Story”

“La Poupée sanglante”

Théâtre de la Huchette, Paris . 18.8.16 à 21h
Musique : Didier Bailly. Paroles : Éric Chantelauze, d’après l’œuvre de Gaston Leroux

Mise en scène : Éric Chantelauze. Avec Charlotte Ruby, Didier Bailly, Alexandre Jérôme, Édouard Thiebaut.

PoupéeCe n'est pas la première fois qu'un roman de Gaston Leroux est adapté en comédie musicale : son Fantôme de l'Opéra a en effet donné naissance à l'un des plus gros succès de l'histoire de la comédie musicale, que l'on verra très prochainement à Paris en version française.

Les auteurs de cette petite comédie musicale de 90 minutes se sont basés, eux, sur deux romans de Leroux : La Poupée sanglante et La Machine à assassiner, publiés initialement sous forme de feuilleton dans un quotidien, comme d'ailleurs Le Fantôme de l'Opéra. On y retrouve le goût de Leroux pour un fantastique mâtiné de science-fiction, combiné à un style d'écriture assez recherché. Les deux histoires ont d’ailleurs des points communs : outre le fait que les deux héroïnes s'appellent Christine, l'un des personnages principaux de La Poupée, Benedict Masson, partage des traits singuliers avec le Fantôme — la laideur, l'emballement romantique refoulé, ...

J’avais beaucoup aimé l’une des précédentes collaborations de Bailly et Chantelauze, La Guinguette a rouvert ses volets. Cette nouvelle pièce montre à nouveau une réelle qualité d’écriture et une compréhension réjouissante des ressorts du théâtre musical.

Il n'y a de la place que pour trois comédiens et un piano sur la minuscule scène du Théâtre de la Huchette, connu mondialement pour sa fidélité aux deux pièces de Ionesco qui y sont jouées continûment depuis bientôt 60 ans. Les auteurs ont, remarquablement, réussi à condenser les deux romans en en conservant l'essentiel des péripéties et des personnages — avec néanmoins quelques raccourcis un peu plus significatifs dans la deuxième moitié de La Machine à assassiner. Mais ils l'ont fait en donnant une homogénéité de ton qui n'est pas toujours présente dans l'oeuvre originale, dont le point de vue et le style varient fréquemment — sans doute un résultat de l'écriture feuilletonesque.

À part quelques rares choix narratifs discutables, on ne peut qu'applaudir : la partition est absolument charmante et les comédiens donnent vie de manière remarquable à la galerie de personnages imaginés par Leroux, à l'exception peut-être de la Marquise de Coulteray, traitée comme un personnage à la limite du ridicule alors qu'elle a toutes les caractéristiques de l'héroïne tragique.

On ne croise qu’exceptionnellement cette qualité d’écriture en France. Bravo aux auteurs et aux interprètes.

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