“Die Meistersinger von Nürnberg”
“War Paint”

“La Mégère apprivoisée”

Royal Opera House, Londres • 3.8.16 à 19h30

Un ballet conçu pour la troupe du Bolshoï par Jean-Christophe Maillot d’après la pièce de Shakespeare, sur une sélection de compositions de Chostakovitch. Création : juillet 2014.

Orchestre du Bolshoï, Igor Dronov. Avec Ekaterina Krysanova (Katharina), Vladimir Lantratov (Petruchio), Olga Smirnova (Bianca), Semyon Chudin (Lucentio), Igor Tsvirko (Hortensio), Vyacheslav Lopatin (Gremio), Yulia Grebenshchikova (la Veuve), Artemy Belyakov (Baptista), Anna Tikhomirova (la Gouvernante), Georgy Gusev (Grumio).

Le vénérable Bolshoï a confié au Français Jean-Christophe Maillot la conception d’un ballet inspiré par la pièce The Taming of the Shrew de William Shakespeare… et c’est la distribution-même qui en a assuré la création à Moscou en 2014 qui venait la présenter à l’Opéra royal.

Maillot, qui approche l’œuvre comme un metteur en scène au moins autant que comme un chorégraphe au sens pur, fait preuve d’une économie de moyens saisissante. Jamais de répétition, chaque geste est conçu sur mesure non seulement pour un personnage à un moment donné, mais surtout pour le danseur qui l’incarne. Le résultat est d’autant plus bouleversant que les choix musicaux, piochés dans le répertoire de Chostakovitch, sont inspirés… et que Maillot fait preuve d’une inventivité étonnante, sans cesse renouvelée, aussi riche dans la veine comique que dans le vocabulaire élégiaque.

Son travail est merveilleusement interprété par des danseurs d’autant plus charismatiques qu’ils disparaissent dans leurs personnages sans aucune trace d’ego résiduel. Leur port est débarrassé de ces marques d’orgueil qui semblent suivre les étoiles à la trace. Seul l’investissement dramatique est valorisé… et avec quel succès. L’impression d’homogénéité qui en résulte, rarissime au ballet, contribue beaucoup à faire de cette Mégère une œuvre unique, d’une force expressive étonnante.

Les danseurs s’illustrent par une virtuosité sidérante mais jamais mise en avant. Les mouvements techniques sont débarrassés de cette agaçante demi-seconde de préparation qui les précède souvent… et, surtout, de cette seconde d’auto-satisfaction, encore plus agaçante, qui les suit toujours. Seul compte le récit, incarné dans un arc narratif parfaitement continu que rien ne vient perturber.

La pièce se termine sur un clin d’œil, avec le fameux arrangement de la chanson “Tea For Two” de Vincent Youmans et Irving Caesar, qui nous emmène du côté de la comédie musicale. Un genre auquel on pense plus d’une fois pendant la représentation lorsqu’on croit percevoir ici ou là un clin d’œil — peut-être involontaire — à Kiss Me, Kate!, notamment dans le traitement des trois prétendants de Bianca.

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