Programme J. Peck / G. Balanchine
“Die Walküre”

“Das Rheingold”

Badisches Staatstheater, Karlsruhe • 9.7.16 à 19h
Wagner (1869)

Direction musicale : Justin Brown. Mise en scène : David Hermann. Avec Renatus Meszar (Wotan), Matthias Wohlbrecht (Loge), Jaco Venter (Alberich), Ariana Lucas (Erda), Yang Xu (Fasolt), Avtandil Kaspeli (Fafner), Roswitha Christina Müller (Fricka), Agnieszka Tomaszewska (Freia), Seung-Gi Jung (Donner), James Edgar Knight (Froh), Klaus Schneider (Mime), Uliana Alexyuk (Woglinde), Stefanie Schaefer (Wellgunde), Katharine Tier (Floßhilde).

Le Staatstheater de Karlsruhe entame un nouveau Ring confié à quatre metteurs en scène différents… comme celui que j’avais vu à Toronto il y a dix ans.

Même si j’avais déjà eu l’occasion de faire l’expérience de la qualité générale du théâtre, je suis ressorti absolument scotché par la virtuosité de cette réalisation.

Pour la mise en scène de David Hermann, c’est un triomphe sur tous les fronts :

  • Au premier chef, il traite le texte de Wagner comme il traiterait n’importe quel texte de théâtre, en ne faisant l’impasse sur aucune phrase, et même sur aucun mot. Tant de metteurs en scène se contentent aujourd'hui d’une adéquation partielle de l’image au texte, considérant sans doute que l’opéra tolère un quota de discordances… une idée qui n’effleurerait personne au théâtre parlé (encore que…).
  • En second lieu, il possède un réel talent visuel. On s’en convainc dès le tableau des Filles du Rhin, sans conteste le plus beau et le plus dramatiquement efficace qu’il nous ait été donné de voir. Une impression qui ne se dément jamais par la suite.
  • Le coup de génie de Hermann, enfin, consiste à mettre en scène ce Rheingold comme une prémonition de l’ensemble de l’histoire de la Tétralogie, qui se déroule simultanément sur la large scène du théâtre, où des danseurs miment les épisodes suivants. La synchronisation entre les événements des deux narrations est frappante ; les points de rencontre entre les deux prennent à la gorge tant ils sont intelligemment imaginés et porteurs de sens. On pourrait objecter que le parti pris n’est pas facile à appréhender pour qui ne serait pas familier avec la suite du Ring, mais il serait idiot de juger cette entreprise à l’aune d’un critère de facilité. Un metteur en scène a le droit d’être exigeant avec son public ; et on a le droit de lui en être reconnaissant.

Qu’on y ajoute une interprétation de grande qualité, qu’il s’agisse de l’orchestre mené tambour battant par Justin Brown ou d’une distribution épatante, engagée et talentueuse, constituée majoritairement de chanteurs de la troupe du théâtre… et on obtient l’un des Rheingold les plus enthousiasmants qu’il nous ait été donné de voir.

Cela donne très envie, du coup, de se précipiter pour aller voir la suite de l’aventure… même si le fait de confier chaque épisode à un metteur en scène différent constitue en soi un aléa significatif. À Toronto, c’était la conception visuelle qui servait de fil rouge ; j’ignore quel sera le parti pris de ce Ring.

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