Concert Orchestre de Paris / Netopil à la Philharmonie
“Mrs. Henderson Presents”

“Tannhäuser”

Royal Opera House, Londres • 29.4.16 à 18h
Wagner (1845)

Direction musicale : Hartmut Haenchen. Mise en scène : Tim Albery. Avec Peter Seiffert (Tannhäuser), Emma Bell (Elisabeth), Sophie Koch (Venus), Christian Gerhaher (Wolfram von Eschenbach), …

La production de Tim Albery que l’Opéra de Covent Garden choisit de ressortir des placards a un défaut majeur : elle souligne les faiblesses de l’œuvre au lieu d’essayer de les gommer. Résultat : à part l’excellent ballet du premier acte (chorégraphié avec inspiration par Jasmin Vardimon), la pièce ne devient réellement captivante qu’à l’acte III.

On ne sait pas très bien où Albery veut en venir en utilisant une réplique du cadre de scène du théâtre (le Venusberg), qui apparaît ensuite à l’état de ruine de plus en plus décomposée dans les actes suivants — le décor du III serait plus à sa place dans Parsifal. Sa mise en scène manque d’énergie et elle enfonce l’œuvre plus qu’elle ne la défend.

Hartmut Haenchen fait du joli travail dans la fosse, mais l’orchestre n’est qu’à moitié à l’aise : les cors, en particulier, semblent crispés au point de transmettre une partie de leur nervosité. Le travail à la petite harmonie, en revanche, est remarquable… et le fait que les harpes soient en dehors de la fosse (ce qui est souvent le cas à Covent Garden dans Wagner) ajoute considérablement au charme de la musique.

Distribution très inégale : Christian Gerhaher et Emma Bell se distinguent nettement, le premier pour son attention à l’intonation et au sens (difficile de ne pas penser à Matthias Goerne), la seconde pour la générosité d’une prestation stylistiquement très en phase avec l’œuvre. Peter Seiffert, en revanche, ne possède plus les moyens de Tannhäuser. Même s’il se découvre quelques ressources supplémentaires au III, il ne parvient plus à injecter l’héroïsme nécessaire… et les notes tenues sont toutes assez douloureuses, surtout dans l’aigu. Tantôt le vibrato semble incontrôlable, tantôt la justesse est douteuse ; on craint même l’accident de temps en temps. Quant à Sophie Koch, elle campe une Venus bien terne et bien peu charismatique.

Mention spéciale pour le chœur, d’autant plus magnifique qu’il chante dans un effectif relativement restreint par rapport à ce que l’on voit à Paris ou à New York.

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