Concert Philharmonia Orchestra / Ashkenazy au TCE
“Tristan und Isolde”

“Der Traumgörge”

Staatsoper Hannover, Hanovre • 16.4.16 à 19h30
Musique : Alexander Zemlinksy (1906). Livret : Leo Feld.

Direction musicale : Mark Rohde. Mise en scène : Johannes von Matuschka. Avec Robert Künzli (Görge), Kelly God (Gertraud), Solen Mainguené (Grete), Christopher Tonkin (Hans), …

Bien que terminé en 1906 (en vue d’une création à l’Opéra de Vienne qui fut remise en cause par la démission de Mahler puis l’indifférence de Weingartner), Der Traumgörge ne fut créé… qu’en 1980, à Nuremberg.

Et c’est bien triste, car cette partition magnifique aurait mérité de voir la lumière plus tôt. Foisonnante sur le plan mélodique, pleine d’harmonies enchanteresses, elle évoque à merveille le monde onirique et décalé de Görge le rêveur. On croit y discerner des échos de Wagner et de Mahler mais surtout de Strauss, ainsi qu’une certaine influence de la musique française, en raison notamment de la façon dont la petite harmonie porte les atmosphères. On se surprend d’ailleurs à fredonner un air de Ravel en quittant le théâtre.

Difficile de ne pas être captivé par une œuvre qui exalte à la fois le pouvoir des rêves… mais dont le deuxième acte, à sa façon, constitue aussi une forme de rappel à la réalité. L’ambiance générale n’est pas sans évoquer celle d’un autre joyau longtemps oublié, Die Tote Stadt… dont le compositeur, Korngold, fut un élève de Zemlinsky.

Jolie production de l’Opéra de Hanovre, simple mais efficace. Les images qui accompagnent la fin du premier acte (et qui reviennent dans le bref épilogue) sont particulièrement inspirées. Sur le plan vocal, les suffrages vont sans doute à la Gertraud de Kelly God, mais c’est le remarquable investissement dramatique du Görge de Robert Künzli qui porte la représentation… ainsi que la très belle prestation de l’orchestre, mené avec beaucoup de sensibilité par Mark Rohde.

Je me sens un peu idiot d’avoir autant négligé Zemlinsky jusqu’à présent. C’est toujours un grand bonheur de découvrir les recoins injustement négligés du répertoire, surtout quand le pouvoir d’enchantement de la musique est aussi considérable.

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