“Das Lächeln einer Sommernacht”
“Road Show”

“Lost in the Stars”

Kennedy Center (Eisenhower Theater), Washington DC • 20.2.16 à 19h30
Musique : Kurt Weill (1949). Livret et lyrics : Maxwell Anderson. D’après le roman Cry, the Beloved Country de Alan Paton.

Mise en scène : Tazewell Thompson. Direction musicale : John DeMain. Avec Eric Owens (Stephen Kumalo), Lauren Michelle (Irina), Sean Panikkar (The Leader), Wynn Harmon (James Jarvis), Manu Kumasi (Absalom Kumalo), Cheryl Freeman (Linda), Kevin McAllister (John Kumalo), Caleb McLaughlin (Alex), …

Kurt Weill, arrivé à New York en 1935, fut vite convaincu que l’avenir du théâtre musical se jouait non à l’opéra mais sur les scènes de Broadway. C’est ainsi qu’il écrivit une série extraordinaire d’œuvres plus magnifiques les unes que les autres, dont les plus connues sont Johnny Johnson (1936, avec Paul Green), Knickerbocker Holiday (1938, avec Maxwell Anderson), Lady in the Dark (1941, avec Moss Hart et Ira Gershwin), One Touch of Venus (1943, avec Ogden Nash), The Firebrand of Florence (1944, avec Ira Gershwin), Street Scene (1947, avec Elmer Rice et Langston Hughes) et Love Life (1948, avec Alan Jay Lerner).

Sa dernière partition pour Broadway, avant sa mort soudaine en 1950, sera l’adaptation d’un roman sur la situation raciale en Afrique du Sud publié quelques mois avant l’entrée en vigueur de l’apartheid, Cry, the Beloved Country. Weill, grand admirateur de Porgy and Bess, saura donner avec Maxwell Anderson une voix originale et captivante à l’histoire de ce pasteur noir qui fait un long voyage pour Johannesbourg dans l’espoir d’y retrouver son fils… malheureusement tombé sous de mauvaises influences. La fin, tragique, constitue aussi un embryon d’espoir quant à la capacité des blancs et des noirs à cohabiter dans ce pays compliqué.

Weill, dont chaque partition est un bijou, s’est encore surpassé avec Lost in the Stars, dont les commentateurs n’arrivent pas à décider s’il s’agit d’un opéra ou d’une comédie musicale — la quantité de dialogues faisant plutôt pencher la balance du côté de la deuxième catégorie. Les numéros musicaux sont uniques autant par leurs mélodies et leurs harmonies que par les inimitables instrumentations pour un orchestre de chambre dénué de violons mais doté d’une harpe et d’un accordéon.

Cette version, initialement co-produite par l’Opéra du Cap et par le Festival de Glimmerglass, est une merveille. Visuellement superbe (grâce notamment aux magnifiques lumières expressionnistes de Robert Wierzel), elle se distingue par la qualité superlative de l’interprétation, individuelle comme collective. Les passages choraux, en particulier, sont tous à fondre de bonheur.

La distribution est menée par l’excellent Eric Owens, qui donne au personnage central une intensité captivante… et une voix extraordinaire. On pourrait citer tous les autres comédiens… mais on se contentera d’une mention spéciale pour la magnifique Irina de Lauren Michelle, qui fait étinceler les deux chansons de son personnage, “Trouble Man” et “Stay Well”.

Du très bon, de l’excellent, du magnifique théâtre musical.

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