“Singin’ in the Rain”
“Pelléas et Mélisande”

“Grey Gardens”

Southwark Playhouse, Londres • 9.1.16 à 15h
Livret : Doug Wright. Musique : Scott Frankel. Lyrics : Michael Korie. D’après le documentaire des frères Maysles.

Mise en scène : Thom Southerland. Avec Jenna Russell (la jeune Edith Bouvier Beale, la vieille “Little” Edie Beale), Sheila Hancock (la vieille Edith Bouvier Beale), Rachel Anne Rayham (la jeune “Little” Edie Beale), Jeremy Legat (George Gould Strong), Ako Mitchell (Brooks Sr. / Jr.), Billy Boyle (J. V. “Major” Bouvier / Norman Vincent Peale), Aaron Sidwell (Joseph Patrick Kennedy, Jr. / Jerry), …

Cette comédie musicale, dont j’avais vu la création à Broadway en 2007, met en scène Edith Bouvier Beale, une tante de Jacqueline Bouvier Kennedy Onassis, et sa fille “Little” Edie, qui ont défrayé la chronique au début des années 1970 lorsque la presse a révélé qu’elles vivaient comme des clochardes dans une maison insalubre des Hamptons. Un documentaire devenu quelque peu mythique a immortalisé la vie bien singulière de ces personnages excentriques et romanesques au milieu des ordures et d’une quantité ahurissante de chats.

Les auteurs de la comédie musicale ont voulu imaginer ce qu’était la vie d’Edith et de “Little” Edie au début des années 1940, avant leur déchéance. Ils ont notamment imaginé que “Little” Edie avait failli se fiancer avec Joseph Patrick Kennedy, Jr., le frère aîné de John Fitzgerald Kennedy, qui aurait vraisemblablement été le candidat naturel des Kennedy à la présidence des États-Unis s’il n’était pas mort quelques années plus tard pendant une opération militaire. L’abandon des fiançailles aurait précipité la chute d’Edith et de “Little” Edie.

Si le premier acte présente les événements imaginaires de 1941, le deuxième acte revient à l’époque du documentaire, en 1973, en en recréant l’atmosphère et une bonne partie des dialogues. L’un des coups de génie consiste à confier à la même comédienne le rôle “Little” Edie en 1973 et de sa mère Edith en 1941.

Si la production originale m’avait laissé sur une impression mitigée, cette première londonienne, à l’excellentissime Southwark Playhouse, m’a rendu nettement plus enthousiaste. Il y a plusieurs raisons à cela.

Avant tout, l’écoute du CD du spectacle m’a permis d’apprécier nettement mieux la qualité de la partition. Elle reste un peu trop hermétique à mon goût au deuxième acte, mais le premier acte, avec ses accents si typiques du début du 20e siècle, est absolument superbe. En l’occurrence, l’orchestre d’une dizaine de musiciens — une formation presque incroyable dans un aussi petit théâtre, avec sa trompette, son cor et ses deux bois — l’interprète de manière absolument somptueuse. D’autant que, du côté de la distribution, les voix sont magnifiques et que les ensembles les plus complexes sont impeccablement au point.

Ah, cette distribution ! Jenna Russell, dans le double rôle de la jeune Edith et de la vieille “Little” Edie est bluffante ; elle dépasse largement les souvenirs que j’ai gardés de la prestation originale de Christine Ebersole à Broadway. La légendaire Sheila Hancock lui donne magistralement la réplique dans le deuxième acte dans le rôle de la vieille Edith. Et tous les rôles secondaires sont merveilleusement interprétés, en particulier par Jeremy Legat dans le rôle du touchant George Gould Strong et l’excellent Aaron Sidwell, connu en Angleterre pour avoir longtemps joué dans la série télévisée EastEnders, qui joue avec beaucoup de charisme les deux rôles de Kennedy et de Jerry, le type un peu paumé qui sert d’homme à tout faire aux deux femmes dans les années 1970.

La mise en scène de Thom Southerland, le spécialiste anglais des petits espaces, est d’une beauté et d’une créativité remarquables. Le décor somptueux de Tom Rogers lui fournit un écrin particulièrement réussi.

Sauf erreur, les dernières œuvres créées de Scott Frankel sont le superbe Far From Heaven et la première version (bien meilleure que celle actuellement à l’affiche) de Finding Neverland. J’espère que l’occasion se présentera de découvrir d’autres compositions d’une aussi belle plume.

Comments

Thomas

Là tu me rassures car ta critique de 2007 m'avait surpris. C'est une oeuvre "madeleine" pour moi : je l'avais vue 4 fois lors de ma dernière semaine d'expatriation à NY. J'y retourne dans quelques jours avant la dernière.

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