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Posts from December 2015

“Singin’ in the Rain”

Théâtre du Châtelet, Paris • 30.12.15 à 20h
D’après le film de la MGM. Scénario et adaptation : Betty Comden & Adolph Green. Chansons : Nacio Herb Brown & Arthur Freed.

Mise en scène : Robert Carsen. Chorégraphie : Stephen Mear. Orchestre Pasdeloup, Stephen Betteridge. Avec Dan Burton (Don Lockwood), Daniel Crossley (Cosmo Brown), Clare Halse (Kathy Selden), Emma Kate Nelson (Lina Lamont), Robert Dauney (R. F. Simpson), Matthew Gonder (Roscoe Dexter), Emma Lindars (Dora Bailey / Miss Dinsmore), Matthew McKenna (Tenor), …

Je suis réellement impressionné par la progression que j’observe d’une visite à l’autre. J’ai encore remarqué quelques améliorations par rapport à la représentation du 24 décembre. Étant assis plus loin de la scène, j’ai aussi pu admirer dans de meilleures conditions le travail visuel de Carsen, notamment du côté des lumières, d’une remarquable efficacité, en particulier lors des transitions.

L’orchestre se distingue une fois encore : sa prestation à elle seule mérite le prix du billet.

Et c‘est cette fois quelques mesures de Stravinski que l’on entend pendant l’entracte.


“La Damnation de Faust”

Opéra-Bastille, Paris • 29.12.15 à 19h30
Hector Berlioz (1846). Poème : Berlioz & Almire Gandonnière, d’après Goethe (traduit par Nerval).

Orchestre de l’Opéra de Paris, Philippe Jordan. Mise en scène : Alvis Hermanis. Avec Sophie Koch (Marguerite), Bryan Hymel (Faust), Bryn Terfel (Méphistophélès), Edwin Crossley-Mercer (Brander).

J’ai une relation en dents de scie avec Berlioz, que je trouve ennuyeux à périr (sauf quand Gergiev sort la grosse artillerie)… mais j’avais réussi à m’intéresser à la Damnation de l’English National Opera en 2011 grâce à la direction musicale inspirée d’Edward Gardner, qui avait réussi à donner un peu de relief dramatique à la partition. Philippe Jordan, malheureusement, ne semble nullement animé d’une telle intention ; je m’ennuie tellement que je m’enfuis à l’entracte.

La mise en scène est pourtant intéressante. Sur le plan conceptuel, du moins — les références à Stephen Hawking et à la colonisation de Mars sont maniées avec pertinence. La réalisation, très statique, manque néanmoins de peps, avec des choristes à peine dirigés… ce qui contribue à l’impression générale de léthargie.


“Le Roi Carotte”

Opéra de Lyon • 27.12.15 à 16h
Offenbach (1872). Livret : Victorien Sardou, adapté par Agathe Mélinand.

Direction musicale : Victor Aviat. Mise en scène : Laurent Pelly. Avec Julie Boulianne (Robin-Luron), Yann Beuron (Fridolin XXIV), Christophe Mortagne (Le Roi Carotte), Boris Grappe (Truck), Jean-Sébastien Bou (Pipertrunck), Chloé Briot (Rosée-du-Soir), Antoinette Dennefeld (Cunégonde), Lydie Pruvot (Coloquinte), Thibault de Damas (Dagobert / Psitt), Brenton Spiteri (Maréchal Trac), Jean-Christophe Fillol (Comte Schopp), Romain Bockler (Baron Koffre).

L’Opéra de Lyon, dont la programmation est décidément d’une intelligence rare, propose de redécouvrir cette œuvre oubliée d’Offenbach, présentée selon diverses étiquettes : opérette, opéra-bouffe, … voire féerie, ce genre largement oublié, évoqué en bonne place parmi les cartouches du plafond du Théâtre du Châtelet.

Ce Roi Carotte conduit à s’interroger sur ce qui fait la longévité des œuvres, car il témoigne d’une veine créative apparemment inépuisable, du concept central (inspiré de E. T. A. Hoffmann) à la série de rebondissements déjantés plus savoureux les uns que les autres — j’avoue une faiblesse pour le tableau qui se déroule à Pompéi. C’est un univers parfaitement adapté à l’espièglerie naturelle d’un Laurent Pelly, manifestement dans son élément : certaines trouvailles visuelles (notamment la toute dernière image) sont véritablement géniales.

La partition n’est peut-être pas aussi inspirée que d’autres opus d’Offenbach, mais elle offre son lot de gourmandises. On ne sait pas très bien quelle proportion on en entend : la production originale, nous dit-on, durait six heures ; c’est “la version courte de 3h” qui est donnée, mais la représentation ne dure en réalité que 2h40. Mystère et boule de gomme.


“Singin’ in the Rain”

Théâtre du Châtelet, Paris • 24.12.15 à 20h
D’après le film de la MGM. Scénario et adaptation : Betty Comden & Adolph Green. Chansons : Nacio Herb Brown & Arthur Freed.

Mise en scène : Robert Carsen. Chorégraphie : Stephen Mear. Orchestre Pasdeloup, Stephen Betteridge. Avec Dan Burton (Don Lockwood), Daniel Crossley (Cosmo Brown), Clare Halse (Kathy Selden), Emma Kate Nelson (Lina Lamont), Robert Dauney (R. F. Simpson), Matthew Gonder (Roscoe Dexter), Emma Lindars (Dora Bailey / Miss Dinsmore), Matthew McKenna (Tenor), …

Quelle merveilleuse surprise ! Cette quatrième représentation que je vois est de loin la plus réussie. Tout a été resserré, optimisé : les comédiens disent leurs dialogues beaucoup plus rapidement (dans le cas d’Emma Kate Nelson, le progrès est saisissant) ; les transitions ont été raccourcies ; les saluts sont beaucoup plus courts (Dieu merci). Le spectacle, globalement, est maintenant très très au point. Par rapport à la toute première représentation du mois de mars, on a changé de monde.

La prestation de l’orchestre est éblouissante – et j’en profite d’autant plus que je suis idéalement placé, au premier rang du parterre. Le fait qu’il y ait un piano à queue dans la fosse rappelle le soin apporté par des formations comme le John Wilson Orchestra, qui sont malheureusement plus l’exception que la norme. Les cuivres et les vents sont merveilleux ; le percussionniste qui se tape les contre-chants en doubles croches au xylophone montre un engagement réjouissant ; et la semi-improvisation proposée au piano pendant le film muet est excellente.

Aucune production de Broadway ou du West End ne propose actuellement une prestation musicale aussi aboutie. Avec une distribution un peu plus charismatique, on atteindrait une sorte d’improbable nirvâna. Paris, capitale de la comédie musicale… Qui l’eût cru ? En tout cas, l’effet de la musique sur moi est clair : en sortant, je n’ai qu’une envie, revenir le plus vite possible.

Pendant l’entracte, on entend un trompettiste jouer la mélodie de “A Whole New World”. Inattendu à Paris.


“Lohengrin”

Concertgebouw, Amsterdam • 20.12.15 à 16h
Richard Wagner (1850)

Koninklijk Concertgebouworkest, Mark Elder. Mise en espace : Cecilia Thunnissen. Avec Klaus Florian Vogt (Lohengrin), Camilla Nylund (Elsa), Katarina Dalayman (Ortrud), Evgeny Nikitin (Telramund), Falk Struckmann (le Roi Heinrich), Samuel Youn (le Héraut du roi), …

Ce Lohengrin sera difficile à surpasser. Il devait originellement être dirigé par Andris Nelsons, dont les opéras en version concert de Birmingham avec le Birmingham Symphony Orchestra (Tristan und Isolde, Parsifal) font partie de mes meilleurs souvenirs musicaux. C’est finalement Mark Elder qui dirigeait le Concertgebouworkest dans cette aventure, mais le résultat fut absolument éblouissant.

Il faut dire que le format de la version concert, avec l’orchestre placé derrière les chanteurs, semble particulièrement adapté à l’épanouissement des multiples beautés de la partition. J’ai passé le concert à me pâmer devant tant de transcendance, portée notamment par des prestations incroyables des cuivres du Concertgebouworkest, individuellement et collectivement sublimes.

La distribution est magnifique, même si on a entendu de meilleures Ortrud et, peut-être, de meilleures Elsa. On sait désormais que Vogt semble né pour chanter Lohengrin, un personnage si joliment adapté à sa personnalité et à l’aura que projette sa voix. Les titulaires des autres rôles masculins sont plus éblouissants les une que les autres.

La mise en espace minimale mais efficace finit de donner de la consistance à une représentation splendide de bout en bout, dont on ressort transformé et heureux.


Concert Wiener Symphoniker / Janowki au Musikverein

Musikverein, Vienne • 19.12.15 à 19h30
Wiener Symphoniker, Marek Janowski

Schumann : symphonie n° 3
Wagner : extraits instrumentaux et scène finale de Götterdämmerung (Catherine Foster, soprano)

C’est une sorte de préfiguration du Bayreuth de 2016 que nous propose ce “concert de Noël” des Wiener Symphoniker, puisque c’est le même Marek Janowski qui sera alors dans la fosse du mythique festival et que c’est la même Catherine Foster qui interprète Brünnhilde sur la colline depuis 2013.

Après une belle “Rhénane” étonnamment digeste pour moi, la deuxième partie consacrée à Götterdämmerung m’enchante. Certes, les cuivres ne sont pas toujours parfaits… et l’acoustique du Musikverein demande un (long) temps d’adaptation à mes oreilles (on a parfois l’impression que l’orchestre joue depuis une salle voisine)… mais les dernières pages du Crépuscule sont admirablement interprétées. Les résolutions finales successives, que je reçois comme de véritables déchaînements lumineux, sont éblouissants de transcendance.

Une chose est sûre : Janowski possède une réelle affinité avec la musique de Wagner. Son approche est peut-être plus traditionnelle et moins ciselée que celle de Kirill Petrenko, mais elle donne une force remarquable à la musique. Vivement le mois d’août, que je puisse enfin voir et entendre le Götterdämmerung de Bayreuth.


“Show Boat”

Crucible Theatre, Sheffield • 12.12.15 à 19h15
Musique : Jerome Kern (1927). Livret & lyrics : Oscar Hammerstein II, d’après le roman de Edna Ferber.

Mise en scène : Daniel Evans. Direction musicale : David White. Avec Allan Corduner (Captain Andy), Gina Beck (Magnolia), Michael Xavier (Gaylord Ravenal), Rebecca Trehearn (Julie LaVerne), Sandra Marvin (Queenie), Emmanuel Kojo (Joe),...

À Sheffield aussi, on attend toujours avec une certaine trépidation l'annonce du spectacle choisi pour les fêtes de fin d’année. Les choix sont souvent moins traditionnels qu’à Leicester… mais, en l’occurrence, c’est l’une des œuvres fondatrices du genre que l’on est allé chercher avec le vénérable Show Boat.

L’une des caractéristiques de Show Boat, c’est que l’on n’en voit jamais deux fois la même version tant les variantes en sont nombreuses. La variété n’est jamais mauvaise à prendre et, en l’occurrence, on sent une volonté délibérée du metteur en scène Daniel Evans de donner plus de place aux personnages noirs.

C'est une belle production, construite autour d’un élégant décor de Lez Brotherston… peut-être un peu trop complexe techniquement puisqu’il provoque une interruption significative au milieu du deuxième acte.

Il y a une belle homogénéité d’ensemble, mais une homogénéité dans la moyenne plutôt que dans l’excellence. Tous s’acquittent avec professionnalisme de leurs rôles ; personne ne brille particulièrement. On est un peu déçu, par exemple, par le Ravenal de Michael Xavier, que l’on aurait imaginé plus charismatique a priori. C’est plutôt le sympathique Captain Andy de Allan Corduner qui emporte les suffrages pour son énergie et sa bonhomie.


“Oliver!”

Curve, Leicester • 12.12.15 à 14h15
Livret, musique et lyrics : Lionel Bart (1960), d’après Oliver Twist de Dickens.

Mise en scène : Paul Kerryson. Direction musicale : Ben Atkinson. Avec Peter Polycarpou (Fagin), Cat Simmons (Nancy), Oliver Boot (Bill Sikes), Albert Hart (Oliver), Kwame Kandekore (Artful Dodger), James Gant (Mr. Bumble), Jenna Boyd (Widow Corney), Jez Unwin (Mr. Sowerberry / Grimwig), Natalie Moore-Williams (Mrs. Sowerberry / Mrs. Bedwin), …

Comme c’est son habitude, le Curve de Leicester va puiser parmi les grands classiques du répertoire pour sa production de fin d’année. Et c’est une très belle réussite, peut-être parmi les plus belles productions vues à Leicester… à part peut-être une chorégraphie un peu trop déconnectée du ton de l’œuvre à mon goût.

On est tout particulièrement impressionné par le magnifique décor de Matt Kinley, à base de “maisons” qui se plient, se déplient et pivotent… l’une des techniques que je trouve les plus fluides visuellement. Les changements de lieu sont, du coup, un plaisir sans cesse renouvelé.

Belle distribution dans l’ensemble, même si Oliver Boot ne parvient pas complètement à donner toute la noirceur voulue au personnage de Bill Sikes. Et les nombreux enfants présents sur scène n’impressionnent pas non plus outre mesure, y compris le titulaire du rôle-titre ; son acolyte qui joue le rôle de Dodger n’est vraiment pas très inspiré. La production doit beaucoup à l’excellent Fagin de Peter Polycarpou, un comédien aux multiples talents, qui semble s’améliorer encore avec l’âge.

La qualité d’ensemble pourrait laisser imaginer un transfert à Londres… mais la capitale britannique a-t-elle vraiment besoin d’une nouvelle production de Oliver! ?


“A kékszakállú herceg vára” / “La Voix humaine”

Palais-Garnier, Paris • 10.12.15 à 20h30

Direction musicale : Esa-Pekka Salonen. Mise en scène : Krzysztof Warlikowsi.
Le Château de Barbe-Bleue, Béla Bartók (1918). Avec John Relyea (Le Duc Barbe-Bleue), Ekaterina Gubanova (Judith).
La Voix humaine, Francis Poulenc (1959). Avec Barbara Hannigan (Elle).

Délicieux couplage de deux des œuvres courtes les plus sublimes du répertoire, groupées dans une mise en scène commune donnée sans entracte. Le concept unificateur est cependant assez ténu, contrairement au couplage génial de la même Voix humaine avec Le Journal d’un disparu vu récemment à Venise.

Après un prologue sans parole au comique bien senti, la conception scénique très littérale du Château de Barbe-Bleue, qui puise largement dans les codes habituels de Warlikowski, affaiblit la tension dramatique plus qu’elle ne l’accompagne. La mise en scène de La Voix humaine, en revanche, est une franche réussite, en mettant en abyme avec une réelle inspiration visuelle la profondeur et la crudité du désespoir de la protagoniste. L’ajout d’un figurant représentant l’objet de son dépit amoureux n’ajoute cependant pas grand’ chose et permet surtout à Warlikowski de terminer sur un vrai-faux rebondissement relativement gratuit.

Excellent niveau du côté des interprètes, même si l’on doit avouer une faiblesse pour Barbara Hannigan, irrésistiblement habitée. Salonen traite sublimement les deux magnifiques partitions et l’on se pâme régulièrement devant tant de beauté. “Alors voilà…” : les derniers instants de La Voix humaine, en particulier, sont déchirants et continuent à me hanter bien après la fin de la représentation.


“Parsifal”

Teatro Colón, Buenos Aires • 4.12.15 à 20h
Wagner (1882)

Direction musicale : Alejo Pérez. Mise en scène : Marcelo Lombardero. Avec Christopher Ventris (Parsifal), Nadja Michael (Kundry), Stephen Milling (Gurnemanz), Ryan Mc Kinny (Amfortas), Héctor Guedes (Klingsor), Hernán Iturralde (Titurel), …

Le Teatro Colón était en travaux lorsque j’avais visité Buenos Aires il y a quelques années. J’avais réussi à obtenir quand même une visite privée des foyers, mais la salle elle-même n’était qu’un entrelacs d’échafaudages. Cette nouvelle production de Parsifal m’a fourni une excuse idéale pour découvrir enfin ce lieu mythique.

La mise en scène de Marcelo Lombardero est d’une belle inspiration. La lecture qu’elle propose, bien qu’elle ne soit pas particulièrement nouvelle, prend une résonance particulière dans le contexte économique actuel de l’Argentine : Klingsor y incarne un capitalisme triomphant et sans scrupule, tandis que les Chevaliers du Graal seraient les survivants d’un monde ancien qui meurt avec son industrie déclinante.

Les visuels, particulièrement léchés, s’appuient sur d’impressionnantes projections très travaillées… et la pièce atteint de ce point de vue deux apogées saisissants à la fin des premier et troisième actes, lorsque les Chevaliers se rassemblent dans ce qui ne peut être décrit que comme une imposante cathédrale industrielle. Le traitement visuel de ces deux épisodes est d’une inspiration exemplaire et d’une force confondante.

Distribution de très haut vol. Le Gurnemanz de Stephen Milling projette un superbe mélange d’autorité et d’intériorité. L’Amfortas de Ryan Mc Kinny est d’un charisme quasiment christique… aidé en cela par la mise en scène. La Kundry de Nadja Michael (qui remplace Iréne Theorin, initialement annoncée) manque peut-être un peu de complexité mais, malgré un démarrage un peu laborieux, elle propose un acte II d’une fougue admirable.

Seule la prestation orchestrale laisse une impression mitigée. Il existe pourtant une vieille tradition wagnérienne au Teatro Colón mais, malgré de très belles pages, certains passages donnent un sentiment d’inconfort. Les cors et les trompettes, en particulier, connaissent des faiblesses à répétition. Curieusement, Pérez adopte un tempo d’ensemble assez lent alors qu’il peine par ailleurs à obtenir de l’orchestre une réelle continuité dans la tension dramatique.

Et le Teatro Colón ? Il est effectivement somptueux mais, comme beaucoup de choses à Buenos Aires, il dégage une curieuse impression un peu fantomatique. Une fois passés les deux imposants huissiers en livrée de velours rouge, on est frappé par le manque d’animation dans les foyers. Le théâtre semble pourtant assez plein, mais les spectateurs des étages supérieurs, qui entrent par un accès séparé, n’ont pas le droit de descendre. On se demande un peu où passent les spectateurs pendant les entractes tant le magnifique Salon Dorado est désert. Peut-être se précipitent-ils tous à la Confitería ? L’impression qui en résulte n’est pas sans rappeler celle que l’on peut éprouver parfois dans certains opéras de province en France. Il manque quelque chose.


“Cats”

Théâtre Mogador, Paris • 1.12.15 à 20h
Musique : Andrew Lloyd Webber (1981). Lyrics : T. S. Eliot & Trevor Nunn. Livret : Andrew Lloyd Webber, Trevor Nunn & Gillian Lynne, d’après Old Possum’s Book of Practical Cats de T. S. Eliot. Adaptation française : Nicolas Nebot et Ludovic-Alexandre Vidal.

Mise en scène : Trevor Nunn. Chorégraphie : Gillian Lynne. Direction musicale : Graham Hurman. [Je ne reprends pas la distribution ; le programme est assez mal fichu.]

Retour à Paris de l’un des plus gros succès de l’histoire de la comédie musicale. Je n'ai pas grand’ chose à ajouter à ce que j’avais écrit après avoir revu le spectacle à Londres il y a un an : il y a des moments fort séduisants et d’autres beaucoup plus laborieux dans ce collage hétéroclite de poèmes surréalistes mis en musique avec un bonheur variable. Je ne suis toujours pas convaincu par l’opportunité de “moderniser” la pièce en y insérant un séquence hip-hop. Une conversation aléatoire avec un spectateur voisin à l’entracte me conforte dans cette impression.

La distribution parisienne me semble globalement plus convaincante que celle de Londres car elle parvient à conserver une forme de fraîcheur un peu naïve là où les comédiens londoniens donnaient l’impression de rechercher en vain une profondeur cruellement absente.

Le plaisir que je ressens pendant mes passages préférés est à peu près équivalent à l’ennui que m’inspirent les pages les plus laborieuses. C’est néanmoins globalement un joli spectacle de nature à ravir petits et grands.