Concert Orchestre National du Capitole de Toulouse / Sokhiev à Pleyel
“Dialogues des Carmélites”

“Miss Saigon”

Prince Edward Theatre, Londres • 7.6.14 à 14h30
Musique : Claude-Michel Schönberg. Lyrics : Alain Boublil & Richard Maltby, Jr. Livret : Alain Boublil & Claude-Michel Schönberg.

Mise en scène : Laurence Connor. Direction musicale : Alfonso Casado Trigo. Avec Jon Jon Briones (The Engineer), Eva Noblezada (Kim), Alistair Brammer (Chris), Tamsin Carroll (Ellen), Hugh Maynard (John), Kwang-Ho Hong (Thuy), Rachelle Ann Go (Gigi), …

SaigonLa production originale de Miss Saigon avait plus de onze ans lorsqu’elle ferma ses portes au Theatre Royal Drury Lane de Londres en janvier 2001. Treize ans plus tard, voici qu’une nouvelle production ouvre ses portes… cette fois au Prince Edward Theatre, un autre théâtre magnifique… où fut d’ailleurs représentée une autre comédie musicale de Boublil & Schönberg, Martin Guerre, une œuvre à mon sens injustement boudée par le public et par la critique.

C’est Laurence Connor, l’artisan de la superbe nouvelle version de Les Misérables, qui est le maître d’œuvre de cette nouvelle production. J’en avais eu un aperçu récemment à Utrecht, où elle a été mise au point tranquillement en attendant de s’installer à Londres. Mais je ne m’attendais pas à être autant bouleversé par la qualité de la représentation.

C’est avant tout un spectacle magnifique qui nous est présenté au Prince Edward Theatre, un tour de force visuel qui — comme me le faisait remarquer l’ami avec qui j’ai assisté à la représentation, plus habitué à l’opéra qu’à la comédie musicale — laisse rêveur quant à ce qu’on ose encore appeler “mise en scène” sur la plupart des scènes d’opéra mondiales.

Les visuels de cette nouvelle production sont un véritable enchantement et la fluidité parfaite des enchaînements, d’autant plus spectaculaires que la scène peut être plongée dans une pénombre totale sans aucune lumière parasite — un exploit presque jamais égalé à une époque où le moindre équipement possède un témoin de fonctionnement lumineux —, est une source permanente d’émerveillement. Les lumières de Bruno Poet sont sublimes, les effets sonores sont utilisés avec inventivité et les deux pièces-maîtresses du deuxième acte — l’hélicoptère et la cadillac — sont bien présentes (l’hélicoptère était remplacé par une projection à Utrecht).

Mais c’est la qualité de l’interprétation qui fait la différence. Aucune comparaison possible avec Utrecht de ce point de vue : les chanteurs de cette version londonienne atteignent collectivement des sommets vertigineux (à l’exception peut-être de Tamsin Carroll, dont la Ellen n’est pas inoubliable). On se régale d’assister à la rencontre de talents aussi différents que l’Engineer complexe et attachant de Jon Jon Briones (qui a joué le rôle un peu partout, y compris dans la production originale dans ses dernières années) et la Kim charismatique de l’excellente Eva Noblezada, aussi fraîche et touchante que pouvait l’être la désormais légendaire Lea Salonga dans la production originale.

La musique est interprétée magnifiquement… et la perfection de la prise de son permet d’apprécier comme jamais les subtilités fascinantes des orchestrations de William David Brohn, qui introduisent de subtiles couleurs orientales dans une musique qui reste fondamentalement occidentale. On apprécie aussi tout particulièrement d’entendre chaque mot avec une clarté totale, même dans les passages à plusieurs voix. Chapeau à Mick Potter : je crois n’avoir jamais entendu une conception sonore aussi parfaite.

C’est le plus beau cadeau que l’on puisse faire à cette œuvre touchante et sincère : une production qui atteint des sommets sur absolument tous les critères d’appréciation. On espère que c’est reparti pour une bonne dizaine d’années.

Comments

Chris

Bonjour,

Savez vous où se placer dans le théatre pour bénéficier du meilleur son possible ?

Laurent

> Avec les moyens techniques modernes, je pense que le son est excellent partout. J’étais au rang R de l’orchestre et c’était parfait. Un ami était au premier rang du premier balcon et a trouvé le son parfait également.

Chris

D'accord. Je vous remercie !

Chris

J'ai pu voir Miss Saigon 2 fois ces dernieres semaines et je partage pleinement votre critique avec une mention toute particulière à Kwang-Ho Hong (Thuy) charismatique, très bon comédien et chanteur. Une forte impression.

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