Concert Concertgebouworkest / Jansons à Barbican Hall
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“Thérèse Raquin”

Finborough Theatre, Londres • 5.4.14 à 15h
Musique : Craig Adams. Livret et lyrics : Nona Sheppard, d’après le roman d’Émile Zola.

Mise en scène : Nona Sheppard. Direction musicale : James Simpson. Avec Julie Atherton (Thérèse), Tara Hugo (Madame Raquin), Jeremy Legat (Camille), Ben Lewis (Laurent), …

RaquinCe n’est pas la première fois que le roman d’Émile Zola inpire une comédie musicale. On se souvient du Thou Shalt Not de Harry Connick Jr., qui transposait l’histoire à la Nouvelle Orléans, qui ne tint l’affiche que quelques mois à Broadway en 2001.

Verdict partagé : l’entreprise est ambitieuse pour un aussi petit théâtre, et on ne peut qu’admirer la façon dont le magnifique décor de Laura Cordery évoque la mercerie sombre et cafardeuse de Madame Raquin. Le besoin viscéral de Thérèse d’échapper à son étouffant ennui est clairement dépeint, mais sans réelle subtilité. Et la culpabilité des amants après qu’ils se sont débarrassés du mari encombrant est un peu vite expédiée.

C’est le ton du récit et de la partition qui ne convainc pas. Dès les premières minutes, les auteurs adoptent un style grave, austère… celui de la tragédie — les personnages se regroupent d’ailleurs régulièrement en une sorte de chœur grec. Le ton est chargé de pathos, l’expression sombre régulièrement dans le grandiloquent.

Je n’arrivais pas à saisir ce que chantaient les comédiens au début de la pièce. Vérification faite, c’était “Sang et nerfs” (en français), une allusion directe au roman (“L’amant donnait de son sang, l’amante de ses nerfs…”), mais au service d’une scène d’exposition pas très réussie qui présente Thérèse et Laurent comme “deux animaux humains parmi tant d’autres”… une scène reprise à la fin pour conclure la pièce sur un procédé vu trop souvent pour qu’il conserve encore de son attrait.

La plupart des comédiens sont excellents, en particulier la Madame Raquin de Tara Hugo, dont les yeux sont superbement expressifs. Ils sont également tous très bons chanteurs car la partition, qui multiplie les harmonies tordues et les polyphonies chargées, est pour le moins exigeante.

S’il est indéniable que la partition est l’œuvre d’un musicien éclairé, elle est aussi nettement trop tortueuse à mon goût. Cette façon d’éviter systématiquement tout ce qui pourrait apparaître comme de la facilité (qui rappelle tant les éternels “jeunes compositeurs de Broadway”) finit par lasser… et la monotonie du ton, qui ne se départit jamais d’une forme de solennité, dessert la pièce en la privant d’un forme d’équilibre qui ne lui ferait pas de mal.

Beaucoup de talent, donc, mais un résultat mitigé pour le moins.

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