“Die Walküre”
Concert ONF / Gatti au TCE

“Zelda et Scott”

Théâtre La Bruyère, Paris • 24.9.13 à
Renaud Meyer

Mise en scène : Renaud Meyer. Avec Sara Giraudeau (Zelda), Julien Boisselier (F. Scott Fitzgerald), Jean-Paul Bordes (Hemingway) et le Manhattan Jazz Band : Xavier Bornens (trompette), François Fuchs (contrebasse), Aidje Tafial (batterie).

ZeldaCouple mythique du Jazz Age, Scott et Zelda Fitzgerald brûlaient la vie par les deux bouts, l’un allant chercher dans l’alcool qui allait le tuer la légèreté nécessaire à sa plume tandis que l’autre s’enfonçait lentement dans la folie. Aussi romanesques que les personnages des romans de Scott, ils ont inspiré de nombreux romans, films et pièces de théâtre… dont une comédie musicale assez réussie intitulée The Beautiful and the Damned, créée à Londres il y a une dizaine d’années.

La pièce que leur consacre Renaud Meyer est remarquable. Son écriture révèle à la fois un solide sens de la construction et un talent rare pour “sonner juste” : le texte coule, léger et profond à la fois, avec une belle sensibilité au rythme et à l’euphonie. Il donne vie à Zelda et Scott avec une remarquable économie de moyens, sans jamais céder à la facilité.

La pièce inclut de délicieux intermèdes musicaux évocateurs des années 1920, qui contribuent à établir ce climat d’insoutenable légèreté qui sous-tend la pièce.

Distribution de rêve : Sara Giraudeau et Julien Boisselier sont saisissants dans les deux rôles principaux et Jean-Paul Bordes donne une belle présence au personnage plus grave d’Hemingway. Petit miracle : la façon de dire le texte est totalement naturelle, totalement dépourvue de cette curieuse emphase artificielle qui pollue la diction de tant de comédiens français, un hommage à la qualité du texte de Meyer et sans doute aussi à ses talents de metteur en scène.

Giraudeau se sort avec les honneurs d’une longue et belle scène de folie qui aurait fait trébucher plus d’une comédienne. Elle confirme la bonne impression qu’elle m’avait inspirée dans Colombe.

Un nom présent sur l’affiche aurait suffi à lui seul à me donner envie de voir la pièce : celui de Jean-Marc Stehlé, décorateur de génie, qui démontre une fois encore l’étendue infinie de son talent. Stehlé est le roi de la plasticité et de la métamorphose : la petite taille du théâtre, loin de le décourager, le force à être encore plus créatif.

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