“The Full Monty”
“Parsifal”

“Manon Lescaut”

Semperoper, Dresde • 4.5.13 à 19h
Puccini (1893). Livret : c’est compliqué… d’après L’Abbé Prévost.

Direction musicale : Asher Fisch. Mise en scène : Stefan Herheim. Avec Norma Fantini (Manon Lescaut), Christoph Pohl (Lescaut), Thiago Arancam (Renato des Grieux), Maurizio Muraro (Geronte di Ravoir), Giorgio Berrugi (Edmondo), …

ManonStefan Herheim est devenu pour moi depuis quelque temps le metteur en scène à suivre. Après son Parsifal de Bayreuth, son Eugène Onéguine d’Amsterdam, sa Bohème d’Oslo, sa Rusalka de Bruxelles, je guette avec trépidation chacune de ses nouvelles aventures. Je ne prétendrai pas avoir compris tous les aspects de sa mise en scène de Manon Lescaut, qui repose sur un triangle étonnant constitué de Puccini lui-même (un rôle muet), un des Grieux qui, tel Bartholdi, est en train de concevoir la Statue de la Liberté (magnifique décor de Heike Scheele)… et une Manon qui semble être restée dans son époque originelle.

Mais ce n’est pas que sur scène que Puccini est mis en valeur. L’orchestre mené par Asher Fischer (décidément génial dans Puccini — sa Bohème du TCE était incandescente) fait des merveilles avec l’une des plus belles partitions du répertoire, remarquable pour son inspiration mélodique et harmonique autant que pour les trouvailles de son instrumentation ou encore son irrésistible intensité dramatique. Je trouve le génie musical de Puccini sous-estimé… il y a même dans la musique de Manon Lescaut une préfiguration du thème de Star Wars.

Le sublime Intermezzo qui sert normalement de jointure entre l’acte 2 et l’acte 3 a été transformé en ouverture (par Christian Thielemann, qui dirigeait la première). On sent bien qu’il n’a rien à faire là, mais la musique en est tellement magnifique qu’on s’en fiche éperdument. Le sommet musical de la représentation est le défilé des courtisanes qui embarquent à l’acte 3 : la stratification de la musique et des voix en est aussi virtuose que fascinante… et l’expérience fut d’autant plus réussie que le chœur était impeccable.

Distribution contrastée : Norma Fantini a une voix un peu “lourde” pour le rôle, mais au moins elle assure dans les climax ; Thiago Arancam a fait faire une annonce avant la représentation (enfin je pense que c’était pour lui, je n’ai rien compris)… et, effectivement, la voix était fatiguée et régulièrement couverte par l’orchestre, même si Asher Fisch se montrait particulièrement attentif à son égard. Les seconds rôles sont, quant à eux, globalement solides.

Quelques photos de Dresde ici.

Comments

Verify your Comment

Previewing your Comment

This is only a preview. Your comment has not yet been posted.

Working...
Your comment could not be posted. Error type:
Your comment has been saved. Comments are moderated and will not appear until approved by the author. Post another comment

The letters and numbers you entered did not match the image. Please try again.

As a final step before posting your comment, enter the letters and numbers you see in the image below. This prevents automated programs from posting comments.

Having trouble reading this image? View an alternate.

Working...

Post a comment

Comments are moderated, and will not appear until the author has approved them.

Your Information

(Name and email address are required. Email address will not be displayed with the comment.)