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Posts from January 2013

Musique de chambre à Pleyel

Salle Pleyel, Paris • 30.1.13 à 20h

Rachmaninov : Trio élégiaque pour piano, violon et violoncelle n° 1
Chostakovitch : Trio pour piano, violon et violoncelle n° 2
(Denis Matsuev, piano ; Vadim Repin, violon ; Alexander Kniazev, violoncelle)

Bartók : Quintette pour piano et cordes
(Denis Matsuev, piano ; Vadim Repin, Valeriy Sokolov, violons ; Julia Deyneka, alto ; Alexander Buzlov, violoncelle)

Drôle de concert… J’étais un peu trop fatigué pour profiter vraiment de la première partie. L’attrait de la deuxième partie étant la découverte d’une œuvre de jeunesse de Bartók, ce quintette qui semble vouloir emprunter à tous les compositeurs romantiques pour construire un édifice pas forcément très homogène, mais plein de clins d’œil un peu espiègles.


“Das Rheingold”

Opéra Bastille, Paris • 29.1.13 à 19h30
Wagner (1869)

Direction musicale : Philippe Jordan. Mise en scène : Günter Krämer. Avec Thomas Johannes Mayer (Wotan), Samuel Youn (Donner), Bernard Richter (Froh), Kim Begley (Loge), Peter Sidhom (Alberich), Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Mime), Lars Woldt (Fasolt), Günther Groissböck (Fafner), Sophie Koch (Fricka), Edith Haller (Freia), Qiu Lin Zhang (Erda), Caroline Stein (Woglinde), Louise Callinan (Wellgunde), Wiebke Lehmkuhl (Flosshilde).

RheingoldFinalement, la meilleure façon de se ménager de bonnes surprises, c’est de retourner voir des mises en scène dont on avait oublié à quel point on les avait appréciées afin de revivre le plaisir qu’on avait pris à les découvrir. La Tétralogie de Krämer pour l’Opéra Bastille a des hauts et des bas, mais ce Rheingold est d’excellente facture… d’autant plus apparente dans cette reprise que la réalisation m’en semble supérieure à celle de la création.

Par contraste à ce que j’écrivais en mars 2010, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher cette fois à la direction musicale de Philippe Jordan, d’autant que l’orchestre semblait en petite forme. Mais j’ai en revanche redécouvert avec plaisir la succession de visuels inspirés qui jalonnent ce premier volet d’un Ring que je n’ai pas prévu a priori d’aller revoir dans son intégralité.

Excellente distribution, constituée presque exclusivement de grands habitués de leurs rôles. J’ai été curieusement beaucoup moins convaincu par la Fricka de Sophie Koch que lors de la création. Mention très spéciale en revanche pour le Fafner absolument sublime de Günther Groissböck.


“Dialogues des Carmélites”

Opéra de Toulon • 27.1.13 à 14h30
Francis Poulenc (1957)

Direction musicale : Serge Baudo. Mise en scène : Jean-Philippe Clarac et Olivier Delœuil. Avec Ermonela Jaho (Blanche de la Force), Nadine Denize (Madame de Croissy), Angeles Blancas Gulin (Madame Lidoine), Sophie Fournier (Mère Marie de l’Incarnation), Viriginie Pochon (Sœur Constance), Laurent Alvaro (le Marquis de la Force), Stanislas de Barbeyrac (le Chevalier de la Force), Olivier Dumait (L’Aumônier), …

DialoguesUne mise en scène sans génie mais sans sans audace déplacée du chef d’œuvre de Poulenc. On aimerait néanmoins que les bouts de concepts semés aux quatre vents (le musée, les cailloux) soient mis au service d’une vision compréhensible.

Sur le plan musical aussi, la réalisation est sans génie particulier. L’orchestre est placé sous la direction du vénérable Serge Baudo, qui avait déjà l’air bien vieux lorsque je le voyais diriger l’Orchestre de Lyon il y a trente ans. Le rôle de Madame de Croissy est confié à Nadine Denize, inconsidérément tirée d’une retraite bien méritée après une belle carrière à l’Opéra de Paris. J’aime beaucoup Ermonela Jaho depuis que je l’ai vue en Violetta à Londres et en Manon à Marseille. Sa voix, malheureusement, semble déjà un peu fatiguée… et le vibrato s’est considérablement élargi. Jolies prestations dans les seconds rôles, avec notamment le Marquis exceptionnel de Laurent Alvaro.


“Street Scene”

Théâtre du Châtelet, Paris • 25.1.13 à 20h
Musique : Kurt Weill (1946). Livret : Elmer Rice, d’après sa pièce. Lyrics : Langston Hughes.

Mise en scène : John Fulljames. Orchestre Pasdeloup, Tim Murray. Avec Geof Dolton (Frank Maurrant), Sarah Redgwick (Anna Maurrant), Susanna Hurrell (Rose Maurrant), Paul Curievici (Sam Kaplan), Robert Burt (Lippo Fiorentino), Simone Sauphanor (Greta Fiorentino), Margaret Preece (Emma Jones)…

StreetsceneJ’avais déjà eu l’occasion de décrire mon émerveillement devant cette géniale production du chef d’œuvre de Kurt Weill lorsque je l’avais vue au Young Vic de Londres en juillet 2008. C’est une version légèrement modifiée que le Châtelet a l’excellente idée de nous présenter… et le constat s’impose à nouveau : Street Scene est un chef d’œuvre de toute première amplitude, y compris à l’aune des canons de la musique “sérieuse”.

L’Orchestre Pasdeloup démontre une belle versatilité en s’immergeant dans cette partition aux multiples facettes, traversée par un swing irrésistible. Distribution irréprochable, dominée par la Anna digne et charismatique de Sarah Redgwick.

On n’a qu’une envie en sortant : y retourner.


Concert Orchestre de chambre de Paris au TCE

Théâtre des Champs-Élysées, Paris • 22.1.13 à 20h
Orchestre de chambre de Paris, Thomas Zehetmair

Poulenc :
Suite française
Concert champêtre pour clavecin et orchestre
(Andreas Staier, clavecin)
Escaich : Préludes symphoniques, création
Dvořák : symphonie n° 7 

ZehetmairMalgré le plaisir d’entendre les charmantes compositions de Poulenc et la création d’Escaich (qui lorgne avec un certain bonheur en direction de la musique de film), le concert est rendu bien désagréable par le massacre auquel se livre Thomas Zehetmair à l’encontre de la pauvre symphonie de Dvořák, qui ne méritait pas un sort aussi cruel. Des atroces articulations “croche pointée double” jouées comme au conservatoire jusqu’au mille-feuilles indigeste résultant de l’absence totale de hiérarchisation des plans sonores en passant par le refus maladif de céder à la moindre tentation romantique, rien ne lui est épargné. Thomas Zehetmair : un nom à fuir.


“My Fair Lady”

Crucible Theatre, Sheffield • 19.1.13 à 19h30
Musique : Frederick Loewe (1956). Livret et lyrics : Alan Jay Lerner, d’après Pygmalion de George Bernard Shaw.

Mise en scène : Daniel Evans. Direction musicale : Nigel Lilley. Avec Carly Bawden (Eliza Doolittle), Dominic West (Henry Higgins), Anthony Calf (Pickering), Nicolas Sloane (Mrs. Pearce), Richenda Carey (Mrs. Higgins), Martyn Ellis (Alfred P. Doolittle), Louis Maskell (Freddy Eynsford-Hill), Laura Medforth (Mrs. Eynsford-Hill), …

FairUne nouvelle production de My Fair Lady n’est certes pas une rareté, mais lorsqu’elle est montée par le Crucible Theatre de Sheffield, qui propose toujours des spectacles de qualité, il y a matière à se réjouir. D’autant que le rôle du Professeur Higgins est confié à l’excellent Dominic West, l’un des personnages principaux de la série The Wire, déjà vu sur scène à Londres en 2011.

On passe un excellent moment. Le metteur en scène, Daniel Evans, a dirigé la pièce avec finesse comme la comédie légère qu’elle devrait toujours être. Du coup, le personnage de Doolittle, qui porte parfois sur lui par défaut une bonne partie des ambitions comiques de la pièce, redeviendrait presque supportable. On est conquis par le Higgins de Dominic West et par la Eliza de Carly Bawden, qui ont tous les deux du charme à revendre.

Malgré l’orchestre réduit, la partition de Frederick Loewe est très joliment mise à l’honneur. La prise de son semble favoriser particulièrement la flûte, dont la contribution aux orchestrations est un enchantement permanent.


Le nouveau spectacle de Christelle Chollet

Théâtre de la Renaissance, Paris • 16.1.13 à 20h30

CholletElle a une voix impressionnante, de l’énergie à revendre et un auteur/metteur en scène plein d’idées. Après avoir tourné pendant plusieurs années un show consacré à Piaf, Christelle Chollet revient avec un spectacle peut-être moins pointu mais complètement réjouissant. La petite astuce de mise en scène qu’il serait inopportun de révéler mérite à elle seule une petite dose de respect.


Concert Budapesti Fesztiválzenekar / Iván Fischer au Concertgebouw

Concertgebouw, Amsterdam • 13.1.13 à 20h15
Budapesti Fesztiválzenekar (Orchestre du Festival de Budapest), Iván Fischer

Chostakovitch : Suite de jazz
Bernstein : Serenade (Liza Ferschtman, violon)
Rachmaninov : symphonie n° 2 

FerschtmanSuperbe concert : un quatuor de clarinettes et saxophones accompagné d’une contrebasse attaque un arrangement bondissant de “Lady Be Good!” tandis que les musiciens prennent place sur scène dans une bonne humeur évidente. Et l’orchestre attaque la Suite de jazz tout seul tandis qu’Iván Fischer descend le majestueux escalier du Concertgebouw.

“Always in a festive mood”, c’est la devise inscrite sous le logo de l’orchestre. Et c’est exactement l’esprit dans lequel s’est déroulé le concert, même si la magnifique mais exigeante Serenade de Bernstein, très joliment interprétée par Liza Ferschtman, possède également des passages d’une intériorité bouleversante.

La symphonie de Rachmaninov est interprétée de manière somptueuse, dans un déferlement de sonorités magnifiques et avec un enthousiasme communicatif.


“Einstein on the Beach”

Het Muziektheater, Amsterdam • 12.1.13 à 18h30

Musique et lyrics : Philip Glass. Mise en scène : Robert Wilson. Chorégraphie : Lucinda Childs. Direction musicale : Michael Riesman. Avec Helga Davis, Kate Moran, Antoine Silverman, The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass Ensemble.

EinsteinJ’avais vu cette nouvelle production du mythique opéra de Philip Glass à Londres en mai 2012, mais j’avais dû m’éclipser avant la fin, à mon grand regret. J’ai donc profité de l’étape amstellodamoise du spectacle pour aller le revoir et, confortablement installé dans mon fauteuil fétiche du troisième rang d’orchestre, je me suis laissé aller à nouveau à la contemplation de cette œuvre unique et fascinante.

Einstein on the Beach n’est pas véritablement un opéra, même si l’aria “Bed” du quatrième acte est d’un lyrisme bouleversant. Les moments d’émerveillement visuel abondent, notamment lors des tableaux chorégraphiques de Lucinda Childs, réglés avec une précision d’autant plus fascinante qu’ils paraissent guidés par le hasard. Ils sont d’une beauté confondante et constituent pour moi les sommets de la représentation.

Le tableau “Spaceship”, que je n’avais pas vu à Londres, couronne parfaitement le spectacle. Difficile, après ça, de terminer de manière convaincante. C’est ce que cette production réussit le moins bien, mais je n’ai pas vu le temps passer du tout.

On entend beaucoup parler français dans la salle : le spectacle, aux dernières nouvelles, n’a toujours pas prévu d’étape parisienne…


“La Cage dorée”

Publicis Cinémas, Paris • 10.1.13 à 20h30 (avant-première)

Ruben Alves (2013). Avec Rita Blanco, Joaquim de Almeida, Roland Giraud, Chantal Lauby, Jacqueline Corado, Maria Vieira, Barbara Cabrita, Lannick Gautry, Jean-Pierre Martins, Alex Alves-Pereira, Nicole Croisille.

CageGros plan sur un couple portugais installé depuis longtemps à Paris : elle est gardienne d’immeuble dans les quartiers chics, il travaille comme contremaître dans le bâtiment. De manière inattendue, l’opportunité se présente de retourner “au pays”. Un rêve qui se réalise enfin ?

Le film de Ruben Alves (qui sortira en mai prochain) possède la force des histoires qui viennent du cœur. Le scénario équilibre avec bonheur nostalgie et humour, tandis que Rita Blanco et Joaquim de Almeida sont proprement irrésistibles dans les deux rôles principaux. Belle distribution secondaire, au sein de laquelle on doit avouer une faiblesse coupable pour Chantal Lauby, dont chaque réplique fait mouche avec une parfaite régularité.

Seule faiblesse du film : son titre, qui en dit beaucoup trop.


L’intégrale Chostakovitch du Mariinsky / Gergiev (1/3)

Salle Pleyel, Paris • 7.1.13 et 8.1.13 à 20h
Orchestre du Théâtre Mariinsky, Valery Gergiev

Chostakovitch :

Lundi 7.1.13
– symphonies n° 1 et 2
– concerto pour piano n° 2 (Denis Matsuev, piano)
– symphonie n° 15

Mardi 8.1.13
– symphonie n° 3
– concerto pour violoncelle n° 2 (Mario Brunello, violoncelle)
– symphonie n°13 (Mikhail Petrenko, basse)

GergievGergiev s’est lancé dans une intégrale des symphonies et concertos de Chostakovitch avec son orchestre du Mariinsky, qui s’achèvera en février de l’année prochaine. À en juger par ces deux premiers concerts, cette série s’annonce exceptionnelle, avec des interprétations d’une intimité et d’une intensité parfaitement irrésistibles.

Les symphonies de jeunesse bénéficient d’interprétations d’autant plus captivantes qu’elles sont guidées par une compréhension manifeste de leur propos et de leur histoire. Si on a la confirmation que le deuxième concerto pour violoncelle est difficile d’accès, Denis Matsuev transcende le deuxième concerto pour piano grâce à un jeu électrique, d’une virtuosité époustouflante, qui n’exclut nullement un instinct irréprochable face aux pages les plus romantiques.

Les grandes symphonies sont passionnantes, avec une quinzième qui allie exquisément légèreté et gravité, tandis que la treizième bénéficie de la belle intensité introspective d’un Mikhail Petrenko au sommet de son art.


L’expo Hopper au Grand Palais

Grand-Palais, Paris • 6.1.13 à 19h30

HopperBelle rétrospective, aussi captivante que celle que j’avais vue à la Tate Modern en août 2004. Hopper reste pour moi avant tout un peintre de la solitude, une solitude d’autant plus paradoxale et fascinante qu’elle se vit au cœur de la ville ou de lieux normalement associés à la foule, comme le théâtre.


Le concert Wagner du Philhar / Janowski (2/2)

Salle Pleyel, Paris • 6.1.13 à 16h
Orchestre Philharmonique de Radio-France, Marek Janowski

Wagner :
Parsifal : Enchantement du Vendredi Saint (Stephen Gould, Parsifal ; Albert Dohmen, Gurnemanz)
Siegfried Idyll
Götterdämmerung : Voyage de Siegfried sur le Rhin, Marche funèbre et Immolation de Brünnhilde (Violeta Urmana)

JanowskiUn concert au programme extrêmement séduisant (et de longueur idéale), fort bien réalisé. On débute très fort avec un "Vendredi saint" interprété magnifiquement par Albert Dohmen et Stephen Gould. Siegfried Idyll se perd un peu dans la guimauve, mais ce sont les arrangements de Wagner qui en sont principalement responsables.

Les trois extraits de Götterdämmerung qui composent la deuxième partie sont très intéressants à comparer. Janowski laisse aux solistes le temps de poser leurs traits sans trop de rigueur métronomique dans les deux extraits instrumentaux, ce qui contribue de manière significative à faire monter la tension, même si quelques respirations supplémentaires auraient sans doute permis de mieux laisser s'installer le climat dramatique (ce sont les silences qui font tout dans la Marche funèbre).

Malheureusement, dans la scène de l'immolation de Brünnhilde, Janowski redevient beaucoup plus rigide, en mode "accompagnement"... face à une Urmana à la voix brillante, trop brillante : sa Brünnhilde ne montre aucun signe de cet état d'exaltation qui marque son personnage à la fin de Götterdämmerung, alors qu'elle s'apprête à réaliser — enfin — un destin qui s'annonce depuis des heures. Je ne pense pas qu'on puisse donner à ce tableau l'intensité qu'il mérite en l'interprétant fraîche comme un gardon, en sortant de sa loge. (Je veux bien reconnaître qu’Urmana n'y peut pas grand' chose.)

J'étais venu sans préconception, mais ces deux concerts Wagner démontrent finalement à quel point le compositeur avait conscience d'écrire pour la scène. Même avec un orchestra en grande forme, une interprétation en concert ne peut qu'approximer de manière imparfaite l'intensité des situations et des sentiments.


“Scrooge the Musical”

London Palladium, Londres • 5.1.13 à 19h30
Livret, musique et lyrics : Leslie Bricusse, d’après la nouvelle de Dickens. 

Mise en scène : Bob Tomson. Direction musicale : Stuart Pedlar. Avec Tommy Steele (Scrooge), Edward Handoll (Bob Cratchit), Barry Howard (Jacob Marley), Sarah Earnshaw (Ghost of Christmas Past), James Head (Ghost of Christmas Present), Leon Kay (Ghost of Christmas Yet to Come), …

CarolJ’avais déjà vu cette comédie musicale inspirée de la célébrissime nouvelle de Dickens, A Christmas Carol, en 1996. Mais c’était alors Anthony Newley, le vieux complice de Leslie Bricusse, qui tenait le rôle-titre. C’est aujourd’hui le tout aussi célèbre Tommy Steele (connu notamment pour la comédie musicale Half a Sixpence) qui occupe la tête d’affiche à l’occasion d’une série limitée de représentations.

J’ai hésité à assister à ce spectacle car Steele m’avait laissé une impression très mitigée à l’occasion d’un one-man show auquel j’avais assisté en 1995. Il est normal qu’une star ait un égo distendu, mais le sien m’avait paru hors de contrôle. Mais j’ai été fort agréablement surpris : Steele est un Scrooge assez idéal, et il s’abstient fort sagement de clins d’œil déplacés au public.

Le spectacle, qui est identique à celui que j’ai vu en 1996, est très distrayant, avec notamment des effets spéciaux fort bien réussis. La partition de Leslie Bricusse est pleine de charme : elle convient idéalement à cette belle histoire de Noël, universellement connue dans les pays anglo-saxons.


“The Bodyguard”

Adelphi Theatre, Londres • 5.1.13 à 15h

Mise en scène : Thea Sharrock. Direction musicale : Richard Beadle. Avec Gloria Onitri (Rachel Marron), Lloyd Owen (Frank Farmer), …

 

Owen
Lloyd Owen
Je ne sais pas comment est née l’idée de concevoir une comédie musicale basée sur le célèbre film de 1992 mettant en vedette Whitney Houston et Kevin Costner. Toujours est-il que le résultat, s’il est très réussi, n’est pas à proprement parler une comédie musicale. Il s’agit en effet plus d’une pièce de théâtre dans laquelle s’insèrent des chansons qui, pour une grande majorité, sont interprétées par le personnage de Rachel dans le cadre de sa carrière de chanteuse, que ce soit sur scène, dans un studio d’enregistrement, ou même dans un bar à karaoké.

 

Il s’agit d’un très joli moment de théâtre grâce à une mise en scène inventive et fluide, assez “cinématographique” par ses transitions, qui n’hésite pas à sortir la grosse artillerie pendant les scènes de “représentation”, en faisant appel à certains des effets couramment utilisés dans le cadre de concerts de variété.

Le rôle de Rachel est généralement joué par Heather Headley, connue notamment pour avoir interprété le rôle-titre d’Aida dans la comédie musicale composée par Elton John. Mais elle n’assure apparemment pas les représentations du samedi après-midi. Elle est remplacée par une dénommée Gloria Onitri, qui s’acquitte de la tâche avec les honneurs.

Difficile, également, de résister au charme de Lloyd Owen, digne successeur de Kevin Costner dans un rôle qui, de manière assez appropriée, est dispensé de chanter.

Il y a beaucoup de belles performances aussi parmi les seconds rôles, même si on se passerait volontiers des bafouillages de Ray Shell, apparemment incapable de mémoriser son rôle, pourtant court.


Le concert Wagner du Philhar / Janowski (1/2)

Salle Pleyel, Paris • 4.1.13 à 20h
Orchestre Philharmonique de Radio-France, Marek Janowski

Wagner :
Der fliegende Holländer : ouverture
Lohengrin : prélude de l’acte I ; prélude et scènes 1 et 2 de l’acte III (Annette Dasch, Elsa ; Stephen Gould, Lohengrin)
Tannhäuser : ouverture et Venusberg
Tristan und Isolde : prélude et Mort d’Isolde (Violeta Urmana, Isolde)

Urmana
Violeta Urmana
Bonne idée que ce concert des “greatest hits” de Wagner pour ouvrir l’année du bicentenaire (Wagner est né en 1913). L’impression globale reste néanmoins mitigée, en partie à cause de la conduite un peu prosaïque de Janowski qui, s’il sait ménager effets et accents, semble bien peu sensible au romantisme pourtant débridé de la musique. Certains passages, dirigés au métronome, manquent cruellement de rubato. Petite déception également du coté de l’Isolde d’Urmana, plus lyrique que dramatique : une belle voix qui ne parvient pas vraiment à émouvoir.

Concert par ailleurs largement gâché par le public, bruyant et phtisique… ainsi que, accessoirement, par l’air triste de Janowski, qui semble faire la moue comme un enfant que le Père Noël aurait oublié.


Les expos "L'impressionnisme et la mode" et "Victor Baltard" au Musée d'Orsay

Musée d'Orsay, Paris • 3.1.13 à 20h

Mode L'impressionnisme et la mode : très belle exposition, scénographiée par Robert Carsen, qui n'a malheureusement pas évité certains écueils fréquents (les cartels écrits trop petit ou curieusement placés, certaines circulations trop étroites compte tenu de la forte affluence). La mise en valeur des magnifiques toilettes représentées dans les tableaux de l’époque impressionniste est très réussie ; la présence de certains très jolis specimens — extraits principalement des collections du Musée Galliera — permet d'admirer la beauté des confections et constitue un joli contrepoint aux toiles exposées.

BaltardVictor Baltard : son nom reste essentiellement associé aux halles aujourd'hui disparues, mais Baltard est un personnage d'une grande richesse, autant passionné par les Beaux-Arts que par la création d’un langage architectural inédit et singulier. Cette superbe exposition, d'une ampleur inattendue, rend hommage non seulement au créateur des inoubliables halles métalliques, mais aussi à celui qui supervisa durant trente ans la décoration des églises parisiennes, qui fut l’un des artisans de la vision haussmannienne… et qui fut chargé à partir de 1853 d’organiser les fêtes et cérémonies publiques.