“La Bohème”
Barbara Cook’s Spotlight: Euan Morton

“Harlem Swing” (“Ain’t Misbehavin’”)

Folies-Bergère, Paris • 25.10.11 à 20h
Musique : Fats Waller. Concept : Richard Maltby, Jr.

Mise en scène : Richard Maltby, Jr. Direction musicale : William Foster McDaniel. Avec Patrice Covington, Rebecca Covington, Milton Craig Nealy, Yvette Clark, Wayne Pretlow.

Ain’t Misbehavin’, créée à l’origine à Broadway en 1978, est une comédie musicale construite autour du vaste et magnifique répertoire de Fats Waller. La production originale fut couronnée par trois Tony Awards et tint l’affiche pendant près de quatre ans. Une tentative de reprise en 1988 dut fermer ses portes après quelques mois seulement… mais la pièce a désormais pris place dans le répertoire et elle apparaît avec une grande régularité au programme des théâtres régionaux américains, souvent sous l’égide du metteur en scène original, Richard Maltby, Jr. J’avais d’ailleurs vu l’une de ces productions en 2003 au Paper Mill Playhouse de Millburn et j’en étais ressorti sans enthousiasme, tant il est difficile de se laisser conquérir par une pièce qui enchaîne les numéros musicaux sans véritable concept unificateur.

Ma surprise n’en a été que plus grande de ressortir ravi de cette nouvelle production installée pour quelques représentations aux Folies-Bergère. La première partie m’avait pourtant semblé un peu laborieuse. Le décor, réduit à sa plus simple expression, fait vraiment “cheap” vu de près. Et certains parmi les musiciens ont clairement dépassé leur date limite de fraîcheur (notamment le directeur musical, William Foster McDaniel, associé au spectacle depuis bien longtemps).

Mais la deuxième partie, dont le début est conçu pour permettre à chacun des comédiens/chanteurs de briller à tour de rôle, a pris soudain un tour différent. Car, loin de se laisser dévorer par des égos envahissants, les chanteurs se sont révélés à ce moment-là d’un talent et d’un professionnalisme saisissants. Certes, ils ne sont peut-être pas tout à fait du calibre de Broadway (même si Milton Craig Nealy y a eu un bout de carrière)… mais ils se montrent d’une impressionnante discipline collective, reflet d’une admirable éthique profesionnelle.

On est conquis par le charisme extraordinaire de Milton Craig Nealy et par la voix parfaitement maîtrisée de Rebecca Covington, qui domine largement la distribution même si le projecteur a tendance à s’attarder sur Yvette Clark, qui joue le rôle inévitable de “la grosse noire qui chante fort”. La deuxième partie accumule les moments de bonheur et il progresse lentement mais sûrement vers un final en apothéose, introduit par une version magnifiquement arrangée et sublimement interprétée de “Black and Blue”, l’une des chansons les plus connues de Fats Waller (et, accessoirement, le titre d’un autre spectacle musical similaire déjà présenté à deux reprises à Paris au Châtelet).

On ressort conquis au-delà de toute espérance et on se dit que Paris a décidément bien changé…

Comments

François

Pas de programme disponible ici non plus;
Les Folies-Bergère ne semble pas trouver nécessaire d'honorer les artistes!

La page de France Musique - 42 ème Rue - communique les références!

Merci!

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