Concert Gewandhausorchester Leipzig / Chailly / Pollini à Pleyel
Concert CSO / Haitink au KKL de Lucerne

Concert Gewandhausorchester Leipzig / Chailly / Ashkar au KKL de Lucerne

KKL, Lucerne • 12.9.09 à 18h30
Gewandhausorchester Leipzig, Riccardo Chailly

Mendelssohn :
Les Hébrides, ouverture de concert
– concerto pour piano n° 1 (Saleem Abboud Ashkar, piano)
 Moussorgski :
 Une Nuit sur le mont chauve (révision Rimski-Korsakov)
 Tableaux d’une exposition (orchestration Ravel)

Le gigantesque semi-remorque qui stationnait mardi devant l’entrée des artistes de la Salle Pleyel fait actuellement étape au bord du Lac des Quatre Cantons. Il a d’ailleurs transporté entre autres le podium vertigineux qu’utilisait Chailly à Pleyel et qui n’est donc pas une acquisition estivale de la salle parisienne. (J’avais déjà remarqué qu’un autre chef italien prénommé Riccardo voyageait avec son podium…)

C’est un grand plaisir de retrouver cette salle magnifique conçue par Jean Nouvel et dont l’acoustique est une réussite éblouissante : la rémanence des sons est extrêmement courte — du moins pour les aigus —, mais elle est juste suffisante pour donner un galbe soyeux à la musique et éviter ainsi l’austérité d’une salle comme Pleyel.

L’ouverture Les Hébrides est une mise en jambes idéale. L’orchestre démontre une jolie capacité à porter richement la ligne mélodique sans jamais se départir de ses qualités techniques. Dans l’ostinato de cordes qui annonce la conclusion de l’œuvre, on a l’impression saisissante qu’il n’y a qu’un musicien à chaque pupitre tant l’homogénéité est grande. On se laisse facilement emporter par cette musique qui évoque si bien ces îles écossaises aux falaises battues par la mer.

Puis, sans transition (le piano étant déjà en place au début du concert, ce qui devrait être la règle dans toutes les salles pour éviter ces interminables interruptions à dix minutes du début), le pianiste palestino-israélien Saleem Abboud Ashkar vient démontrer une étonnante virtuosité dans le premier concerto de Mendelssohn, déjà entendu avec ce même orchestre mais avec Lang Lang au clavier à Pleyel en février dernier.

Comme l’interprétation entendue à l’époque ne m’avait pas particulièrement convaincu de la valeur du concerto, j’ai écouté plusieurs fois ces derniers jours l’enregistrement qu’en a fait Murray Perahia en 1987 avec Neville Marriner et l’Academy of St. Martin-in-the-Fields. Perahia est vraiment imbattable lorsqu’il s’agit de dépasser les difficultés techniques pour donner caractère et intensité à la musique. Ni Lang Lang en février ni Ashkar ce soir ne possèdent ce talent : du coup, on reste un peu sur sa faim, même si le niveau de l’interprétation est excellent.

La deuxième partie du concert est consacrée à Moussorgski… et à tous ceux qui l’ont aidé à mettre sa musique en valeur en l’orchestrant (Ravel) ou en la ré-orchestrant (Rimski-Korsakov). Chailly prend un plaisir évident à conduire un tel orchestre dans des œuvres brillantes et spectaculaires — il pousse d’ailleurs pas mal le tempo dans Tableaux —, et le résultat est impeccable. Je mentirais cependant en prétendant que j’y ai pris un grand plaisir. Georges Prêtre et l’Orchestre de l’Opéra de Paris m’avaient fait beaucoup plus vibrer en novembre dernier. (Au moins les six percussionnistes aperçus à Pleyel dans la pièce de Nono retrouvent-ils temporairement à s’occuper avec les Tableaux. Cool, la tournée…)

Le public réclame un bis. Chailly s’installe au pupitre, se retourne et commence à parler… en allemand (curieuse impression). Zut. Du coup, je ne comprends rien à ce qu’il dit, si ce n’est que l’orchestre s’apprête à jouer une œuvre d’un compositeur italien contemporain, d’ailleurs présent dans la salle, un certain “Pocadora” — c’est du moins ce qu’il me semble avoir entendu. Il parle encore un bon moment, mais je n’ai aucune idée de ce qu’il dit. La pièce est plaisante, mélange plusieurs styles dont quelques bouffées jazzy pas désagréables.

Sur le chemin du retour, je décide de faire un détour pour traverser le Kapellbrücke, le célèbre pont en bois de Lucerne — reconstruit en bonne partie il y a quinze ans à la suite d’un incendie. Je découvre avec horreur qu’il est complètement défiguré par des centaines, voire des milliers de graffitis de touristes apparemment incapables de résister à la tentation d’immortaliser leur visite. Ma foi en l’espèce humaine se réduit chaque jour un peu plus…

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