“Siegfried”
“Away We Go”

“Das Barbecü”

ACT Theatre (Falls Theatre), Seattle • 13.8.09 à 14h
Musique : Scott Warrender. Livret et lyrics : Jim Luigs.

Mise en scène : Stephen Terrell. Direction musicale : Richard Gray. Avec Anne Allgood (Fricka, Erda, Needa et al.), Carter J. Davis (Siegfried, Alberich, Milam et al.), Jennifer Sue Johnson (Gutrune, Freia et al.), Billie Wildrick (Brünnhilde et al.), Richard Ziman (Wotan, Hagen, Gunther et al.)

En 1991, le Directeur Général de l’Opéra de Seattle eut l’idée de commander une comédie musicale destinée à être présentée en parallèle du Ring : Das Barbecü était né. L’idée est simple : raconter la saga du Ring en deux heures sur le registre parodique en la transposant au Texas (ce qui a l’effet induit malheureux de faire de la musique country l’idiome obligatoire du récit… mais on s’en remet).

Dire que la conception de cette comédie musicale est ingénieuse ne rend que très imparfaitement justice au talent de ses auteurs. C’est essentiellement l’histoire du Crépuscule des Dieux qui sert de trame à l’intrigue, même s’il y a des nombreuses références à d’autres scènes et même quelques flashbacks. Là où Das Barbecü fait très fort, outre le fait d’arriver à faire jouer tout cela par cinq comédiens seulement, c’est que la pièce parvient à se distancier de son matériau et à commenter l’action de manière assez efficace, en rajoutant même quelques points de vue particulièrement bien pensés.

C’est ainsi que la pièce s’ouvre et s’achève sur des scènes entre Wotan et Fricka (tous deux absents du “vrai” Crépuscule) : non seulement cela permet quelques traits d’humour savoureux (comme Fricka disant à Wotan d’aller retrouver sa “subterranean psychic bitch” — comprendre Erda), mais cela permet aussi de mettre les événements de la pièce en perspective.

Ma scène préférée est celle dans laquelle on découvre — grâce à la chanson “A Little House For Me” — ce qui s’est passé pendant les quelques heures de Rheingold où Freia a été la prisonnière des géants Fafner et Fasolt. Une autre vraie trouvaille consiste à faire chanter en parallèle par Fricka et Siegfried une chanson mélancolique sur le mari qu’elle a perdu (Fricka) et sur la figure paternelle que Siegfried croit identifier a posteriori dans le personnage qui lui a barré la route de sa lance alors qu’il allait libérer Brünnhilde.

Et sans parler de toutes les petites idées comiques bien trouvées, comme le fait de faire souffrir Hagen de narcolepsie ou les nombreuses références plus ou moins appuyées à la consanguinité générale des personnages.

Bref, malgré quelques longueurs, tout cela est réjouissant et plein d’invention… et constitue un à-côté idéal à un cycle complet du Ring. La qualité d’ensemble de la production est remarquable et le décor de David Zinn est d’une richesse quasi-miraculeuse pour la petite scène du Falls Theatre. Les cinq comédiens impressionnent par la rapidité avec laquelle ils passent d’un personnage à l’autre. Chapeau.

La pièce affirme (arbre généalogique à l’appui dans le programme) qu’Erda est la mère de toutes les Valkyries, ce dont je doute. Wagner ne nous donne jamais la clé, mais il me semble plus logique de penser qu’Erda n’est la mère que de Brünnhilde.

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