“Julie & Julia”
“Siegfried”

“Catch Me If You Can”

5th Avenue Theatre, Seattle • 11.8.09 à 19h30
Musique : Marc Shaiman. Lyrics : Scott Wittman & Marc Shaiman. Livret : Terrence McNally.

Catchme Mise en scène : Jack O’Brien. Direction musicale : John McDaniel. Avec Norbert Leo Butz (Carl Hanratty), Aaron Tveit (Frank Abagnale, Jr.), Tom Wopat (Frank Abagnale, Sr.), Rachel de Benedet (Paula Abagnale), Kerry Butler (Brenda Strong)…

Le hasard a voulu que les créateurs de la nouvelle comédie musicale Catch Me If You Can choisissent Seattle pour peaufiner leur œuvre avant une éventuelle production new-yorkaise. Programme plutôt alléchant à première vue puisque le film de Stephen Spielberg de 2002 fournit un matériau dramatique plutôt riche et que les auteurs ne sont pas n’importe qui : l’immense Terrence McNally pour le livret et le duo Marc Shaiman / Scott Wittman, déjà à l’origine de Hairspray (d’ailleurs créé à Seattle), pour la partition.

Ma déception a été à la hauteur des espoirs que pouvaient faire naître la description du projet.

Avant tout, c’est la première fois que, plusieurs heures après un spectacle musical, j’ai encore les tympans endoloris. Le niveau sonore de ce spectacle est tout simplement scandaleux. Il semble que les comédies musicales se soient lancées dans une course au volume sonore avec Passing Strange, puis la reprise de Hair. Non, un spectacle de théâtre musical n’est pas un concert des Sex Pistols… et ce n’est pas parce que c’est fort que c’est bien. Même les scènes parlées arrachent les tympans, alors qu’elles permettaient au moins de souffler dans Passing Strange.

Et puis, l’œuvre multiplie les maladresses sur le plan dramatique.

D’abord, le livret oublie paradoxalement de s’intéresser à son personnage principal : on ne voit presque jamais Frank Abagnale (le personnage de DiCaprio) à l’œuvre en train d’utiliser son charme et son assurance insensée pour se faire passer pour un pilote, un docteur, etc. Au lieu de cela, le livret multiplie les scènes montrant Carl Hanratty, le pauvre agent du FBI (le personnage de Hanks), réduit à une caricature pathétique digne d’un clown de mauvais dessin animé.

Ensuite, les auteurs pensent pouvoir s’affranchir à bon compte de bon nombre de conventions théâtrales en utilisant un subterfuge de mauvais aloi : la première scène montre l’arrestation d’Abagnale par Hanratty. L’histoire d’Abagnale telle qu’elle est racontée par la suite n’est pas qu’un flash-back, elle est aussi présentée comme une sorte de spectacle télévisé de variétés : l’orchestre est donc visible en arrière-plan pendant la quasi-totalité de la pièce et les personnages sont plus d’une fois conscients de sa présence — ils sont d’ailleurs aussi conscients de la présence des spectateurs, ce qui pose de sérieux problèmes sur le plan dramatique. En gros, on est chez Guignol. (Et je passe rapidement par charité sur la séquence karaoké du second acte.)

Et puis il est triste de constater qu’en 2009 on puisse écrire une partition de comédie musicale qui soit aussi peu préoccupée de raconter une histoire. La plupart des chansons sont des chansons d’atmosphère. Quand elles se préoccupent de dire quelque chose, on a droit à des lyrics inoubliables comme “I wouldn’t have been surprised if he changed his diaper on his own” (dans la bouche de la mère de Frank, répondant à des questions d’Hanratty). Et c’est bien dommage, car Marc Shaiman est un excellent compositeur et sa partition contient de nombreuses pages parmi les plus belles que j’aie entendues depuis dix ans.

La mise en scène n’est pas plus convaincante : la plupart des scènes sont jouées sur une scène noire, avec un ou deux éléments de mobilier, des lumières incroyablement blafardes et des projections peu convaincantes derrière l’orchestre. Bref, des images assez peu réussies, même si les costumes de Bob Mackie sont, eux, un régal pour les yeux.

Les comédiens s’en sortent honorablement, mais on est triste pour Norbert Leo Butz qu’il soit enfermé dans un rôle de clown aussi peu subtil et on ne peut s’empêcher de penser qu’Aaron Tveit a surtout été choisi parce qu’il est très à son avantage lorsqu’il retire sa chemise (à deux reprises), ce qui devrait attirer en masse toute une classe d’âge — garçons et filles confondus — si le spectacle ouvre jamais ses portes à Broadway. À supposer qu’il lui reste un filet de voix d’ici là, car le moins qu’on puisse dire est que la partition est exigeante sur ce plan-là : le pauvre Tom Wopat en fait déjà les frais de manière très perceptible.

The Bottom Line: The word “misguided” might have been coined to describe this production. The worst offender is the scandalous level of amplification in the theatre — several hours after the show, my eardrums are still aching. No, making it loud doesn’t make it good. The many faults of the libretto are saddening. First of all, it spends way too little time on the main character and the way he uses his self-assurance and charm to have his way and deceive just about everybody. Secondly, the show uses a lame framing device — a TV show — that allows the characters to acknowledge the presence of the orchestra and, in the worst moments, of the audience as well, thus committing many sins against the gods of the theatre. The overall quality of writing is very poor, with the character of the FBI agent mostly portrayed as a two-dimensional clown and some particularly weak lyric-writing (that is, when the lyrics aren’t drowned by the amplification). All of which is a shame, because the story obviously has a lot of potential, and Marc Shaiman’s score might be the most tuneful and thrillingly melodic new piece of music heard in the past ten years.

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