“Mary Poppins”
Concert ONF / Gatti au TCE

“Sweeney Todd”

Staatstheater am Gärtnerplatz, Munich • 8.3.09 à 15h
Musique et lyrics : Stephen Sondheim. Livret : Hugh Wheeler. Adaptation en allemand de Marcus Weber.

Sweeney Mise en scène : Christian von Götz. Direction musicale : Andreas Kowalewitz. Avec Gary Martin (Sweeney Todd), Marianne Larsen (Mrs. Lovett), Julian Kumpusch (Anthony), Martin Hausberg (Judge Turpin), Thérèse Wincent (Johanna), Dirk Lohr (Beadle Bamford), Frances Lucey (Beggar Woman), Mario Podrečnik (Pirelli), Florian Simson (Tobias)…

Première visite pour moi au très joli Theater am Gärtnerplatz, un petit bijou où alternent opéras, opérettes et comédies musicales… généralement représentés en allemand.

J’ai déjà parlé plusieurs fois de Sweeney Todd, cette comédie musicale de Stephen Sondheim et Hugh Wheeler, adaptée d’un mélodrame anglais dont le héros est un barbier qui, échappé du bagne où l’avait envoyé un juge véreux qui convoitait sa femme, revient chercher sa vengeance ; comme il ne parvient pas à ses fins assez vite à son goût, il sombre dans un délire criminel et se met à égorger tout ce qui lui passe à portée de rasoir, formant au passage un partenariat stratégique (on dirait de nos jours une joint venture) avec la tenancière d’une échoppe de tourtes à la viande, bien heureuse de trouver de la sorte une source d’approvisionnement en viande fraîche et bon marché. Du Grand-Guignol à l’état pur. L’œuvre, bien que créée en 1979, est plus connue du grand public depuis que Tim Burton en a tourné une version cinématographique avec l’inévitable Johnny Depp dans le rôle-titre.

Munich est la patrie du Regietheater, ce qui, appliqué à Sweeney Todd, est une perspective à peu près aussi prometteuse qu’elle est terrifiante. En pratique, si le premier acte impressionne beaucoup par la qualité globale de la mise en scène, qui utilise avec virtuosité la machinerie du théâtre, on sombre malheureusement au cours du second acte dans une espèce de n’importe quoi informe, le metteur en scène semblant tout à coup incapable de gérer les nombreux changements de lieux imposés par le livret, si bien que les scènes finales sont illisibles sur le plan visuel. Et cela ne serait rien si le metteur en scène ne se permettait en outre de modifier significativement certains passages (dans la scène finale, Mrs. Lovett, bien qu’attaquée par Sweeney Todd, lui survit alors qu’il se suicide… rien à voir avec la fin voulue par Wheeler et Sondheim).

Du fait des standards de la maison, l’interprétation est de très très bon niveau, que ce soit sur scène ou dans la fosse. Sondheim dit souvent qu’il préfère un bon comédien qui ne chante que médiocrement à l’inverse, mais il faut pourtant reconnaître que rien n’est plus enchanteur que d’assister à une représentation d’un tel niveau vocal. Exception faite de Thérèse Wincent, qui ne parvient pas à se dépêtrer des airs quasi-opératiques de Johanna, on se régale devant tant de talent. La belle voix de baryton de Gary Martin, en particulier, donne une consistance savoureuse et sombre au personnage principal. On lui pardonne, du coup, les quelques trous de mémoire qui émaillent sa performance.

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