“Entertaining Mr. Sloane”
“Casanova”

“Maria Friedman Sings the Great British Songbook”

Shaw Theatre, Londres • 7.2.09 à 20h

Direction musicale : Jason Carr.

J’ai déjà parlé de Maria Friedman à propos de son précédent spectacle, Maria Friedman: Re-Arranged, que j’avais vu une première fois à la Menier Chocolate Factory, puis aux Trafalgar Studios il y a à peine plus d’un mois. La voici qui revient au délicieux Shaw Theatre avec un nouveau programme consacré entièrement à des chansons de compositeurs anglais, puisées pour une bonne partie dans le répertoire du théâtre musical.

C’est une occasion en or de se souvenir à quel point est riche l’héritage des compositeurs anglais, aujourd’hui un peu oubliés, en partie à cause de la célébrité d’Andrew Lloyd Webber (dont Friedman interprète la chanson “As If We Never Said Goodbye”, extraite de Sunset Boulevard, qu’elle a à son répertoire depuis un moment).

Les “ancêtres” sont représentés, avec Gilbert & Sullivan (un extrait de Ruddigore (1887)), Vivian Ellis (le merveilleux “Spread a Little Happiness”, extrait de Mr. Cinders (1928)), Ivor Novello (un extrait de Gay’s the Word (1950)) et avec le délicieux et raffiné Noël Coward (Friedman interprète la chanson comique “Nina”, ainsi qu’une version déchirante de son chef d’œuvre “If Love Were All”, une chanson délicieusement douce-amère extraite de Bitter Sweet (1929)).

Tous les compositeurs de l’âge d’or de la comédie musicale anglaise sont salués : Julian Slade (deux extraits de Salad Days (1954), dont l’entraînante “Saucer Song”), Lionel Bart (le tube “Where Is Love?”, extrait de Oliver! (1960)), Cyril Ornadel (une interprétation étonnamment romantique du “If I Ruled the World”, extrait de Pickwick (1963)) et, plus près de nous, Leslie Bricusse et Anthony Newley (“What Kind of Fool Am I”, extrait de Stop The World, I Want to Get Off (1961)).

On regarde aussi un peu en direction de la musique populaire, avec des chansons des Beatles, de Kate Bush (le délicieux “The Man With the Child in His Eyes”, que Friedman chante depuis longtemps), ou même la chanson “Diamonds are Forever” de John Barry, ainsi que quelques chansons issues de la tradition du music-hall anglais, comme “Susie’s Sewing Shirts for Soldiers”, qui exige de son interprète (et du public, prié de s’y essayer) une maîtrise supérieure de l’élocution.

Friedman s’aventure également enfin du côté de la musique classique, en interprétant fort correctement la “Complainte de Didon” du Dido & Æneas de Purcell ainsi qu’une chanson de Britten.

Maria Friedman étonne toujours par l’attention qu’elle porte à chaque mot et par le plaisir évident qu’elle prend à s’immerger dans le plaisir de la musique. Sa voix n’est pas sans limitation, mais elle en connaît chaque recoin avec intimité. En l’écoutant, on se laisse facilement envahir par cette évidente sensation de bonheur qu’elle-même semble vivre si intensément. Une expérience assez inoubliable.

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