“Take Me Along”
“Kiss of the Spider Woman”

“South Pacific”

Vivian Beaumont Theater, New York • 29.3.08 à 20h
Musique : Richard Rodgers (1949). Lyrics : Oscar Hammerstein II. Livret : Oscar Hammerstein II et Joshua Logan, d’après le roman Tales of the South Pacific de James A. Michener.

Mise en scène : Bartlett Sher. Direction musicale : Ted Sperling. Avec Kelli O’Hara (Nellie Forbush), Paulo Szot (Emile de Becque), Matthew Morrison (Joseph Cable), Loretta Ables Sayre (Bloody Mary), Danny Burstein (Luther Billis)…

Il fait peu de doutes que le duo constitué par Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II a largement contribué à écrire un nouveau chapitre de l’histoire de la comédie musicale en imaginant des œuvres dans lesquelles le texte, la musique, la chorégraphie… contribuent de façon complètement intégrée à planter un décor, brosser des personnages ou accompagner la tension dramatique. Même si des exemples peuvent être trouvés dans les années précédentes, c’est leur première œuvre commune, Oklahoma! (1943), qui est généralement considérée comme le tournant du “musical totalement intégré”.

Après Oklahoma!, Rodgers & Hammerstein connaissent un autre triomphe avec Carousel (1945), puis un échec avec Allegro (1947), une œuvre ambitieuse mais sans doute trop conceptuelle pour son temps — il faudra attendre les années 1960 pour que la comédie musicale conceptuelle trouve sa place. Leur œuvre suivante, South Pacific (1949), sera couronnée par un Pulitzer Prize et par une brouettée de Tony Awards et tiendra l’affiche près de cinq ans, mais elle est généralement considérée aujourd’hui comme une œuvre secondaire du célèbre duo.

Il est vrai que le livret de South Pacific n’est pas irréprochable et que cette double histoire d’amour sur une île du Pacifique pendant la seconde guerre mondiale n’a pas la force des autres œuvres de Rodgers & Hammerstein. Néanmoins, la partition est un délice et il est difficile de bouder son plaisir lorsqu’un théâtre comme celui de Lincoln Center décide de monter une production aussi ambitieuse — la première reprise à Broadway depuis la production originale… même si cette affirmation est un peu trompeuse car la définition de ce qui peut prétendre à la qualification “Broadway” a varié au cours du temps.

Le résultat est assez somptueux. Avant tout, on nous régale d’un orchestre de trente musiciens — ce qui n’arrive jamais plus ces jours-ci — qui interprète les orchestrations originales du génial Robert Russell Bennett. Entendre cette partition dans toute sa splendeur est un délice. La direction musicale de Ted Sperling est impeccable.

Cette production bénéficie de décors et de lumières magnifiques. Petit coup de théâtre : au début de l’ouverture, la scène glisse vers l’arrière pour découvrir la “fosse” (qui, au Vivian Beaumont Theater, est sous la scène). Ce petit effet visuel, que le public adore, est une entrée en matière parfaite.

On se laisse entraîner ensuite de bonheur en bonheur. La distribution est de très bon niveau. Elle est menée par la délicieuse Kelli O’Hara, qui m’avait déjà beaucoup impressionné dans The Light in the Piazza et dans The Pajama Game. Le seul reproche qu’on puisse lui faire, c’est qu’elle n’est pas très crédible en péquenaude (“hick”) victime de ses préjugés.

Il est habituel de distribuer le rôle d’Emile, créé par Ezio Pinzia, à un chanteur d’opéra. C’est le cas ici avec Paulo Szot, un baryton brésilien dont c’est peu de dire qu’il a une voix enchanteresse. Il est absolument irrésistible dans les deux grandes chansons d’Emile, “Some Enchanted Evening” et “This Nearly Was Mine”. Il a aussi un grand charisme et le couple qu’il forme avec O’Hara est parfaitement convaincant.

Parmi le reste de la distribution, j’ai beaucoup aimé la façon dont Danny Burstein évite adroitement les excès dans son interprétation du rôle comique de Luther Billis. Il parvient à être à la fois juste et touchant.

C’est donc une très jolie production de South Pacific que nous propose le théâtre du Lincoln Center. Il reste encore quelques jours avant la première officielle, mais je pense que les critiques seront largement positives.

Comments

gvgvsse

tu seras a nyc debut mai?

Laurent

> Non. J’ai prévu de revenir aux États-Unis fin mai, mais vraisemblablement sans passer par New York.

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