“Padmâvatî”
“Take Me Along”

“Juno”

City Center, New York • 28.3.08 à 20h
Musique et lyrics : Marc Blitzstein (1959). Livret : Joseph Stein, d’après la pièce Juno and the Paycock (Junon et le paon), de Sean O’Casey.

Mise en scène : Garry Hynes. Direction musicale : Eric Stern. Avec Victoria Clark (Juno Boyle), Conrad John Schuck (Jack Boyle), Celia Keenan-Bolger (Mary Boyle), Michael Arden (Jerry Devine), Tyler Hanes (Johnny Boyle), Clarke Thorell (Charlie Bentham), Rosaleen Linehan (Mrs. Madigan), Kay Walbye (Mrs. Coyne), Louisa Flaningam (Mrs. Brady), Jennifer Smith (Miss Quinn)…

Il y a quelques comédies musicales qui ont acquis au cours des années un statut d’œuvre culte. C’est le cas de Juno, dont la partition est signée Marc Blitzstein (auteur par ailleurs de l’opéra Regina), qui ne tint l’affiche à Broadway que le temps de 16 représentations en 1959.

Juno est l’adaptation de l’un des grands classiques de la littérature irlandaise, la pièce Juno and the Paycock de Sean O’Casey, qui raconte le destin tragique d’une famille pauvre de Dublin pendant la guerre civile irlandaise de 1922. Juno déplace légèrement l’action pendant la guerre d’indépendance de 1921 (qui opposa les Irlandais aux Britanniques), mais reste par ailleurs très fidèle à sa source.

C’est la noirceur du propos, à n’en pas douter, qui fut responsable du flop de la comédie musicale. La partition est cependant tenue en grande estime par les amateurs, grâce à l’enregistrement fait à l’époque. Et c’est ce qui explique que cette production dans le cadre de la série “Encores!”, qui présente des œuvres “oubliées” le temps de quelques représentations, est un événement dans le petit monde de la comédie musicale.

La réaction du public ne peut que confirmer la difficulté de traiter en musique des sujets aussi noirs, même pour un compositeur aussi talentueux que Blitzstein (et même si cela ne serait curieusement pas un problème à l’opéra). J’ai senti beaucoup de perplexité autour de moi et les applaudissements n’étaient pas très fournis.

Cette présentation confirme pourtant la beauté de la partition de Blitzstein : l’orchestre, toujours de très haut niveau dans la série des “Encores!”, interprète en effet les magnifiques orchestrations originales écrites par Blitzstein lui-même, aidé de deux monstres sacrés de l’histoire de l’orchestration, Robert Russell Bennett et Hershy Kay.

S’il y a des problèmes, ils proviennent sans doute plus des faiblesses du livret de Joseph Stein que de la noirceur du sujet. Les malheurs de la famille Boyle se produisent tous dans le second acte, assez court, comme si les auteurs avaient eu peur d’en faire trop, alors que le cœur de la pièce se trouve là, indiscutablement. Du coup, l’expérience n’est pas très satisfaisante sur le plan dramatique.

Le rôle-titre de Juno est tenu par Victoria Clark, devenue une star de Broadway depuis son excellente prestation dans la comédie musicale The Light in the Piazza. Elle est assez juste et extrêmement touchante. Conrad John Schuck est également très impressionnant dans le rôle de son mari, qui est le “paon” du titre. J’ai été beaucoup moins convaincu par Celia Keenan-Bolger, dont les aigus ne sont vraiment pas jolis. Et c’est dommage, car sa chanson “I Wish It So” et l’un des sommets de la partition.

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