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Posts from June 2007

“Le nozze di Figaro”

Grand-Théâtre de Bordeaux • 30.6.07 à 20h
Mozart (1786). Livret de Lorenzo da Ponte, d’après Beaumarchais.

Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, Jane Glover. Mise en scène : Robert Carsen. Avec Riccardo Novaro (le Comte), Claire Rutter (la Comtesse), Anna-Maria Panzarella (Susanna), Nicolas Cavallier (Figaro), Diana Axentii (Cherubino), Luciano Di Pasquale (Bartolo), Marie-Thérèse Keller (Marcellina)…

La représentation commençait mollement mais elle a pris son envol dans les troisième et quatrième actes, qui se sont révélés étonnamment plaisants par moments. Ça ne commençait pourtant pas très bien : direction sèche de Jane Glover, qui traduit une vision assez mécaniste de la partition de Mozart, une Susanna très irrégulière et fréquemment inaudible, une Comtesse qui n’a pas réussi à mettre beaucoup d’émotion dans son “Porgi, amor…”

Et puis, peu à peu, les choses semblent trouver un meilleur équilibre. Il faut dire que l’écriture du troisième acte est tellement sublime que les interprètes se trouvent emportés presque malgré eux. Le “Hai giá vinta la causa” du Comte est exquis et le “Dove sono i bei momenti” de la Comtesse est tout à coup bouleversant d’émotion.

Quatrième acte en apothéose. La mise en scène de Carsen (une reprise de 1993) devient d’une jolie virtuosité alors qu’elle s’était contentée jusque là de quelques touches d’humour extrêmement réussies et de très belles images scéniques assez caractéristiques du metteur en scène canadien. Figaro vient finir son “Aprite un po quegli occhi” dans la salle, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

L’emballement général de l’action et de la musique gomme l’hétérogénéité des prestations des uns et des autres. Le finale est la scène la plus réussie. Le public semble emballé.


“Die Walküre”

Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence • 29.6.07 à 17h30
Richard Wagner (1870).

Berliner Philharmoniker, Sir Simon Rattle. Mise en scène : Stéphane Braunschweig. Avec Robert Gambill (Siegmund), Mikhail Petrenko (Hunding), Willard White (Wotan), Eva-Maria Westbroek (Sieglinde), Eva Johansson (Brünnhilde), Lilli Paasikivi (Fricka), Joanna Porackova, Elaine McKrill, Julianne Young, Andrea Baker, Erika Sunnegårdh, Heike Grötzinger, Eva Vogel, Anette Bod (les Walkyries).

Suite du cycle entamé l’année dernière avec un Rheingold magnifique, mais cette fois au Grand Théâtre de Provence, flambant neuf, pas complètement débarrassé de la poussière des travaux mais apparemment fonctionnel. Agréable surprise en arrivant : nos places sont au premier rang, ce qui nous permet de suivre le spectacle avec un œil fixé sur la scène et l’autre sur l’orchestre (j’avais Albrecht Mayer en ligne de mire) à qui, comme l’an dernier, Rattle fait faire des choses somptueuses, notamment dans les dernières mesures des deux premiers actes.

Très solide distribution, dont Willard White émerge une fois encore comme un Wotan de rêve — peut-être le meilleur que j’aie entendu. Non seulement sa voix ample et puissante est parfaitement maîtrisée, elle est aussi d’une palette expressive remarquable, notamment lors des adieux à Brünnhilde. Très belle performance aussi de la part d’Eva-Maria Westbroek, que j’avais déjà admirée en Katerina Ismailova dans le Lady Macbeth de Mtsensk de Covent Garden, dans le rôle de Sieglinde.

Mikhail Petrenko et Lilli Paasikivi sont impeccables dans les rôles respectifs de Hunding et de Fricka. Robert Gambill effectue une transition remarquée en passant du rôle de Loge l’an dernier dans Rheingold à celui de Siegmund, troquant l’espèce de robe à paillettes dont il était affublé contre une tenue de type treillis/rangers : le résultat est plus que probant. C’est la Brünnhilde d’Eva Johansson qui laisse l’impression la plus mitigée car la voix est peu disciplinée et Johansson a par moments des mouvements de poupée mécanique.

La mise en scène de Braunschweig est assez peu remarquable dans les deux premiers actes, mais semble se réveiller dans le troisième, mené de main de maître. Sa gestion des mouvements des Walkyries pourrait servir de modèle dans les écoles de théâtre tant elle est fluide, naturelle et porteuse de sens. On retrouve l’immense boîte blanche dans laquelle était réalisée la mise en scène de Das Rheingold. La boîte s’agrandit dans le troisième acte pour disparaître complètement à la fin, ce qui laisse augurer un Siegfried tirant vraiment parti de tout l’espace scénique du nouveau théâtre.

On attend la suite avec une réelle impatience…


“Ô Bonheur des dames”

Théâtre Silvia Monfort, Paris • 28.6.07 à 20h30

La Poule noire (1937) / Rayon des soieries (1930). Deux opéras/opérettes en un acte de Manuel Rosenthal sur des livrets de Nino. Mise en scène : Mireille Larroche. Avec Sarah Vaysset, Edwige Bourdy, Pierre Espiaut, Marc Mauillon, Lionel Peintre, Suren Shahi-Djanyan, Jean-Jacques Doumène.

On ne peut que se réjouir de l’exhumation de ces deux raretés de Manuel Rosenthal, qui a laissé sa marque dans l’histoire de la musique autant comme chef d’orchestre que comme compositeur. Le programme nous rappelle qu’Ansermet a dit de lui qu’il lui arrivait d’orchestrer mieux que Ravel, ce dont il est malheureusement impossible de juger compte tenu de la réduction pour quatre instruments écrite par Franck Pantin, certes très joliment tournée mais forcément… réductrice.

Si La Poule noire est avant tout une curiosité historique, j’attendais un peu plus de Rayon des soieries, dont j’avais déjà entendu des extraits. L’œuvre est pleine de légèreté et d’humour ; la mise en scène de Mireille Larroche est inventive et la distribution, engagée. Mais il manque une petite étincelle, un petit je-ne-sais-quoi pour que la mayonnaise prenne complètement. D’autant qu’on observe sur scène une tendance généralisée au cabotinage qui agace légèrement : un interprète qui donne l’impression de se méfier de l’œuvre qu’il joue sème forcément le doute chez le spectateur.

Mais l’initiative mérite quand même d’être louée car elle nous permet de redécouvrir un héritage musical français passé totalement à la trappe.


Concert Barbra Streisand

Palais Omnisport de Paris-Bercy • 26.6.07 à 20h

La Barbra de ce concert n’est pas le monstre froid, calculateur et perfectionniste que l’on décrit souvent. Au contraire, on est frappé par un sentiment de générosité et de spontanéité. Et peu importe que la voix soit un peu fatiguée et que les aigus ne se laissent plus conquérir aussi facilement lorsque l’on a en contrepartie cette intensité interprétative qui a fait de Barbra une véritable icône. Les chansons commencent souvent par une grande inspiration, comme si “Babs” en inhalait la substance avant de la restituer en intonations et en émotions. À certains moments, le résultat en était bouleversant.

Du bouquet de chansons de Funny Girl à “Unusual Way” de Maury Yeston en passant par des chansons de Michel Legrand (dont le style lui convient vraiment beaucoup), l’assortiment qui nous est proposé, s’il est sans surprise, permet à chacun de retrouver une parcelle de “la” Barbra qu’il connaît.

L’orchestre, constitué des meilleurs musiciens de Los Angeles et de New York, est une petite merveille. Et toute soirée qui commence par l’ouverture de Funny Girl jouée par des interprètes aussi talentueux ne peut qu’être réussie. Quatre chanteurs new-yorkais, dont Sean McDermott et Hugh Panaro, venaient accompagner Streisand de temps à autre.

Je suis encore ébahi par la liste de ce que Barbra nous a dit avoir mangé pendant la journée : une choucroute chez Boffinger, des quenelles, des profiteroles… et des macarons et un marron glacé ches Ladurée. Après, nous dit-elle, il était temps de retourner à Bercy pour… dîner (!) avant la représentation.

L’un des moments les plus spectaculaires de la soirée a eu lieu avant le début du concert, lorsque les six poursuiteurs sont allés rejoindre leurs nacelles suspendues sous une poutre métallique. Il faut avoir le cœur bien accroché…

Un jeune-homme devant moi portait un t-shirt arborant une inscription à la grammaire douteuse : “France Love Barbra Streisand”.

Dans la salle : Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Line Renaud, Charles Aznavour, Bertrand Delanoë, Bernard Kouchner, Cécilia Sarkozy…


“Das Rheingold”

Teatro Comunale, Florence • 23.6.07 à 20h30
Richard Wagner (1869).

Orchestre du Mai Musical Florentin, Zubin Mehta. Mise en scène : Carlos Padrissa pour La Fura dels Baus. Avec Juha Uusitalo (Wotan), Ilya Bannik (Donner), Germán Villar (Froh), John Daszak (Loge), Franz-Josef Kapellmann (Alberich), Ulrich Ress (Mime), Matti Salminen (Fasolt), Stephen Milling (Fafner), Anna Larsson (Fricka), Sabina von Walther (Freia), Christa Mayer (Erda), Sivia Vázquez (Woglinde), Ann-Katrin Naidu (Wellgunde), Hannah Esther Minutillo (Flosshilde).

Rheingold Cette production de Rheingold, créée il y a quelques semaines à Valence, au tout nouveau Palau de les Arts, est un régal pour les yeux. La mise en scène de La Fura dels Baus, comme c’était déjà le cas pour ce spectacle au Palais Garnier il y a quelques mois, est d’une invention réjouissante, avec des visuels particulièrement originaux, qui s’appuient en partie sur de magnifiques projections.

Dès le début, le ton est donné. Sur le rideau noir, des rais de lumière, d’abord isolés, puis plus nombreux et foisonnants. Un curieux bouillonnement : c’est à la naissance de la vie que nous assistons, rien de moins. Une vie qui va constituer le trésor que les protagonistes se disputent. Les Filles du Rhin, placées dans trois cubes de plexiglas remplis d’eau, sont les génitrices de ce souffle vital. Lorsque Alberich ôte les bondes des cubes, il dépouille les Filles de leur progéniture et va construire dans son antre une impressionnante usine à êtres humains. Toute la scène du Niebelheim est la plus impressionnante sur le plan visuel.

Il n’y a pas que des idées géniales et des réussites incontestables dans la mise en scène, mais cette effervescence et ce bouillonnement d’idées sont très stimulants.

La distribution est très correcte : le Wotan de Juha Uusitalo (déjà vu dans Le Vaisseau fantôme à Munich) est tout en puissance. J’ai beaucoup aimé la Flosshilde de Hannah Esther Minutillo, déjà vue dans La Clémence de Titus et dans Le Journal d’un disparu au Palais Garnier. Comme d’habitude, l’intervention magnifique d’Erda (Christa Mayer) est un moment de grâce.

Quant à Zubin Mehta, on ne peut pas dire qu’il imprime une marque très forte sur la partition de Wagner. Son interprétation est un peu monocorde et elle manque de contrastes. L’orchestre s’en sort très bien, notamment les pupitres de cuivres, mis à l’épreuve par les difficultés techniques. On aimerait toutefois un peu plus de feu. Deux harpes seulement à la fin, c’est très insuffisant.

Mon seul regret est de ne pas pouvoir assister à une représentation de Die Walküre. Attendons que le cycle complet soit repris à Valence lorsque les deux autres épisodes auront été créés.

Je ne l’ai pas fait exprès, mais mon hôtel se trouve Vicolo dell’Oro (allée de l’or). Quelle homogénéité thématique !

En bonus, quelques photos de Florence.


Disques de la semaine

22.6.07

Onegin Tchaïkovsi : Eugene Onegin (en anglais). Orchestre et Chœur du Welsh National Opera, Charles Mackerras. Avec Thomas Hampson (Onegin), Kiri Te Kanawa (Tatyana), Neil Rosenshein (Lensky), John Connell (Gremin), Richard Van Allan (Captain/Zaretzky), Nicolai Gedda (Triquet)… Chandos CHAN 3042(2), 2CD. Enregistré en 1994.

Superbe enregistrement, que j’ai découvert par hasard à la radio lors de mon passage à Dublin il y a quelques semaines. Comme dans ses enregistrements de Janacek, Mackerras imprime à la partition un magnifique romantisme débridé, d’une extraordinaire expressivité. La distribution est parfaite. Rosenshein, en particulier, est un merveilleux Lensky. Tout purisme mis à part, l’adaptation en anglais permet de suivre les paroles sans difficulté, ce qui rend l’expérience encore plus appréciable.

Lorraine Récital de Lorraine Hunt Lieberson à Wigmore Hall, avec Roger Vignoles au piano. Enregistrement live du 30 novembre 1998. WHLive0013.

Que ce soit dans les Rückert Lieder de Mahler, où elle est bouleversante, ou dans les extraits d’Ariodante ou de Theodora de Händel, où elle est impériale, Lorraine Hunt Lieberson fascine. Sa voix est un curieux mélange de force brute et de raffinement expressif, d’assurance et de fragilité, d’humanité et de transcendance. Du très grand art, infiniment touchant.


“Le Chanteur de Mexico”

Théâtre du Châtelet, Paris • 21.6.07 à 20h
Francis Lopez (1951). Paroles : Félix Gandéra, Maurice Lehmann, André Mouëzy-Eon, Berthe Poncet, Raymond Vincy, Henri Wernert. Livret revu par Agathe Mélinand.

Orchestre National d’Île-de-France, Fayçal Karoui. Mise en scène : Emilio Sagi. Avec Mathieu Abelli (Vincent), Rossy de Palma (Eva), Clotilde Courau (Cricri), Franck Leguérinel (Bilou), Jean Benguigui (Cartoni)…

J’avais fait sur ce spectacle des commentaires mitigés en septembre dernier. Cette deuxième représentation confirme les faiblesses horripilantes de la production : un livret qui part en quenouille dans le deuxième acte, une mise en scène qui multiplie les temps morts, un horrible décor noir qui plombe la plupart des visuels, une vedette féminine (Rossy de Palma) dont on ne comprend pas un traître mot, une autre (Clotilde Courau) qui chante comme une casserole…

Malgré tout, le spectacle fonctionne plutôt bien grâce à ses points forts, au premier rang desquels figure la superbe direction musicale de Fayçal Karoui, qui fait des merveilles avec la belle partition de Lopez (agrémentée des jolies orchestrations de Thibault Perrine). En outre, même si la mise en scène manque de rythme, elle sait se faire inventive, notamment dans le deuxième acte.

Et puis il y a l’étonnant Mathieu Abelli, dont je n’avais pas entendu dire que du bien, mais qui est pour moi le socle sur lequel repose le succès du spectacle. Abelli sait jouer la comédie ; il a une diction parfaite, et il interprète ses chansons de manière élégante et subtile, à mille lieux des maniérismes hispanisants dont son prédécesseur, Ismaël Jordi, entourait le rôle. Sa voix n’est pas très puissante, mais elle est racée, stylée et sait se faire envoûtante — son “Acapulco” était magnifique. Bref, il réalise un sans-faute, qui contribue beaucoup à rendre la soirée agréable.


Concert

Théâtre des Champs-Élysées, Paris • 17.6.07 à 20h
Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, Mariss Jansons

Strauss : Also Sprach Zarathustra
Brahms : Symphonie n°2

Superbe concert, salué par une ovation méritée. Jansons prend un bonheur évident à étirer la matière sonore dans tous les sens, en sachant que l’orchestre va le suivre avec une précision millimétrique. Les phrasés sont magnifiquement charnus ; les contrastes, saisissants ; la clarté, totale. Même dans les tutti, on entend chaque pupitre avec une précision rare. Vraiment magnifique.


“Side By Side By Sondheim”

The Venue, Londres • 16.6.07 à 20h
Musique et lyrics : Stephen Sondheim. Musique additionnelle : Leonard Bernstein, Mary Rodgers, Richard Rodgers et Jule Styne. Narration écrite par Ned Sherrin.

>> English-language account available here.

Mise en scène : Hannah Chissick et Adam Cooper. Chorégraphie : Adam Cooper. Direction musicale : Michael Haslam. Avec Angela Rippon (la Narratrice), Alasdair Harvey, Josie Walker, Abbie Osmon.

Sbsbs_2 Les auteurs anglais de Side By Side By Sondheim conçurent originellement ce spectacle en 1976 afin de faire découvrir le talent du Maître à leurs compatriotes. C’était la première fois qu’on imaginait une telle “revue” — Putting It Together ne viendrait que seize ans plus tard, en 1992 — et ce fut le début d’une longue histoire d’amour du public anglais avec le travail de Stephen Sondheim.

Je n’avais jamais vu SBSBS (comme les aficionados désignent le spectacle) mais j’allais à cette représentation sans excitation particulière car, comme je l’ai déjà écrit à propos de Putting It Together, les chansons de Stephen Sondheim ne supportent pas toujours très bien d’être sorties de leur environnement naturel. Et pourtant, le travail virtuose de la metteur en scène Hannah Chissick et du chorégraphe Adam Cooper, combiné au talent des quatre comédiens, crée un spectacle d’une richesse particulièrement enthousiasmante.

Illuminé par les étonnants et merveilleux arrangements pour deux pianos (preuve qu’on n’a pas toujours besoin de trente musiciens), le spectacle va de sommet en sommet, avec quelques moments inattendus, comme lorsqu’il faut bien se débrouiller pour chanter “You Could Drive a Person Crazy”, normalement écrit pour trois femmes alors qu’il n’y a que deux chanteuses et un chanteur dans la distribution ou lorsque la chanson “Could I Leave You?”, normalement chantée par une femme, est donnée à Alasdair Harvey (il la chante à celle qui vient d’interpréter “Losing My Mind” — ça marche vraiment bien). On a droit aussi, bien sûr, aux deux chansons les plus souvent entendues dans les spectacles de cabaret : “The Boy From…” et “I Never Do Anything Twice” (chantée par Régine dans le film The Seven Percent Solution).

L’illustration qu’on peut faire du très, très bon théâtre avec trois chanteurs, une narratrice et deux pianistes. Surtout, bien sûr, lorsque la matière première est aussi riche que celle créée par Stephen Sondheim.


“Into the Woods”

Royal Opera House (Linbury Studio Theatre), Londres • 16.6.07 à 14h30 (avant-première)
Musique et lyrics : Stephen Sondheim. Livret : James Lapine.

>> English-language account available here.

Direction musicale : James Holmes. Mise en scène : Will Tuckett. Avec Gary Waldhorn (Narrator), Gillian Kirkpatrick (Cinderella), Peter Caulfield (Jack), Anne Reid (Jack’s Mother), Clive Rowe (Baker), Anna Francolini (Baker’s Wife), Suzanne Toase (Little Red Riding Hood), Beverley Klein (Witch), Byron Watson (Wolf/Cinderella’s Prince [remplaçant]), Christina Raphaëlle Haldane (Rapunzel), Nic Greenshields (Rapunzel’s Prince)…

J’ai déjà eu l’occasion de parler de cette comédie musicale qui mélange allègrement les récits de contes de fées et qui essaie d’entrevoir ce qui peut bien se passer au-delà du traditionnel “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”.

La vénérable institution qu’est Covent Garden nous propose (dans son magnifique “petit” théâtre situé plusieurs niveaux sous terre) une très jolie production de cette comédie musicale, conçue et mise en scène par le danseur Will Tuckett, un danseur du Royal Ballet qui fait une carrière free-lance. On y retrouve plusieurs habitués des scènes londoniennes, dont les délicieux Clive Rowe et Anna Francolini dans les rôles du Boulanger et de sa femme… et surtout, dans le rôle de la Sorcière, l’excellente Beverley Klein, qui était une irrésistible Vieille Dame dans la très belle production de Candide du National Theatre il y a quelques années.

La mise en scène, méticuleuse, fait intervenir beaucoup d’ajouts sonores (musique d’ambiance, effets spéciaux) et regorge de petites trouvailles visuelles. Les costumes sont particulièrement soignés… notamment celui du loup, vraiment très réussi. On se trouve réellement plongé dans un monde de contes de fées.

À l’exception de Anne Reid, qui a du mal avec les notes aiguës du rôle de Jack’s Mother, la distribution est de très bon niveau. L’approche du rôle de la Sorcière par Beverley Klein est un peu inhabituelle — on s’attend à l’attendre sortir une plaisanterie en yiddish à tout moment —, mais elle est très séduisante. C’est, globalement, une très belle réussite.


“Babes in Arms”

Festival Theatre, Chichester (UK) • 15.6.07 à 19h30
Musique : Richard Rodgers. Lyrics : Lorenz Hart. Livret : George Oppenheimer. Adapté par Martin Connor.

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Mise en scène : Martin Connor. Chorégraphie : Bill Deamer. Direction musicale : Mark Warman. Avec Lorna Luft (Phyllis Owen), Sophia Ragavelas (Baby Rose Owen), Rolf Saxon (Seymour Fleming), Mark McGee (Valentine La Mar), Donna Steele (Billie Edwards), Matthew Hart (Gus Fielding), Kay Murphy (Dolores Reynolds)…

Les productions du Festival de Chichester sont toujours de bonne qualité et permettent parfois de redécouvrir des bijoux rarement joués, comme le Pal Joey de Rodgers & Hart, le Nymph Errant de Cole Porter ou, plus proche de nous, le Divorce Me, Darling! de Sandy Wilson.

Babes in Arms est assez peu représenté, bien que ce soit sans conteste l’un des chefs d’œuvre du duo mythique Richard Rodgers et Lorenz Hart. Créé en 1937, il regorge de chansons immortelles comme “The Lady is a Tramp”, “My Funny Valentine”, “Where or When”, etc. J’avais quand même déjà eu l’occasion de le voir deux fois, notamment une version magnifique à Cardiff lors du premier festival international de comédie musicale en 2002.

Cette production est très honnête même si, une fois de plus, on aurait apprécié que l’orchestre (douze musiciens) fût un peu plus fourni, notamment dans les cordes. On y retrouve avec un certain plaisir la demi-sœur de Liza Minnelli, Lorna Luft, vue récemment au concert de Rufus Wainwright à L’Olympia.

La mise en scène et la chorégraphie sont pleines d’inventions réjouissantes. Certains des numéros musicaux sont extrêmement réussis, notamment le numéro de claquette sur la chanson ”Light on Our Feet” et le finale. D’autres sont un peu plus poussifs, mais l’impression d’ensemble reste de très bon niveau.

Intéressant d’entendre une dame se plaindre à l’entracte que les chansons ne sont pas chantées comme il le faudrait. Elle ne se rend pas compte que c’est la partition originale qui est jouée, et que ce sont Frank Sinatra et Sarah Vaughn qui ont pris des libertés avec les chansons, non l’inverse.


“Lohengrin”

Opéra Bastille, Paris • 11.6.07 à 19h
Richard Wagner (1850).

Direction musicale : Valery Gergiev. Mise en scène : Robert Carsen. Avec Ben Heppner (Lohengrin), Mireille Delunsch (Elsa), Waltraud Meier (Ortrud), Jean-Philippe Lafont (Telramund)…

Après une telle représentation, on ne peut plus douter que Lohengrin soit l’un des chefs d’œuvre absolus du répertoire lyrique. Je peux comprendre que l’on soit imperméable aux charmes des œuvres de jeunesse de Wagner ou à ceux de la Tétralogie… mais la partition de Lohengrin est d’une telle clarté, d’un tel équilibre, d’une telle évidence qu’elle en devient proprement irrésistible. Pour ma part, j’ai été scotché sur mon siège pendant quatre heures.

Quand le Gergiev des bons jours sort le grand jeu, il coupe le souffle par la profondeur de sa lecture et par l’intensité de sa direction. Le prélude du premier acte, tout en tensions, aurait suffit à lui seul à justifier le prix du billet. Et puis on ne peut que tirer son chapeau à une telle distribution : Waltraud Meier, proprement impériale tellement elle domine son rôle de bout en bout et parvient à accrocher des aigus improbables sans effort visible et sans rupture stylistique ; Ben Heppner et Jean-Philippe Lafont, irréprochables ; Mireille Delunsch, à la voix cristalline et diaphane, extrêmement touchante malgré quelques toutes petites difficultés pour tenir la distance dans les derniers instants.

Quant à la mise en scène, mon admiration sans borne pour Robert Carsen ne m’empêche pas de reconnaître qu’elle est indigne du Canadien par ses visuels glauques, l’indigence de sa direction d’acteurs et, surtout, son incapacité chronique à faire quelque chose du chœur (par ailleurs tout à fait honnête), posé là comme une masse inerte qui, dès la première scène, n’exprime pas le moindre début de réaction aux propos du roi Heinrich.

Mais qu’importe la mise en scène lorsqu’on se régale d’un tel festin musical. La longue scène entre Elsa et Ortrud dans le deuxième acte, en particulier, est un moment sublime et bouleversant.


“La Cage aux folles”

Volksoper, Vienne • 10.6.07 à 16h30
Musique et lyrics : Jerry Herman. Livret : Harvey Fierstein, d'après la pièce de Jean Poiret. Adapté en allemand par by Erika Gesell et Christian Severin.

>> English-language account available here.

Direction musicale : Michael Tomaschek. Mise en scène : Dennis Callahan, Heinz Ehrenfreund et David Scala. Avec Erwin Windegger (Albin/Zaza), Kurt Schreibmayer (Georges), Sascha Oskar Weis (Jean-Michel), Isabel Weicken (Jacqueline), Klaus Ofczarek (Edouard Dindon), Sigrid Martikke (Marie Dindon), Johanna Arrouas (Anne Dindon), Ferdinando Chefalo (Francesco), Norman Stehr (Jacob)…

La Cage aux folles est l'adaptation en comédie musicale de la célèbrissime pièce de Jean Poiret. Créée en 1983 à Broadway, la production originale sera couronnée par six Tony Awards et tiendra l'affiche plus de quatre ans. C'est une comédie musicale au sens premier de comédie en musique... et sans doute l'une des plus réussies écrites dans les trente dernières années.

J'ai vu La Cage aux folles en quatre langues différentes, ce qui constitue vraisemblablement un record : en français dans la très belle adaptation d'Alain Marcel au Théâtre Mogador à l'automne 1999, en espagnol à Madrid à l'automne 2001, en anglais à Londres en 2001 et à New York en 2005... et donc maintenant aussi en allemand (la seule langue du lot que je ne comprenne pas) grâce à cette production mythique du Volksoper du Vienne.

Mythique car cette production a été inaugurée en 1991 et a figuré depuis régulièrement au programme de la vénérable institution viennoise. Mais il semble que la série s'interrompe car aucune représentation n'est prévue la saison prochaine, ce qui laisse à penser que la représentation que j'ai vue était vraisemblablement la dernière. J'avais prévu d'y aller "un jour", mais l'annonce de la saison 2007/2008 a précipité les événements.

Et cela valait largement le déplacement. Car il y a peu de maisons qui peuvent encore se payer aujourd'hui un orchestre de 30 musiciens. C'est, en particulier, une configuration que l'on ne trouve plus jamais à Broadway, où les producteurs ne pensent qu'à réduire leurs coûts de fonctionnement. Or, la partition de Jerry Herman (orchestrée sublimement par Jim Tyler) a besoin de l'opulence sonore que les musiciens du Volksoper lui donnent avec une grande générosité : cordes fournies, cuivres généreux et débridés, harpe subtile, flûtes bondissantes, hautbois enchanteur...

La production est très fidèle à l'oeuvre, malgré quelques petites coupures de peu d'importance. Le décor, sur tournette, s'adapte très efficacement aux nombreux changements de lieu de la pièce. Certes, c'est kitsch à souhait, mais c'est la pièce qui le veut... et ça ne donne jamais l'impression d'être fait au rabais ou sans un immense respect pour l'oeuvre. C'est Broadway presque mieux qu'à New York. Cette version du Volksoper est en tout cas plus convaincante que la dernière production new-yorkaise en 2005.


“King Lear”

Courtyard Theatre, Stratford-upon-Avon • 9.6.07 à 19h
Shakespeare (~1605).

Mise en scène : Trevor Nunn. Avec Ian McKellen (King Lear), Frances Barber (Goneril), Monica Dolan (Regan), Romola Garai (Cordelia), Julian Harries (Duke of Albany), Guy Williams (Duke of Cornwall), Jonathan Hyde (Earl of Kent), William Gaunt (Earl of Gloucester), Ben Meyjes (Edgar), Philip Winchester (Edmund), Sylvester McCoy (Lear’s Fool)…

Le théâtre, bien sûr, est plein à craquer pour voir le légendaire Ian McKellen (connu surtout par le grand public pour ses apparitions dans les films X-Men et Lord of the Rings) interpréter Lear, considéré comme l’un des sommets du répertoire dramatique anglo-saxon. La pièce est jouée par la même compagnie que The Seagull sous l’autorité du même metteur en scène. Le décor est d’ailleurs en partie commun. (Ian McKellen joue certains jours le rôle de Sorin dans The Seagull.)

King Lear est une pièce monumentale dans laquelle les hommes semblent devoir être écrasés par le destin quels que soient les appels (nombreux) adressés aux dieux. Lear est souvent joué par des comédiens un peu trop jeunes tant le rôle est consommateur d’énergie. McKellen a grosso modo l’âge idoine — 68 ans… et le moins qu’on puisse dire est qu’il a de l’énergie à revendre.

Pour Nunn, c’est clair : Lear est fou à lier dès les premières scènes de la pièce. Le seul petit reproche que l’on a envie de faire à McKellen est qu’il surjoue peut-être un tout petit peu sa folie, notamment dans les scènes dites “de la tempête”. Dans ces moments-là, il est à la limite de l’intelligible. Mais son interprétation de Lear reste remarquable malgré tout.

Trevor Nunn signe une mise en scène épique sur une scène presque nue, en s’appuyant ici aussi beaucoup sur les lumières et sur la musique. Certaines scènes sont presque conçues comme au cinéma. Le résultat est magnifique et on ne voit guère le temps passer pendant les trois heures et demi de la représentation.


“The Seagull”

Courtyard Theatre, Stratford-upon-Avon • 9.6.07 à 13h
La Mouette (Чайка), Anton Tchekhov (1896).

Mise en scène : Trevor Nunn. Avec Frances Barber (Arkadina), Richard Goulding (Konstantin), William Gaunt (Sorin), Romola Garai (Nina), Guy Williams (Shamrayev), Melanie Jessop (Polina), Monica Dolan (Masha), Gerald Kyd (Trigorin), Jonathan Hyde (Dorn), Ben Meyjes (Medvedenko)…

Le traitement que Trevor Nunn fait subir à la pièce est saisissant : le texte, qu’il a établi lui-même sur la base d’une traduction littérale “en collaboration avec les acteurs pendant les répétitions” est un exemple de précision ciselée dont chaque mot, chaque intention sont ensuite portés par les comédiens avec la même précision pendant la représentation. Le résultat est une exploration systématique et assez convaincante du texte de Tchekhov, efficace tant dans les passages comiques que dans les moments plus tragiques. Du coup, on est captivé par le déroulement d’un texte pourtant assez bavard et long — la représentation dure trois heures.

L’autre grande réussite de cette production est l’atmosphère subtile créée par Trevor Nunn avec l’aide des superbes lumières de Neil Austin et de la musique de Steven Edis. On se trouve plongé dans un autre monde, où le temps semble se dérouler à une autre vitesse. Du très joli théâtre, interprété par une compagnie impeccable comme toujours avec la Royal Shakespeare Company.

La campagne anglaise est superbe sous le soleil de juin. Le trajet en voiture de l’aéroport de Birmingham à Stratford est un enchantement pour les yeux. Dommage, j’ai oublié de prendre mon appareil photo.


Concert

Théâtre du Châtelet, Paris • 8.6.07 à 20h
SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, Michael Gielen

Schönberg : Verklärte Nacht
Brahms : concerto pour piano n°2 (Hélène Grimaud, piano)

Première partie magnifique : l’homogénéité et l’expressivité des cordes de l’Orchestre Symphonique de la SWR est remarquable dans la splendide Nuit transfigurée. La plupart du temps, on a l’impression de n’entendre qu’un instrument par section. Le son est très particulier, avec des coups d’archet assez courts et une tenue assez limitée qui pourrait passer pour de la sécheresse mais qui crée en réalité une belle ligne musicale claire et envoûtante.

Deuxième partie beaucoup moins réussie, avec une Hélène Grimaud en service minimum. Les concertos de Brahms sont généralement relativement insensibles aux variations d’interprétation, mais pas ici : accumulation d’imprécisions, technique souvent plus que limite, son beaucoup trop timide et, surtout, une quantité astronomique de pédale, qui crée une bouillie relativement indigeste. Nous avons dû avoir environ 80% des notes de la partition, plus 10% de notes étrangères. (À la décharge partielle de Grimaud, l’acoustique du Châtelet n’est vraiment pas flatteuse pour le piano, dont le son semblait venir d’une cave sous la scène.)


Concert

Salle Pleyel, Paris • 6.6.07 à 20h
Orchestre de Paris, Christoph Eschenbach

Ravel : Alborada del gracioso
Saint-Saëns : Havanaise pour violon et orchestre (David Grimal, violon)
Ravel : Tzigane, rhapsodie de concert pour violon et orchestre (Grimal)
Debussy :
Iberia
La Mer

Amusante et intéressante collection d’espagnolades à la sauce française. Mais Eschenbach est un peu trop raide, un peu trop rigide : il manque de sensualité et a la castagnette triste.

J’ai été séduit par le jeu ample et subtil du violoniste David Grimal, dénué de tout maniérisme et de toute affectation, contrairement à deux autres solistes récents. Et puis il est miraculeusement presque toujours parfaitement juste. (En bis, une pièce décoiffante de Thierry Escaïche. Nous échappons miraculeusement à l’incontournable Chaconne de Bach.)

Quant à La Mer, Abbado peut dormir sur ses deux oreilles : aucune concurrence à prévoir du côté d’Eschenbach, dont les tempos manquent d’élasticité et qui choisit des équilibres sonores qui éloignent la pièce de son milieu liquide naturel pour lui donner de surprenantes colorations cuivrées. L’orchestre ne démérite pas, mais la direction ne convainc pas.


“The Rake’s Progress”

Opéra de Lyon • 3.6.07 à 16h
Igor Stravinski (1951), livret de W. H. Auden et Chester Kallman.

Mise en scène : Robert Lepage. Direction musicale : Alexander Lazarev. Avec Andrew Kennedy (Tom Rakewell), Laura Claycomb (Anne Trulove), William Shimell (Nick Shadow), Dagmar Peckova (Baba the Turk), Julianne Young (Mother Goose), Darren Jeffery (Trulove)…

Magnifique production : le Canadien Robert Lepage enchaîne des images scéniques à la fois fortes, inventives et élégantes. Dès les premières mesures et les appels des trompettes, on sent que l’orchestre est parfaitement dans son élément. Sous la baguette d’Alexander Lazarev, il nous propose une magnifique lecture de la partition de Stravinski. Le troisième acte, en particulier, est un sommet.

La distribution se donne généreusement. J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la jeune Laura Claycomb, que j’avais déjà entendue à San Francisco. Elle maîtrise parfaitement le rôle d’Anne, dont elle donne une jolie lecture. Andrew Kennedy est un peu irrégulier dans son interprétation de Rakewell, mais il est bouleversant dans les scènes finales. J’étais également heureux de retrouver la généreuse Dagmar Peckova dans des circonstances plus satisfaisantes que lors de notre dernière rencontre.


“Sweeney Todd”

Gate Theatre, Dublin • 2.6.07 à 19h30
Musique et lyrics : Stephen Sondheim. Livret : Hugh Wheeler.

>> English-language account available here.

Mise en scène : Selina Cartmell. Direction musicale : Cathal Synnott. Avec David Shannon (Sweeney Todd), Anita Reeves (Mrs. Lovett), Simon Morgan (Anthony), Lisa Lambe (Johanna), Robert Bannon (Tobias), Camille O’Sullivan (The Beggar Woman), Barry McGovern (Judge Turpin), Kenneth O’Regan (Beadle Bamford), Mark O’Regan (Pirelli/Fogg)…

Sweeney_todd Si vous pensez que comédie musicale est synonyme de tourtereaux qui se chantent leur amour en gambadant dans les prés cheveux aux vents tandis que les oiseaux leur donnent la sérénade, vous ne connaissez pas Sweeney Todd. Adaptée d’un mélodrame grand-guignolesque anglais du 19ème siècle, l’œuvre mêle une noirceur saisissante et un humour très décalé lié en particulier à des histoires de cannibalisme.

Sweeney Todd a été créé à Broadway en 1979 et a remporté quasiment tous les “Tony Awards” pour lesquels il était nommé — huit en tout, dont un pour sa truculente vedette féminine, Angela Lansbury. Tim Burton est en train d’en terminer une adaptation cinématographique dont la sortie est prévue à la fin de cette année.

C’était la onzième ou douzième fois que je voyais Sweeney Todd, et jamais je n’avais été autant impressionné par la qualité de la mise en scène — sauf peut-être la toute première fois… il y a bien longtemps, à Barcelone. Le Gate Theatre de Dublin est connu pour la qualité de son travail sur le théâtre contemporain, au service d’auteurs comme Pinter ou Beckett. Sweeney Todd a été traité avec le même souci d’exploration des ramifications du texte et d’efficacité dramatique maximale.

Le résultat est sensationnel. On pardonne volontiers, du coup, les quelques coupures et la réduction de la sublime partition pour sept musiciens seulement.