Illusions auditives ?
“Love’s Labor’s Lost”

Washington, DC – L’aile est de la National Gallery of Art

17.6.06 à 10h

Des photos ici !

La National Gallery of Art est l’un des nombreux musées agglutinés le long du National Mall, une immense langue verte délimitée à une extrémité par le Potomac et à l’autre par le Capitol. Le vénérable bâtiment principal abrite une large collection d’art principalement européen datant du Moyen-Âge au début du 20ème siècle. C’est dans les années 1970 que lui fut adjoint une annexe, l’aile est, dans un sublime bâtiment de I. M. Pei terminé en 1978. J’y étais arrivé dix minutes avant la fermeture lors de mon dernier passage à Washington, et je m’étais promis d’y retourner.

L’architecture du bâtiment est à couper le souffle. Les pans de mur rectilignes se coupent et se recoupent, créant une géographie faussement simple et extrêmement majestueuse. Il suffit de se déplacer de quelques mètres pour que s’ouvre une perspective différente. Le somptueux atrium est dominé par un gigantesque mobile de Calder ; à travers la verrière, le soleil de juin crée des alternances d’ombre et de lumière qui rendent le lieu presque vivant. Il y a des plantes à l’intérieur... et de grandes baies vitrées qui abolissent à certains endroits la séparation intérieur / extérieur.

La taille de l’exposition d’art moderne et contemporain reste humaine, si bien qu’on y flâne sans cette horrible impression qu’on n’arrivera jamais à tout voir. Les artistes américains sont bien sûr représentés (une sculpture de Richard Serra, un Jackson Pollock, des Jasper Johns, beaucoup de Mark Rothko, un délicieux tableau de Cy Twombly, du Warhol, du Frank Stella...), mais c’est l’art européen qui domine (Matisse, Picasso, Brancusi, Giacometti, Braque, Dubuffet — superbe —, Magritte, Louise Bourgeois, Max Beckmann — avec notamment un étonnant tryptique).

Une salle très haute de plafond abrite plusieurs mobiles de Calder, dont les ombres mouvantes se projettent sur les murs. C’est totalement magique. Et c’est malheureusement le seul endroit du musée où les photos sont interdites.

Une exposition temporaire présente le travail de l’artiste américain Charles Sheeler, dont le travail se situe à la frontière de la photographie et de la peinture... La pièce maîtresse en est une étonnante vidéo de 1920 intitulée Manhatta, construite comme une ode en image à l’île grouillante de Manhattan, parcourue de citations du poème du même nom de Walt Whitman. On est souvent aux frontières de la photographie, avec des prises de vue fixes... mais le mouvement finit toujours par l’emporter, ne serait-ce que par l’intermédiaire des volutes de fumée s’échappant des nombreuses cheminées.

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