“La Damnation de Faust”
La cadence qui tue…

“Pygmalion”

Théâtre Comedia, Paris • 30.6.06 à 20h30
Une pièce de George Bernard Shaw. Mise en scène : Nicolas Briançon. Avec Barbara Schulz (Eliza Doolittle), Nicolas Vaude (Henry Higgins), Danièle Lebrun (Mrs. Higgins), Henri Courseaux (Mr. Doolittle), Odile Mallet (Mrs. Pearce), etc.

On célèbre cette année en grande pompe le sesquicentenaire de la naissance de George Bernard Shaw, sans doute l’auteur de langue anglaise le plus représenté après Shakespeare... et le seul écrivain à avoir reçu à la fois le Prix Nobel de littérature (en 1925) et un Oscar (en 1939, pour le scénario de la version cinématographique de Pygmalion).

Il est heureux que Paris participe à sa façon aux réjouissances en programmant cette production de Pygmalion, sans doute l’œuvre la plus connue de Shaw... et bien sûr l’inspiration de l’un des plus grands chefs d’œuvre du répertoire de la comédie musicale, My Fair Lady.

Barbara Schulz nous propose une prestation à peu près parfaite dans le rôle d’Eliza... mais c’est la merveilleuse Danièle Lebrun qui illumine la scène. Chacune de ses apparitions est une saisissante leçon de théâtre. J’ai eu beaucoup plus de mal avec Nicolas Vaude qui, s’il propose une lecture parfaitement cohérente du personnage de Higgins, met mal à l’aise avec sa diction hasardeuse et ses postures bancales.

Le décor est signé du génial Jean-Marc Stehlé, pour qui j’ai une admiration sans borne depuis le Quisaitout et Grobêta de Coline Serreau. Ses créations pour Le Roi Cerf de Carlo Gozzi à Chaillot, Irma la Douce à Chaillot puis à la Salle Favart... ainsi que pour Die Fledermaus et Il Barbiere di Siviglia à l’Opéra Bastille illustrent un génie visuel étonnant, qui multiplie les transformations et les métamorphoses devant les yeux ébahis des spectateurs. Le décor de ce Pygmalion, quoique réussi (la pièce exige trois “lieux”), est moins impressionnant... d’autant que le choix de réaliser les changements de décor “à vue” (sans baisser le rideau) est éminemment contestable en l’occurrence.

S’il faut trouver une fausse note à cette production, c’est sans doute la fin de la pièce, qui s’éloigne de la version publiée sans rien lui ajouter. La pièce originale de Shaw, le film de 1938 et la comédie musicale My Fair Lady proposent trois fins différentes. Shaw s’est senti obligé d’écrire une longue postface à sa pièce pour justifier la fin qu’il lui avait donnée. Les quelques répliques rajoutées ici semblent vouloir faire toucher du doigt le raisonnement développé par Shaw dans sa postface... mais le résultat est artificiel et bancal.

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