Washington, DC – L’aile est de la National Gallery of Art
“Assassins”

“Love’s Labor’s Lost”

Lansburgh Theatre (Shakespeare Theatre Company), Washington, DC • 17.6.06 à 14h
Mise en scène : Michael Kahn. Décor : Ralph Funicello. Costumes : Catherine Zuber. Lumière : Mark Doubleday. Musique : Adam Wernick. Avec Amir Arison (le roi Ferdinand de Navarre), Claire Lautier (la Princesse de France), Hank Stratton (Berowne), Erik Steele (Longaville), Aubrey Deeker (Dumaine), Sabrina LeBeauf (Rosaline), Angela Pierce (Maria), Colleen Delany (Katherine), Floyd King (Boyet), Geraint Wyn Davies (Don Adriano de Armado), Nick Choksi (Moth), Ted van Griethuysen (Holofernes), David Sabin (Sir Nathaniel), Rock Kohli (Dull), Michael Milligan (Costard), Jolly Abraham (Jaquenetta)...

En un mot comme en cent, l’une des plus enthousiasmantes expériences théâtrales que j’aie vécues depuis bien longtemps. En transposant la comédie de Shakespeare dans les années 1960, le metteur en scène Michael Kahn démontre à quel point un chef d’œuvre peut bénéficier d’une lecture nouvelle mais inspirée. (Kenneth Branagh ne s’en était déjà pas mal sorti dans sa très bonne version cinématographique.)

Les trois seigneurs sont les membres d’un groupe de rock venus se réfugier dans un ashram indien pour y méditer avec une sorte de gourou, transposition du rôle du roi. La princesse et sa suite sont quatre pin-ups habillées de mini-jupes et de bottes blanches montantes à semelles compensées, dont la première apparition se fait sur des vélomoteurs. À aucun moment la mise en scène ne ridiculise le texte : elle le soutient au contraire merveilleusement, allant de trouvaille en trouvaille, s’appuyant sur le talent collectif d’une distribution assez ébouriffante. Lorsque les seigneurs vont retrouver les jeunes-filles déguisés “en Moscovites”, c’est en spationautes qu’ils apparaissent, sur les accents de Ainsi parlait Zarathoustra. Non seulement c’est hilarant, mais c’est parfaitement soutenu par le texte, qui parle ensuite plusieurs fois de visors (visières). La musique joue un rôle important : parfois une simple cithare, parfois du rock, notamment dans la scène d’anthologie où les quatre seigneurs se révèlent mutuellement qu’ils sont tombés follement amoureux en dépit de leur serment.

Bref, du théâtre qui fait semblant de ne pas se prendre au sérieux, mais qui révèle en réalité un véritable travail de fond extrêmement abouti.

Il me semble bien que la pièce s’appelle Love’s Labour’s Lost. Le titre semble être passé à la moulinette de l’orthographe américaine.

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