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Posts from May 2006

Obsession...

Light31.5.06

J’écoute en boucle “Dividing Day”, la chanson de The Light in the Piazza interprétée par Audra McDonald dans son récital. La musique est d’Adam Guettel, le petit-fils de Richard Rodgers. Les orchestrations sont notamment de Ted Sperling, le directeur musical d’Audra. Et la chanson est interprétée par la créatrice du rôle à Lincoln Center, la délicieuse Victoria Clark.

Pendant ce temps, nous oublions que nous avons des places pour le récital d’Alfred Brendel au Châtelet...


Récital Audra McDonald

Théâtre du Châtelet, Paris • 30.5.06 à 20h

J’ai déjà eu l’occasion de dire (ici) tout le bien que je pense d’Audra McDonald. Son récital n’a pas fait salle comble, mais il était évident autour de moi que le public qui découvrait pour la première fois cette talentueuse jeune-femme et son répertoire essentiellement tiré du théâtre musical américain a été conquis par son charme, par sa technique vocale désarmante et, surtout, par son attention permanente au sens des mots, à l’interprétation des paroles.

Fidèle à son habitude, Audra McDonald a proposé un menu composé pour partie de “classiques” du théâtre musical et pour partie d’œuvres plus récentes. Elle a surpris notamment en interprétant la chanson “Your Daddy’s Son”, qu’elle a créée dans la comédie musicale Ragtime (tirée du roman éponyme de E. L. Doctorow)... ou encore “Dividing Day”, une chanson superbe tirée de The Light in the Piazza, actuellement à l’affiche à New York.

Un bien agréable récital, dont une seconde représentation est prévue jeudi 1er juin.


Vacances !

Ce blog sera silencieux pendant trois semaines pour cause de vacances. Ceux qui veulent suivre mes pérégrinations asiatiques peuvent le faire ici.


“Platée”

Palais Garnier, Paris • 2.5.06 à 19h30
Ballet bouffon en un prologue et trois actes (1745), de Jean-Philippe Rameau. Livret d’Adrien-Joseph Le Valois d’Orville d’après la pièce de Jacques Autreau.

Choeur et musiciens du Louvre-Grenoble, Marc Minkowki. Mise en scène et costumes : Laurent Pelly. Décors : Chantal Thomas. Lumières : Joël Adam. Chorégraphie : Laura Scozzi. Avec Jean-Paul Fouchécourt (Platée), Mireille Delunsch (La Folie/Thalie), Yann Beuron (Mercure), Bernard Richter (Thespis), François Lis (Jupiter), Doris Lamprecht (Junon), François Le Roux (Cithéron), Valérie Gabail (L'Amour), Franck Leguérinel (Momus).

PlateLaurent Pelly est, après Robert Carsen, l'un des metteurs en scène que j'admire pour sa capacité à concevoir des mises en scène intelligentes, ambitieuses, porteuses de sens, ... avec en bonus, dans le cas de Pelly, une bonne dose d'humour. D'une certaine façon, il perpétue la tradition de mise en scène d'un Jérôme Savary... mais un Savary qui n'aurait pas basculé dans l'amertume, la mégalomanie et le nombrilisme (on trouve même dans ce Platée une plateforme sortant de la fosse d'orchestre, l'une des marques de fabrique de Savary). Cette production de Platée, qui date de 1999, est donc à inscrire au répertoire des petits bonheurs concoctés par le couple Pelly / Minkowki, à qui l'on doit aussi les deux délicieux Offenbach du Châtelet.

On se régale de bout en bout du défilé des personnages de cette farce. Même si les performances vocales sont inégales, c'est un bonheur de voir des chanteurs aussi engagés dans l'interprétation de leurs rôles, et pas seulement préoccupés par la mise en valeur de leurs voix. La mise en scène est d'une invention infinie, au point qu'on ne sait pas toujours où regarder - ce qui n'arrive quasiment jamais à l'opéra. Les ballets interminables sont rendus très agréables par d'excellents danseurs interprétant une chorégraphie originale et pleine de clins d'oeil malicieux. Jean-Paul Fouchécourt campe Platée avec un réel brio comique. Quant à Mireille Delunsch, elle est superbe dans les airs de la Folie, qui sont de loin les passages les plus attrayants de la pièce sur le plan musical.


“Cabaret”

DVD • 1.5.06 à 18h

Cabaret Le film aux 8 Oscars, avec une Liza Minnelli au sommet de sa forme. Les amateurs de la comédie musicale regretteront que seules les chansons “diégétiques” (c’est-à-dire seules celles qui sont vécues comme des chansons par les personnages du film) aient été conservées. On ne chante plus que sur la scène du cabaret... ou presque. Exeunt, donc, les chansons permettant aux personnages de livrer leurs sentiments... ce qui nous vaut, au passage, la perte bien regrettable du couple de personnages secondaires Fraulein Schneider et Herr Schultz. Ce Cabaret est en somme bien plus proche de ses sources littéraires (les nouvelles de Christopher Isherwood et la pièce de John Van Druten) que de la comédie musicale créée à Broadway en 1966. Ça ne l’empêche pas d’être un moment de cinéma poignant, bénéficiant de la réalisation inventive de Bob Fosse et d’une distribution impeccable, au sein de laquelle on remarque particulièrement Joel Grey, le créateur du rôle du “Emcee” (le maître de cérémonies) à Broadway.