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Posts from January 2006

“Brokeback Mountain”

UGC Opéra, Paris • 29.1.06 à 21h45
Un film de Ang Lee, d'après une nouvelle de Annie Proulx initialement publiée dans The New Yorker en 1997, avec Heath Ledger et Jake Gyllenhaal.

Mountain Le film d'Ang Lee, bien que très fidèle à sa source, en rajoute un peu au rayon guimauve, par exemple en faisant des deux héros des pin-ups hollywoodiens aux dents blanches alors qu'Annie Proulx décrit ses personnages comme de véritables accidentés de la vie. Difficile, en effet, de croire que Jake Gyllenhaal a eu une enfance malheureuse. Heath Ledger s'en sort un peu mieux, et sa façon renfrognée de parler sans ouvrir la bouche est l'un des plaisirs de la première partie du film. Les seconds rôles féminins, en particulier la truculente interprétation de la riche héritière texane par Anne Hathaway (une habituée des scènes new-yorkaises), sont l'un des points forts du film. L'histoire des deux cow-boys Ennis Del Mar et Jack Twist reste extrêmement poignante malgré les quelques tentatives des scénaristes et du réalisateur pour la rendre moins noire. Difficile de ne pas sortir ému.


“Pieds nus dans le parc”

Théâtre Marigny, Salle Popesco, Paris • 29.1.06 à 16h
Barefoot in the Park de Neil Simon, adaptation de Julie Sibony et Steve Suissa, mise en scène Steve Suissa, avec Sarah Biasini, Olivier Sitruk, Béatrice Agenin...

Barefoot Neil Simon est l’auteur de plus de quarante pièces et comédies musicales représentées à Broadway, pour lesquelles il a obtenu, entre autres, un Pulitzer Prize et trois Tony Awards. Barefoot in the Park est l’une de ses toutes premières créations et tiendra l’affiche d’octobre 1963 à juin 1967. Cette délicieuse comédie légère et romantique, assez caractéristique du début de carrière de Neil Simon, deviendra en 1967 un film avec Robert Redford (créateur du rôle à Broadway) et Jane Fonda.

C’est donc avec plaisir que l’on retrouve cette pièce sur les planches de la petite Salle Popesco. La distribution est solide, en particulier Olivier Sitruk et Béatrice Agenin, excellents comédiens qui n’hésitent pas à défendre la pièce de manière très physique. Quant à Sarah Biasini (la fille de Romy Schneider), elle paraît encore un peu tendre au milieu d’une distribution aussi expérimentée, mais elle dégage un certain charme qui aide à oublier un jeu qui sonne parfois un peu faux.


Mylène Farmer : “Avant que l'ombre...”

Palais Omnisport de Paris-Bercy • 27.1.06 à 20h30

Mfarmer Je n'ai aucune affinité avec la musique de Mylène Farmer, encore moins lorsqu'elle est jouée à des niveaux d'amplification tels que l'on ne distingue pas toujours très bien la musique de la voix. Il faut bien dire aussi que les paroles de ses chansons, pour ce qu'on en comprend, laissent songeur... par exemple lorsque la salle reprend en coeur un bonne dizaine de fois "j'irai cracher sur vos tombeaux / n'est pas le vrai, n'est pas le beau". Décodeur requis d'urgence !

C'est cependant à la suite d'un article alléchant et élogieux du Monde que j'ai souhaité voir ce spectacle... et il faut bien le reconnaître : Mylène Farmer ne se moque pas de son public. La mise en scène de son spectacle est très recherchée, pleine d'invention, souvent très belle à regarder, parfois à couper le souffle, comme dans le final, visuellement sublime.


“Romance”

Théâtre Tristan-Bernard, Paris • 24.1.06 à 21h

Romance David Mamet, né en 1947, est l'un des auteurs dramatiques américains les plus en vue... Également scénariste (The Postman Always Rings Twice), il s'est vu décerner le Pulitzer Prize en 1984 pour sa pièce Glengarry Glen Ross, qui met en scène les magouilles d'agents immobiliers sans scrupules. Romance, créée en 2005 (Off-Broadway à New York), est l'une de ses pièces les plus récentes. Farce à l'allure vive et aux incessants déchaînements verbaux, elle se déroule pour l'essentiel dans un tribunal new-yorkais. Les différents personnages s'y livrent à de vertigineuses joutes oratoires au cours desquelles, tour à tour, ils sont amenés à abandonner les conventions sociales et le monde du politiquement correct pour se jeter à la figure des répliques qui semblent provenir du plus profond de leurs entrailles... le tout créant une sorte de synthèse improbable et assez euphorisante entre le théâtre de Feydeau et celui de Pinter. Mamet s'y autorise même un clin d'oeil malicieux à la dernière pièce de son confrère Edward Albee, The Goat, or Who is Sylvia?

La production que présente le Théâtre Tristan-Bernard sous la houlette de Pierre Laville, adaptateur et metteur en scène, est remarquable par le réglage millimétrique mais indispensable des joutes oratoires auxquelles se livrent les personnages... et par la qualité d'une distribution tout entière mise au service du texte de Mamet. Le merveilleux Yves Gasc, sociétaire honoraire de la Comédie Française, où il a exercé ses talents pendant presque 20 ans, y donne une interprétation jubilatoire du juge déjanté qui préside (si peu...) aux débats.


“Sunday in the Park With George”

Menier Chocolate Factory, Londres • 22.1.06 à 18h

Sunday Cette représentation marquait ma troisième rencontre avec cette singulière comédie musicale de Stephen Sondheim et James Lapine, créée en 1984 à Broadway. Après Leicester et la mise en scène de Paul Kerryson en 1999, puis la version du Kennedy Center de Washington à l’occasion de leur “Sondheim Celebration” en 2002, c’est avec une certaine curiosité que j’abordais cette production du petit théâtre (moins de 200 places) de la Menier Chocolate Factory, ancienne usine située à quelques pas de la Tate Modern.

Il faut dire que l'oeuvre est singulière : à travers l'histoire de la création de la toile “Un Dimanche après-midi sur l'île de la Grande-Jatte” par Georges Seurat (acte 1), puis les doutes de l'arrière-petit-fils imaginaire de Seurat (acte 2), Lapine et Sondheim interrogent la nature de la création artistique en s'appuyant sur une conception extrêmement originale et innovante, servie par une superbe partition. Ces qualités seront reconnues par l'attribution d'un Pulitzer Prize en 1985.

Eh bien cette version dépasse les deux autres de plusieurs encablures. Elle utilise un système de projection incroyablement malin qui, en plus d’être une relative prouesse technologique, est une magnifique trouvaille sur le plan dramatique car il ne se contente pas de fournir des décors à la pièce ; il l’enrichit considérablement. Si l’on ajoute une distribution parfaite, qui rend chaque “lyric” de Sondheim totalement compréhensible et une mise en scène aussi intelligente qu’astucieuse, on obtient l’une des expériences théâtrales les plus percutantes auxquelles j’aie assisté.


“Promises, Promises”

Crucible Theatre, Sheffield • 21.1.06 à 14h30

Promises C’est une merveilleuse idée qu’a eue le directeur artistique des théâtres de Sheffield en inscrivant à sa saison une reprise de cette comédie musicale de 1968, qui n’avait jamais été remontée par un théâtre important depuis sa création. Le livret de Neil Simon suit le scénario du film The Apartment (1960) de Billy Wilder, récompensé par cinq Oscars dont celui du meilleur film. Promises, Promises sera malheureusement la seule incursion des auteurs Burt Bacharach et Hal David dans le domaine de Broadway... et c’est bien dommage, car leur style inimitable se prête éminemment à donner vie à une œuvre dramatique. Promises, Promises fut également l’une des premières chorégraphies notables du génial Michael Bennett, dont le numéro “Turkey Lurkey Time” fait partie de la légende de Broadway. L’œuvre ne gagnera que deux Tony Awards, l’un pour son premier rôle Jerry Orbach et l’autre pour le second rôle féminin de Marge confié à Marian Mercer — incontestablement un rôle en or. Il faut dire que la concurrence en cette saison 1968-1969 était impressionnante puisqu’elle incluait le magnifique 1776 (qui gagnera le Tony de la meilleure comédie musicale), le révolutionnaire Hair et le Zorba de Kander & Ebb. La lecture de la distribution de la production originale de Broadway fait tourner la tête tellement on y retrouve de noms appelés à de brillants destins à Broadway ou ailleurs : Ken Howard, Graciela Daniele, Donna McKechnie, Baayork Lee, ...

Que vaut la production du Crucible Theatre ? Elle est inégale. Dans le rôle principal de C. C. “Chuck” Baxter, Richard Frame s’illustre par un remarquable talent de comédien qui rend son personnage véritablement attachant. Malheureusement, sa voix est trop juste pour rendre réellement justice aux chansons de Bacharach et David. Dans le rôle secondaire de Marge, Sarah Ingram fait un tabac grâce à un sens très poussé de la comédie, qui lui permet de tirer partie d’un rôle très bien écrit par Neil Simon. La qualité globale est honnête, même si on ne retrouve pas complètement le plaisir qu’inspire l’écoute de l’enregistrement original de 1968. Mais on est tellement heureux de voir enfin Promises, Promises sur une scène qu’on est prêt à oublier les défauts de la production pour crier “bravo !”.


Concert

Théâtre des Champs-Élysées, Paris • 17.1.06 à 20h
Orchestre Philharmonique de Vienne, Georges Prêtre.

Brahms : Symphonie n°3
Stravinsky : L’Oiseau de feu
Ravel : Daphnis et Chloé

Pretre La rencontre d’un chef mythique et d’un orchestre de légende. Georges Prêtre semble prendre un plaisir infini à s’appuyer sur la plasticité de l’orchestre pour multiplier les ruptures de tempi et les contrastes dynamiques extrêmes, au point de dérouter parfois. Ce fut mon cas pour la symphonie de Brahms, qui m’est apparue plus comme une curiosité que comme l’expression d’une vision artistique forte. L’Oiseau de feu, en revanche, fut proprement électrique : de la musique haute-tension, hallucinée et hallucinante. Dommage d’avoir placé le Ravel en dernier, car il aurait sans doute été plus à sa place avant le Stravinsky. Difficile en effet de redescendre sur Terre pour apprécier les évocations poétiques de Daphnis et Chloé après l'épiphanie païenne de L’Oiseau de feu.


Concert

Maison de Radio France, Salle Olivier Messiaen, Paris • 16.1.06 à 20h
Chœur de Radio France, Orchestre des Lauréats du Conservatoire de Paris, Michel Piquemal. Michel Bourcier, orgue.

Maurice Duruflé : Prélude de la Suite pour orgue, op. 5
Jean-Louis Florentz :
- Extraits des Laudes pour orgues, op. 5
- Asmarâ pour chœur mixte a cappella, op. 9
Maurice Duruflé : Requiem pour solistes, chœur, orchestre à cordes et orgue, op. 9

Durufle Si les œuvres de Florentz passent plus pour des curiosités, notamment Asmarâ, qui donne l’occasion au Chœur de Radio France de faire la démonstration d’une époustouflante virtuosité, les deux œuvres de Duruflé sont étonnantes de puissance expressive et dramatique. Certains passage du Requiem sont bouleversants... et l’interprétation tout en recueillement de Michel Piquemal et des magnifiques solistes ne fait qu’accentuer l’effet de cette musique inspirée par le vocabulaire modal du chant grégorien.


“Mrs. Henderson Presents”

UGC Ciné-Cité Les Halles, Paris • 15.1.06 à 18h10

Mrs_henderson_presentsCe splendide film de Stephen Frears, que j’avais déjà vu à Londres il y a quelque temps, est enfin arrivé à Paris. Judi Dench et Bob Hoskins semblent prendre un plaisir infini à échanger des dialogues faits sur mesure ; les seconds rôles sont truculents (la délicieuse Thelma Barlow, connue des Britanniques pour sa participation à la série anglaise mythique Coronation Street, Christopher Guest, l’adorable Will Young, ...) ; la musique est jubilatoire... Tout cela au service d’une évocation fort réussie du Windmill Theatre, le seul théâtre londonien à n’avoir (presque) pas fermé ses portes pendant la seconde guerre mondiale.


“Le Miroir”

Comédie des Champs-Élysées, Paris • 13.1.06 à 20h45
Broken Glass de Arthur Miller, adapté et mise en scène par Michel Fagadau. Avec Anne Brochet, Thierry Frémont, ...

Affichelemiroir Cette pièce de 1993 est l’une des dernières œuvres d’Arthur Miller (mort il y a presque un an), récompensée par l'Olivier Award de la meilleure pièce de théâtre à Londres, mais qui n’a tenu l’affiche que deux mois à Broadway lors de sa création. Peut-être moins forte que d’autres pièces de Miller, Broken Glass montre malgré tout une singulière capacité à conduire une situation dramatique à un magnifique dénouement par une succession de scènes réglées comme un mécanisme d’horlogerie. La virtuosité des dialogues est remarquable et délicieuse, comme souvent dans le théâtre anglo-saxon.

La solide adaptation de Michel Fagadau est servie par une distribution honnête... mais malheureusement un peu trop encline aux balbutiements. L’austère décor blanc de Florica Malureanu est un peu oppressant... et on se demande un peu quelle est la signification du violoniste qui joue quelques notes entre certaines scènes... mais c’est bien la qualité de la pièce et de sa construction qui emportent l’adhésion et suscitent l’émotion, en particulier dans le dénouement, d’une irrésistible beauté dramatique.


“Un violon sur le toit”

Théâtre Comédia, Paris • 12.1.06 à 20h30

Violon Troisième visite à cette production de qualité, qui semble s'être encore améliorée depuis mon dernier passage. Franck Vincent semble avoir encore mûri dans le rôle de Tevye et il est entouré d'une troupe solide et assez convaincante dans le domaine dramatique comme dans le domaine lyrique. Une bien belle réussite, donc, dont on aimerait qu'elle suscite plus de vocations pour montrer de la “vraie” comédie musicale à Paris. Malheureusement, ce Violon ferme ses portes dans quelques jours (pour laisser le théâtre à Pygmalion de George Bernard Shaw)... mais on annonce une reprise au Casino de Paris dès le 9 mai prochain !


“Toi c’est moi”

Théâtre de l’Athénée – Louis-Jouvet, Paris • 10.1.06 à 19h

ToiDeuxième visite à cette production que j’avais vue dans ses tous premiers jours. Le spectacle est maintenant plus fluide, notamment dans le deuxième acte qui semblait le moins maîtrisé. Encore une fois, on ne peut que remercier la Compagnie des Brigands, qui nous permet de voir une perle oubliée de l’âge d’or du théâtre musical français.


Concert

Barbican Hall, Londres • 8.1.06 à 19h30
London Symphony Orchestra, Bernard Haitink. Maria Joao Pires, piano.

Mozart : Concerto pour piano et orchestre n°20.
Chostakovitch : Symphonie n°15.

Haitink_2L’art et la maîtrise de Maria Joao Pires sont étonnants : sans jamais perdre le fil mélodique particulièrement réussi de ce concerto, son jeu est soyeux sans être lisse, riche en expression et en couleurs mais dénué d’artifices. L’osmose est parfaite avec un LSO en état de grâce.

La 15ème symphonie de Chostakovitch, sorte de testament musical du compositeur, pourrait passer pour une œuvre un peu martienne entre d’autres mains. Mais la rencontre des talents du LSO et d’un Bernard Haitink en grande forme engendre une expérience musicale toute en tensions et en résolutions qui tient en haleine jusqu’à la dernière note. La qualité du jeu de l’orchestre est ébouriffante, que ce soit pour la capacité des musiciens à jouer ensemble que pour la virtuosité des solistes. On retiendra en particulier le magnifique solo de trombone du deuxième mouvement.


“The Producers”

Vue West End, Londres • 8.1.06 à 13h50

Producers_1Deuxième visite au film de Susan Stroman, malheureusement mal accueilli par une critique sans doute peu préparée à voir en 2006 un “bon vieux film musical”. Le paradoxe est que The Producers serait sans doute considéré comme un chef d’œuvre s’il avait été réalisé dans les années 1950. Pour ma part, j’ai pris encore plus de plaisir lors de cette seconde visite. La qualité de la conception de Susan Stroman est évidente ; la distribution, presque parfaite si l’on fait abstraction des moments où Matthew Broderick ne crève pas complètement l’écran.


“Edward Scissorhands”

Sadler’s Wells Theatre, Londres • 7.1.06 à 19h30
Chorégraphie de Matthew Bourne

EdwardLe nouveau ballet de Matthew Bourne recrée sur la scène du Sadler’s Wells le monde onirique du film de Tim Burton. Le spectacle se distingue par l’originalité des visuels (magnifiques décors de Lez Brotherson), mais aussi par la qualité de la musique signée Terry Davies, qui s’appuie sur les thèmes musicaux conçus pour le film par Danny Elfman. Si le premier acte est surtout un acte de pantomime qui plante avec humour le décor de la petite ville américaine où se déroule l’action, le second acte suscite l’émotion grâce à une chorégraphie à la fois décalée et romantique. Une belle histoire.


“Swan Lake”

Théâtre Mogador, Paris • 5.1.06 à 20h
Chorégraphie de Matthew Bourne

SwanlakeCette version révolutionnaire du Lac des cygnes de Tchaïkovski, qui a pourtant dix ans, n’avait jamais été vue sur une scène parisienne. Inventive, décapante, dépoussiérée des falbalas associés au ballet classique, elle évoque des thèmes actuels avec un langage original qui se nourrit autant d’un humour assez caustique et d’une émotion quasi romantique. Espérons que Paris aura prochainement l’occasion de découvrir les autres créations de Matthew Bourne déjà considérées outre-Manche comme des classiques, notamment un Cinderella qui se déroule pendant la deuxième guerre mondiale et son Car Man, réinterprétation libre de Carmen.


“King Kong”

UGC Ciné Cité Les Halles, Paris • 2.1.06 à 15h55

KongLe film de Peter Jackson est trop long. La partie de l'histoire qui se déroule sur Skull Island, en particulier, est interminable. Mais les scènes du New York de 1933, en particulier l'évocation des théâtres de l'époque, sont magnifiques, et on en reprendrait bien un peu...


“Seascape”

Booth Theatre, New York • 1.1.06 à 15h

Img_2721_3Curieuse pièce que cet opus d'Edward Albee, qui lui valut son deuxième Pulitzer Prize en 1975 (entre celui de A Delicate Balance en 1967 et celui de Three Tall Women en 1994). On a pu apprécier encore récemment avec The Goat, or Who Is Sylvia? le talent d'Albee pour créer une pièce captivante à partir d'une situation plus qu'improbable. C'est aussi le cas de Seascape, dont le deuxième acte est construit autour de la confrontation de deux aimables retraités plongés dans des questions sur leur passé, leur futur et leur capacité de prendre leur vie en main avec... deux lézards géants sortis de la mer et parlant anglais ! Mais là où la plupart des auteurs auraient laissé des plumes, Albee s'appuie sur des dialogues ciselés à merveille pour évoquer avec brio des thèmes comme la relativité des expériences vécues ou encore la théorie darwinienne de l'évolution (thème d'actualité s'il en est dans des Etats-Unis en proie un activisme religieux cherchant à rétablir le créationisme au programme des écoles). Il faut des acteurs splendides pour servir un texte aussi virtuose, et c'est le cas de la distribution menée en particulier par une Frances Sternhagen en grande forme.


“The Radio City Christmas Spectacular”

Radio City Music Hall, New York • 1.1.06 à 12h

Img_2728_1Bien qu'il soit revu et enrichi chaque année, ce spectacle de Noël est une tradition ancienne du Radio City Music Hall, salle de spectacle mythique et gigantesque, qui est aussi un joyau de l'art déco. Après une superbe séquence introductive en 3D, les tableaux se succèdent à un rythme effréné en faisant appel aux remarquables dispositifs scéniques du théâtre, en particulier la capacité à "extraire" totalement l'orchestre de la fosse pour le faire reculer jusqu'au fond de la scène -- ce qui permet de réutiliser la fosse pour faire apparaître d'autres éléments de décor, en particulier une patinoire. Les vedettes de cette revue sont les Rockettes, danseuses spécialisées dans la danse synchronisée. Le spectacle est d'une qualité remarquable, même si le final, une Nativité mettant en scène des animaux, a peut-être un peu mal résisté au temps.