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Posts from December 2005

“The Color Purple”

Broadway Theatre, New York • 31.12.05 à 19h

Img_2732Cette adaptation du roman d’Alice Walker (déjà à l’origine d’un film de Stephen Spielberg en 1985) se révèle être une affaire bruyante et peu subtile, à la partition bien peu captivante et au livret trop chargé. La distribution de qualité ne parvient pas à sauver une œuvre dont la grandiloquence se révèle rapidement fatigante.


“Chita Rivera: The Dancer’s Life”

Gerald Schoenfeld Theatre, New York • 31.12.05 à 14h

Img_2722Chita Rivera est l’une des dernières figures légendaires de Broadway, et c’est un bonheur que de la voir, à plus de 70 ans, toujours aussi passionnée par son art et habitée par le plaisir de la communion avec le public. On garde du spectacle l’image de quelqu’un d’une grande humilité, capable de communiquer des émotions fortes à son public. À l’évocation des spectacles connus ou moins connus auxquels elle a participé, de Seventh Heaven en 1955 à Kiss of the Spider Woman en 1993, en passant bien sûr par West Side Story, Bye Bye Birdie ou Chicago, s’ajoute une séquence très personnelle sur les grands chorégraphes qui l’ont dirigée (Jack Cole, Peter Gennaro, Bob Fosse, Jerome Robbins), ainsi qu’une rapide évocation de sa vie sentimentale sur des accents de tango (elle nous y révèle qu’elle a failli épouser Joe Allen !) Impossible de résister au charme de Chita Rivera, quels que soient par ailleurs les mérites ou les défauts de cette autobiographie théâtrale, qui aurait sans doute mérité d'être un peu plus travaillée par son auteur, Terrence McNally. Les deux chansons originales écrites par Lynn Ahrens et Stephen Flahery (Ragtime) sont fonctionnelles, mais ne font pas naître d’émotion particulière.


“Jersey Boys”

August Wilson Theatre, New York • 30.12.05 à 20h

Img_2733_1Ce nouveau “jukebox musical”, construit autour du catalogue des chansons du groupe Frankie Valli and the Four Seasons (dont j’avoue humblement que je n’avais jamais entendu parler), s’en tire un peu mieux que ses prédécesseurs, mais il reste prisonnier d’un genre bien peu théâtral et considérablement plus proche du concert de variétés que de la comédie musicale. On y retrouve une chanson vedette de Claude François (“Oh What a Night!” devenue “Cette Année-là”) ou encore une chanson reprise par Jimmy Sommerville (“I Can’t Get My Eyes Off Of You” — titre à la grammaire douteuse).


“Sweeney Todd”

Eugene O’Neill Theatre, New York • 30.12.05 à 14h

Img_2735Cette version de Sweeney Todd, que j’avais déjà vue à Londres, prétend réinventer l’œuvre en la confinant dans un asile psychiatrique (truc éculé s’il en est et qui permet au metteur en scène de faire ce qu’il veut sans ressentir le besoin de se justifier) et en confiant la musique aux acteurs qui, non contents de jouer et de chanter leur rôle, se voient dotés de divers instruments de musique. Si le concept est amusant et fonctionnait plutôt bien dans le petit théâtre de Londres où je l’ai vu pour la première fois, il convainc beaucoup moins dans le grand Eugene O’Neill Theatre. La distribution est globalement excellente... et certaines scènes comme “A Little Priest” fonctionnent à merveille malgré le manque “choisi” de moyens..., mais on ne peut s’empêcher de regretter les interventions d’un orchestre complet, que la géniale partition de Stephen Sondheim mérite... et des décors dignes de ce nom. Le plus grave, sans doute, est qu’un spectateur qui ne connaîtrait pas préalablement l’œuvre serait sans doute bien en peine de comprendre tout ce qui se passe !


“Dreamgirls”

Prince Music Theater, Philadelphie • 29.12.05 à 20h

DreamgirlsLa production originale de Dreamgirls, conçue en 1981 par le génial Michael Bennett, fait partie de ces moments légendaires de l’histoire de Broadway tant était grande l’invention de sa mise en scène, reposant largement sur l’utilisation de “tours de lumière” mobiles qui définissaient et redéfinissaient en permanence l’espace scénique. Elle gagnera six Tony Awards (mais pas celui du “Best Musical”, qui reviendra sans doute à juste titre à Nine) et tiendra l’affiche trois ans et demi.

La production du Prince Music Theater n’a pas de moyens comparables, et pourtant elle obtient de superbes résultats grâce à la qualité de l’orchestre (qui rend justice à la musique pleine d’énergie de Henry Krieger), à celle de la distribution (magnifiques Eugene Fleming dans le rôle de James Thunder Early et Nova Payton dans celui d'Effie Melody White) et à une mise en scène intelligente et théâtrale dans le bon sens du terme. Il faut dire aussi que les nombreux costumes sont superbes... et donnent lieu de temps en temps à des changements rapides assez ébouriffants.

Le premier acte est particulièrement impressionnant et nous entraîne à un rythme endiablé, avec des transitions très réussies, vers le final et sa redoutable chanson devenue légendaire “And I Am Telling You I Am Not Going”. Le deuxième acte est globalement moins enthousiasmant, mais on quitte néanmoins le théâtre avec l’impression d’avoir vu du théâtre musical de grande qualité.

On attend avec impatience une reprise de Dreamgirls à New York. Un concert exceptionnel en 2001 avait pu laisser espérer qu’elle se concrétise, mais on attend toujours... On se contentera en attendant du film en cours de tournage, dont la sortie est annoncée pour décembre 2006.


“Altar Boyz”

Dodger Stages, New York • 28.12.05 à 20h

L’idée d’un “Boy Band” consacrant son énergie à la promotion de Dieu et de la religion peut paraître curieuse pour une comédie musicale... mais servie par un livret plein d’humour au deuxième degré et par des chansons entraînantes et astucieuses, elle donne un spectacle plutôt sympathique. Évidemment, c’est du théâtre sans théâtre : pas de décor, pas véritablement de costumes,... et ça finit donc pas ressembler plus à du cabaret.


“The Producers”

Loews E-Walk, New York • 28.12.05 à 15h20

Producers_2 La critique n’a pas été tendre avec l’adaptation cinématographique de la comédie musicale de Mel Brooks (elle-même inspirée de son film de 1968 avec Zero Mostel et Gene Wilder). Et pourtant, à en juger par les réactions du public, le film reproduit efficacement l’humour débridé de la version scénique. Pour ma part, j’ai aimé le film autant que chacune des représentations de la comédie musicale que j’ai vues. Dommage qu’une chanson, “The King of Broadway” ait péri sous les ciseaux du monteur.

Courageusement, la distribution est bâtie en bonne partie autour des stars originales de Broadway : Nathan Lane, Matthew Broderick, Gary Beach et Roger Bart. Broderick ne crève pas toujours l’écran, mais les trois autres sont de véritables bulldozers comiques, ne faisant aucun quartier. Les pièces rapportées pour cause de “box office appeal”, Will Ferrell et Uma Thurman, s’en tirent beaucoup mieux qu’on aurait pu le craindre. Ferrell, en particulier, est remarquable.

Le film se révèle donc extrêmement divertissant et renoue pour notre plus grand plaisir avec la tradition des adaptations de comédies musicales des années 1950 et 1960.


“Der Fliegende Holländer”

Théâtre Royal de la Monnaie, Bruxelles • 22.12.05 à 20h
Orchestre et chœur de la Monnaie, Kazushi Ono. Mise en scène Guy Cassiers. Avec Tómas Tómasson (Der Holländer), Hélène Bernardy (Senta), Alfred Reiter (Daland), Robert Chafin (Erik), Jacqueline Van Quaille (Mary), Jörg Schneider (Der Steuermann).

Un grand moment pour moi, qui n’étais jamais rentré dans ce magnifique théâtre qu'est la Monnaie. Des médaillons placés autour de l’orchestre célèbrent quelques grands compositeurs d’opéra : quelle satisfaction d’y voir Janacek à côté de Rossini, Monteverdi, Mozart et Verdi !

Musicalement, cette production du Vaisseau fantôme est un bijou. Superbe direction musicale de Kazushi Ono, magnifique distribution sans faille, dans laquelle on apprécie particulièrement le baryton-basse islandais Tómas Tómasson, vu il y a quelques semaines dans le rôle de Fafner à Liège, à la maîtrise remarquable et à la voix sublimement suave. Belle performance également de Hélène Bernardy, qui allie sans effort visible une grande puissance vocale et une belle subtilité expressive. Peu de chanteuses arrivent aussi facilement à ne pas donner l’impression de crier dans les passages les plus animés. Curieuse coïncidence, enfin, de retrouver Jacqueline Van Quaille, vue il y a quelques années en Castafiore dans la comédie musicale Tintin et le temple du soleil (épisode “curieusement” omis de sa biographie...)

La réussite de cette production au plan musical n’a malheureusement d’égal que l’abyssale niaiserie de la mise en scène de Guy Cassiers. Et pourtant, la première impression visuelle est assez captivante, et les considérables moyens technologiques déployés pouvaient laisser espérer une conception radicalement novatrice de la scénographie, comme dans la très belle production de Tristan et Isolde récemment présentée à Bastille. Au lieu de cela, on passe la soirée à se demander quel concept, s’il y en a un, peut bien expliquer le spectacle affligeant de solistes perpétuellement à la face, chantant en direction du public même lorsqu’ils s’adressent à d’autres personnages... ou encore les mouvements robotisés imposés au chœur, qui outre qu’il est affublé de costumes grotesques, se trouve obligé de “faire les vagues” durant l’ouverture, puis de mimer les paroles des chansons en langage des signes.


“Titanic”

Opéra Royal de Wallonie, Liège • 18.12.05 à 15h

Reprise à Liège de l’honnête production de la comédie musicale de Maury Yeston et Peter Stone, adaptée en français par Stéphane Laporte et Jean-Louis Grinda. Sans atteindre la qualité de la production originale à Broadway (qui avait certes dû coûter beaucoup plus cher) ou, encore moins, celle de la splendide version du Théâtre Carré d’Amsterdam, cette production liégeoise fait honneur à une partition musicalement riche et émotionnellement chargée, grâce notamment au chef d’orchestre Bruno Membray. Si on retrouve dans la distribution certains des créateurs de cette production (dont, malheureusment, l’insupportable André Jobin dans le rôle du capitaine Smith, mais aussi l'excellent Vincent Heden (Tintin) dans celui de l'opérateur radio Bride), d’autres visages familiers de la scène musicale française font leur apparition, comme Jérôme Pradon, dans le rôle du soutier Barrett. On déplore en revanche que Fabian Richard, sans doute trop marqué par Les Dix Commandements, se croie obligé d’interpréter la magnifique chanson de la vigie Fleet dans un style “variété” bien peu adapté. La représentation à laquelle j’ai assisté a malheureusement été émaillée de plusieurs petits accrocs qui laissaient à penser que quelques répétitions supplémentaires auraient pu être utiles.


Concert

Théâtre des Champs-Élysées, Paris • 15.12.05 à 20h
Orchestre National de France, Eivin Gullberg Jensen. Hélène Grimaud, piano.

Schnittke : (K)ein Sommernachtstraum
Schumann : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54
Chostakovitch: Symphonie n°6 en si mineur op. 54

Le concerto de Schumann a été un rendez-vous manqué entre l'orchestre et la soliste, qui n’ont semblé se “trouver” qu’au milieu du dernier mouvement. Hélène Grimaud, de surcroît, n’a jamais donné l’impression de complètement dominer son instrument et son toucher manquait de détermination.

La symphonie de Chostakovitch, en revanche, a donné l’occasion à l’Orchestre National de faire la démonstration d’une virtuosité époustouflante, que ce soit dans les passages lents du premier acte ou dans la débauche rythmique des deuxième et troisième mouvements. Une exécution sans bavure, des pianissimos sublimes dans le premier mouvement, une homogénéité parfaite du tissu musical... autant de traits qui placent le National au niveau des meilleures formations mondiales.


Concert

Théâtre du Châtelet, Paris • 14.12.05 à 20h
Orchestre et chœur du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, Valery Gergiev.
Olga Borodina, mezzo-soprano. Ilgar Abdrasakov, basse. Lambert Wilson, récitant.

Serge Prokofiev (1891-1953)
Alexandre Nevski, op.78. Cantate pour mezzo-soprano, chœur et orchestre.
Ivan le Terrible, op. 116. Musique de film pour mezzo-soprano, baryton, récitant et orchestre.

Ce concert étonnant, consacré à la musique écrite par Prokofiev pour deux films d’Eisenstein, a donné une fois de plus l’occasion à l’orchestre du Mariinski de briller sous la baguette experte d’un Valery Gergiev que rien ne semble pouvoir arrêter. Même si on peut douter de la pertinence du procédé consistant à introduire un récitant, l’interprétation d’Ivan le Terrible a été un feu d’artifice alternant des épisodes orchestraux déchaînés, des moments d’intense recueillement et des interventions quasi-liturgiques du chœur, encore plus bouleversantes quand elles étaient a cappella. Le public ne s’y est pas trompé qui a réservé aux interprètes une ovation particulièrement soutenue.


“Il Viaggio a Reims”

Théâtre du Châtelet, Paris • 12.12.05 à 19h30
Orchestre du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, Valery Gergiev. Chanteurs de l’académie des jeunes chanteurs du Théâtre Mariinski. Mise en scène Alain Maratrat.
Gioacchino Rossini (1792-1868). Livret de Luigi Balocchi d’après Corinne ou l’Italie de Madame de Staël. Créé en 1825 au Théâtre-Italiens de Paris.

Encore une petite merveille concoctée par la troupe du Mariinski à l'occasion de sa saison parisienne. Ce Voyage à Reims, justement qualifié par les notes de mise en scène d’opéra-cabaret, a été un véritable régal. L’orchestre, plongé hier encore dans le pathos de Boris Godounov, s’est montré étonnamment à l’aise dans la partition bondissante de Rossini, qui ne semble pourtant pas le répertoire le plus naturel de ces grands gaillards slaves. Gergiev a été une fois de plus magistral. La mise en scène a su trouver un ton plaisant et parfaitement adapté aux facéties du livret.


“Harry Potter and the Goblet of Fire”

UGC Normandie, Paris • 11.12.05 à 21h15

PotterDigne successeur des trois premiers épisodes de la saga, le film bénéficie d'un scénario laissant la place à quelques touches comiques bienvenues liées à l'adolescence des personnages principaux.


“Boris Godounov”

Théâtre du Châtelet, Paris • 11.12.05 à 16h
Orchestre et chœurs du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, Valery Gergiev. Mise en scène Victor Kramer.
Modeste Moussorgski (1839-1881). Livret du compositeur d’après la pièce de Pouchkine et L’Histoire de l’Empire de Russie de Nicolas Karamzine. Version originale en sept tableaux de 1869, donnée sans entracte.

Difficile de dire le bonheur que m’a inspiré cette superbe représentation. Une partition magnifique et économe, faisant la part belle aux chaleureuses voix masculines et à des chœurs liturgiques somptueux, une excellente distribution... et surtout la maîtrise étonnante d’un orchestre de premier ordre dirigé par un Gergiev sidérant. Le visuel un peu déroutant rappelle un peu le travail de l’artiste Dave Chihuly... mais ne distrait jamais l’attention inutilement.


“Toi c’est moi”

Théâtre de l’Athénée – Louis-Jouvet, Paris • 10.12.05 à 20h

Toi_1La Compagnie des Brigands fait œuvre de salut public en ressuscitant le répertoire un peu oublié du théâtre musical français de l’entre-deux-guerres. Après Ta Bouche (1922) l’année dernière, c'est au tour de Toi c’est moi, opérette délicieuse créée en 1934 au théâtre des Bouffes-Parisiens, dont la partition est signée du Cubain Moïse Simons. La production, comme toujours avec les Brigands, est inégale et parfois un peu plombée par une sorte de circonspection un peu trop affichée face à un livret (signé Henri Duvernois) riche en péripéties comiques. Mais on ressort charmé par une partition de premier ordre, admirablement servie par la formation orchestrale réduite de dix musiciens dirigée expertement par Benjamin Lévy.


Théâtre de l’Athénée - Louis-Jouvet

10.12.05 à 14h

À l’emplacement de l’actuel théâtre de l’Athénée s’élevait jadis le monumental Eden-Théâtre, salle de 4000 places construite en 1880 dans un style architectural évoquant l’Inde... dont le vélodrome (!) peut encore être observé au sous-sol du magasin de meubles qui fait face au théâtre de l’Athénée. Victime de sa taille, du peu de succès du concept du prix unique pour tous les spectateurs et, accessoirement, de la spéculation immobilière dans ces périodes de réformes haussmanniennes, l’Eden devait assez rapidement disparaître pour laisser place quelques années plus tard au petit théâtre à l’italienne que nous connaissons aujourd'hui, inspiré du théâtre du Petit-Trianon de Versailles, dont l’emprise au sol est quatre à cinq fois plus petite que celle de son prédécesseur. Le théâtre s’appelle désormais “Athénée - Louis-Jouvet” en hommage à celui qui le dirigea de 1934 à 1951, année de sa mort.

Si le dessous de scène n’est malheureusement pas accessible au public, la passionnante visite guidée organisée par la société Purple Beam permet non seulement une visite détaillée des espaces publics du théâtre, mais également la découverte de lieux moins accessibles : la petite cage de scène et ses cintres ; la zone surplombant le dôme de la salle, dans laquelle est encore visible la décoration originale de l'Eden-Théâtre... et, enfin, la délicieuse salle Christian Bérard (du nom du décorateur fétiche de Louis Jouvet), qui peut accueillir une petite centaine de spectateurs tout en haut du bâtiment, aménagée sous la houlette de Pierre Bergé lorsqu’il dirigeait le théâtre.


“Un Violon sur le toit”

Théâtre Comédia, Paris · 9.12.05 à 20h30

Deuxième visite à cette sympathique production, qui est maintenant plus polissée et généralement de bonne tenue. Franck Vincent reste le pilier de la pièce, campant un Tevye crédible et attachant. L'orchestre et les comédiens rendent justice à l'élégante partition de Jerry Bock, aidés par une prise de son d'une qualité presque sans précédent sur une scène parisienne. Les ensembles sont particulièrement au point et bénéficient d'une belle unité de la part d'une troupe homogène et engagée. Les points faibles de cette production restent ses décors minimalistes et, surtout, des transitions bien peu élégantes entre les scènes. La conception des lumières, qui laisse certains visages dans l'ombre pendant de longs moments, est également un peu surprenante.