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Posts from April 2005

“The Baker’s Wife”

Paper Mill Playhouse, Millburn (New Jersey) • 30.4.05 à 14h30

Enfin une occassion de voir cette adaptation un peu mythique de l’œuvre de Pagnol, “flop” mythique n’ayant jamais atteint New York... et que les auteurs semblent s’acharner à vouloir modifier chaque fois qu’il est repris ici ou là, ce qui est rarement bon signe. Cette production du Paper Mill Playhouse est charmante... sans doute un peu trop charmante, d’ailleurs, avec son petit village provençal... mais il est difficile de camoufler la faiblesse principale de l’œuvre : il ne s’y passe pas grand’ chose. En gros, elle s’en va... et elle revient.

Très belle prestation de Lenny Wolpe dans le rôle du boulanger. J’ai été nettement moins impressionné par Alice Ripley dans le rôle titre. La plus française des comédiennes américaines, Gay Marshall, nous chante le tube de l’œuvre, “Chanson” (écrite dans le style d'Édith Piaf) chaque fois qu’elle met les pieds sur scène... ce qui finit par ressembler plus à une plaisanterie qu’à un procédé théâtral efficace. Ce qu’il faut retenir surtout de cette expérience, c’est que le compositeur Stephen Schwartz a eu du talent, ce qui n’est plus totalement évident dans sa dernière création, la comédie musicale Wicked, actuellement à l’affiche à New York et annoncée prochainement à Londres.


“The Light in the Piazza”

Vivian Beaumont Theater, New York • 30.4.05 à 20h

Une très belle expérience théâtrale construite sur une histoire bien ficelée (voir le film du même titre en 1962, lui-même inspiré par une nouvelle parue dans le New Yorker), servie par une conception scénique magnifique (décors, costumes, lumières... tous splendides) et une distribution menée par une Victoria Clark rayonnante donnant l'une de ces performances dont on sait immédiatement que l'on s'en souviendra pendant des années. Il reste le débat de savoir si la partition d'Adam Guettel, le petit-fils de Richard Rodgers, est ou non le chef d'oeuvre que d'aucuns pensent y voir. J'ai du mal à trancher. Guettel est un compositeur de talent, cela ne fait aucun doute, mais sa musique donne un peu trop l'impression d'être écrite avec l'objectif très particulier d'être imprévisible (mais comment cet accord va-t-il se résoudre ? pas là où vous l'attendez !) ; elle manque de naturel et de spontanéité. Ce que Sondheim fait naturellement, Guettel fait laborieusement. Cela étant, les remarquables orchestrations contribuent à élever la partition vers de véritables sommets.


“Dirty Rotten Scoundrels”

Imperial Theatre, New York • 29.4.05 à 20h

Le plaisir que m'a inspiré cette pièce est à peu près comparable à la déception causée par Spamalot. Tirée du film éponyme de Frank Oz (le réalisateur de Dark Crystal et de Little Shop of Horrors, mais aussi la voix de Yoda et de... Miss Piggy !), c'est une comédie solide et attachante, manquant parfois un tout petit peu de subtilité. Mais au moins son ton résolument vaudevillesque est-il mis au service d'une intrigue bien ficelée, avec un joli rebondissement final. La distribution est un sans faute : dans les deux rôles principaux, John Lithgow et Nortbert Leo Butz sont superbes dans les rôles respectifs de l'escroc aristocratique et du petit escroc minable mais ambitieux. Ils forment un couple remarquable, dont les interactions sont au moins aussi délicieuses que celles de Nathan Lane et de Matthew Broderick dans The Producers. Les seconds rôles sont magnifiquement interprétés par Gregory Jbara, Sheri Rene Scott et la délicieuse Joanna Gleason (Into the Woods), beaucoup trop rare sur les scènes de Broadway. Dernier grand motif de satisfaction, la partition de David Yazbek est remarquablement théâtrale pour un auteur qui, après tout, n'en est qu'à sa deuxième aventure à Broadway (après The Full Monty) : sa musique est délicieuse, ses lyrics, pleins d'esprit. Après tout, combien de partitions récentes contiennent un pastiche de chanson de Noël Coward ? Dirty Rotten Scoundrels est un signe très encourageant qu'on sait encore faire de la bonne comédie musicale sur Broadway. Longue vie à ce genre convalescent !


“The Hitchhiker's Guide to the Galaxy”

Loews E-Walk, New York • 29.4.05 à 14h20

J'avais dévoré les livres de Douglas Adams dans mon adolescence, et j'étais curieux de voir comment son humour absurde très particulier pouvait être transposé à l'écran. Eh bien, le résultat est plutôt probant, même si l'exercice est naturellement périlleux. Un exercice satisfaisant...


“Spamalot”

Shubert Theatre, New York • 28.4.05 à 20h

Je suis allé voir ce spectacle trois heures après avoir regardé le film Monthy Python and the Holy Grail qui en est la source. Du coup, j'ai eu l'impression de voir le film une deuxième fois, mais avec des numéros musicaux insérés toutes les deux ou trois scènes. L'humour des Monthy Python ne m'a jamais beaucoup emballé, ce dont j'ai eu à nouveau la preuve. Le public semblait, lui, passer un bon moment, même s'il connaissait manifestement le film par coeur, comme en prouvent les nombreux éclats de rire provoqués par la simple apparition d'un personnage au début d'une scène, avant que ne se produisent les événements supposés déclencher les rires. L'enthousiasme du public a cependant semblé diminuer au fil du temps. Les meilleures plaisanteries sont les plus courtes, dit-on. De toute évidence pas pour les Monthy Python. La grosse déception vient de la partition, particulièrement médiocre.


“Sweet Charity”

Al Hirschfeld Theatre, New York • 27.4.05 à 20h (preview)

Sweet Charity sans la chorégraphie de Bob Fosse ? Certaines oeuvres sont tellement inextricablement liées à leur conception scénique originale qu'il paraît presque grotesque de chercher à les réinventer (A Chorus Line en est un autre exemple). En réalité, les moments-clés comme “Big Spender” et “The Rich Man’s Frug” rappellent furieusement la conception de Fosse. Différent mais similaire... A quoi bon, au fond ? J'ai pris plus de plaisir à cette production de Sweet Charity que je ne le pensais, même si elle est loin d'être parfaite. Christina Applegate est une Charity touchante. Dans le rôle d'Oscar, Denis O'Hare (vu dans Take Me Out) en fait un peu trop dans le registre de la psychose et semble jouer en direction du public plus qu'avec ses partenaires sur scène. Et ses qualités de chanteur sont relativement médiocres. Les rôles secondaires s'en sortent beaucoup mieux. Principale fausse note : la conception de "The Rhythm of Life", totalement incompréhensible, qui retire au numéro sa coloration "sixties". Autre motif d'insatisfaction : le deuxième acte semble un peu bancal... mais ce n'est sans doute pas la faute des concepteurs de cette version. Pas mauvais. Pas très bon non plus...


“The Glass Menagerie”

Ethel Barrymore Theatre, New York • 27.4.05 à 14h

The Glass Menagerie (1944) est vraisemblablement la pièce qui contribua le plus à donner à Tennessee Williams le statut d'auteur dramatique de tout premier plan aux États-Unis... statut confirmé ensuite par deux Pulitzer Prizes (l'un en 1948 pour A Streetcar Named Desire et l'autre en 1955 pour Cat on a Hot Tin Roof). Cette production, mise en scène par David Leveaux, a été relativement mal reçue par la presse new-yorkaise... comme semble-t-il toute production récente mise en scène par un Anglais... et pourtant, la qualité de la mise en scène, comme celle des comédiens, est remarquable. La magistrale interprétation de Jessica Lange, dans le rôle principal d'Amanda, est toute en nuances et en émotion. Les critiques lui ont reproché de ne pas suffisamment représenter la dureté de son personnage, mais je préfère mille fois en voir la fragilité, qui n'est pas incompatible avec sa tendance chronique à la manipulation psychologique, au contraire. Dans le rôle du fils, Tom, qui sert de narrateur par intermittence, Christian Slater se distingue par une forte présence scénique. Il peut toutefois donner un peu l'impression d'être dans une autre pièce, ce qui n'est évidemment pas idéal... sauf à considérer que c'est une habile représentation de la distance qui le sépare du monde virtuel dans lequel Amanda s'est repliée. Très bonne prestation également de la part de Sarah Paulson, qui incarne une Laura empêchée de vivre sa vie par la manipulation psychologique d'Amanda comme par l'excès de protection de son frère Tom. Une forte expérience théâtrale, en somme...


“The Far Pavilions”

Shaftesbury Theatre, London • 24.4.05 à 15h [preview]

Img_0886Cette comédie musicale, qui est l'adaptation d'un roman à gros succès de M. M. Kaye, est la énième tentative malheureuse pour recréer un spectacle épique du type de celui des Misérables à une autre époque, en d'autres lieux. Le résultat, plombé par l'emphase et la grandiloquence, n'est pas convaincant du tout. Seuls les quelques passages de musique indienne ajoutés pour faire couleur locale parviennent à être agréables. Vouloir faire tenir quelques centaines de pages de roman dans un spectacle de deux heures et demi n'est jamais une bonne idée. Emporté dans une sorte de narration permanente, le récit ne prend jamais le temps de s'arrêter sur une situation ou un personnage, ce qui est particulièrement préjudiciable à l'histoire d'amour située au coeur de l'action. Comment se sentir une quelconque empathie pour des personnages qui ne nous ont jamais été correctement présentés ? ou pour un amour impossible dont on ne nous a jamais montré l'intensité ? La mise en scène s'appuie sur une "tournette double", dont les révolutions multiples et fréquentes finissent par donner la nausée. Les chansons ne se distinguent guère les unes des autres ; on chante fort, très fort, avec beaucoup de pathos et de notes longuement tenues. L'expérience rappelle Napoleon et La Cava, deux spectacles récents assez comparables...

The Far Pavilions n'a pas l'air d'attirer les foules. Les critiques ont été mitigées, et je me suis retrouvé au sixième rang d'orchestre avec un billet à demi-tarif acheté au tkts. En y réfléchissant, cela fait longtemps que le Shaftesbury n'a pas eu de gros succès : Lautrec, Peggy Sue Got Married, ...


“Company”

Derby Playhouse, Derby • 23.4.05 à 14h30

An elegant, classy and intelligent production. The cast ranges from excellent to average: Liz Robertson is a great Joanne; the girl playing April — who looks like the hidden twin sister of Jane Horrocks — is also remarkable; on the other hand, the girl playing Marta is the biggest letdown, at least on the singing front. The leading man, Glenn Carter, is a bit bland at times, but he sort of manages to be a convincing Robert — he reminded me a bit of John Barrowman in the DC production. He still has that annoying habit of “under-singing,” which he already had in Jesus Christ Superstar. At a time when every musical sounds too loud, I guess people shouldn't be blamed for keeping things under control, but Carter goes too far.

The reduced orchestration is mostly okay, except in a couple of places where a very noticeable trait of the original score is missing. The set is gorgeous and very cleverly designed. Good lighting. Good pace. Very enjoyable overall, although not completely up to West End standards. Although given how West End standards seem to have deteriorated lately...


“Tristan und Isolde”

Opéra Bastille, Paris • 16.4.05 à 18h

Seldom had the Paris Opera Orchestra sounded so incandescent. Esa-Pekka Salonen took Wagner's  score to felicitous heights in this production directed by Peter Sellars but dominated by a video creation by Bill Viola. The leads, Ben Heppner and Waltraut Meier, were electrifying. A strong and emotional experience.