Opéra-Comique, Paris • 18.2.13 à 20h
Musique : Reynaldo Hahn (1923). Livret : Robert de Flers et Francis de Croisset.
Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, Laurence Equilbey. Mise en scène : Michel Fau. Avec Julie Fuchs (Ciboulette), Julien Behr (Antonin), Jean-François Lapointe (Duparquet), Jean-Claude Sarragosse (Grenu), Jérôme Deschamps (Olivier Métra), Eva Ganizate (Zénobie), Bernadette Lafont (Madame Pingret), Guillemette Laurens (la Mère Grenu), Ronan Debois (Roger), Michel Fau (la Comtesse de Castiglione), …
Beaucoup de choses détonnent, dans cette production du trop rare chef d’œuvre de Reynaldo Hahn : des chanteurs peu au fait du “style français”, une direction musicale sans génie, des lumières crépusculaires et glauques, une mise en scène qui accumule les maladresses, au point d’être totalement démissionnaire dans le troisième acte — plombé de surcroît par un malencontreux numéro de travesti bien mal avisé, …
Et pourtant… et pourtant… la partition de Hahn est une telle merveille qu’il est impossible de résister au charme considérable de cette musique si raffinée, si inventive… et si sublimement orchestrée. Certains passages, comme l’underscore qui accompagne les réminiscences de Duparquet avant qu’il n’attaque “C’est tout ce qui me reste d’elle…” laissent pantois d’admiration.
On note quelques belles prestations sur scène, notamment le Duparquet très solide de Jean-François Lapointe. Tout le monde semble prendre un grand plaisir à ressusciter ce chef d’œuvre oublié… Tant mieux, car Hahn est l’un des génies oubliés de la musique française… desservi, sans doute, par cette redoutable et ambiguë étiquette de compositeur d’opérette.

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