Broadhurst Theatre, New York • 4.11.11 à 20h
Mise en scène et chorégraphie : Warren Carlyle. Direction musicale : Patrick Vaccariello.
Hugh Jackman est une sorte d’OVNI. Non content d’être un acteur de cinéma mondialement connu — ses films lui rapportent des millions de dollars —, il n’a jamais caché son amour pour la scène. On l’a vu interpréter un Curly éminemment attachant dans la production de Oklahoma! au National Theatre de Londres (1998), puis endosser les tenues lamées de Peter Allen dans la comédie musicale The Boy From Oz à Broadway (2003), avant de le retrouver aux côtés de Daniel Craig dans une curieuse mais intéressante pièce à deux personnages, A Steady Rain (2009). Après qu’il aura fini de tourner le énième volet de la saga des Wolverine, il interprétera Jean Valjean dans la version cinématrographique à venir de la comédie musicale Les Misérables.
On ne sait ce qui mérite le plus l’admiration dans ce spectacle : la simplicité de Jackman, son enthousiasme quasi juvénile, sa capacité à créer une étonnante proximité avec le public, son sens de l’humour, … ou tout simplement la fausse impression de facilité qui émane d’un spectacle manifestement réglé au cordeau, dans lequel il chante et danse divinement.
Plusieurs séquences de type “medley”, dont une consacrée à New York, une aux films de la MGM et une à Peter Allen, sont magnifiquement conçues et sublimement interprétées. Il y a des multitudes d’enchaînements et de ruptures rythmiques, tous parfaitement négociés. Et quelle voix ! Un mélange de puissance, de classe et d’expressivité. Jackman clôt le premier acte avec la chanson “Bill” de Carousel : c’est un moment extraordinaire, intense, d’une incroyable beauté vocale.
Le magnifique “big band” de 17 ou 18 musiciens interprète des arrangements de rêve sous la baguette de Patrick Vaccariello, ce qui ne peut qu’amplifier le plaisir.
Dans un monde de faux-semblants et de célébrités factices, Hugh Jackman mériterait sans doute plus que beaucoup d’autres d’être qualifié de star, si le mot ne s’était malheureusement trouvé dévoyé. Il le doit certes à son magnétisme naturel, mais aussi à une éthique professionnelle évidente qui en fait l’un des “performers” les plus sensationnels que j’aie vus sur scène.




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