Opéra Bastille, Paris • 10.12.12 à 19h30
Georges Bizet (1875). Livret de Henry Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle de Prosper Mérimée.
Direction musicale : Philippe Jordan. Mise en scène : Yves Beaunesne. Avec Anna Caterina Antonacci (Carmen), Khachatur Badalyan (Don José), Ludovic Tézier (Escamillo), Genia Kühmeier (Micaëla), …
Une expérience mitigée : si le metteur en scène possède un indéniable instinct visuel, sa conception reste largement statique. Résultat : cette production manque de feu et de passion. Les personnages y perdent beaucoup : la Carmen d’Antonacci, que j’avais pourtant beaucoup aimée à Londres, semble bien éteinte.Philippe Jordan, qui cède à son habituel penchant chambriste, y est sans doute pour quelque chose. Il propose malgré tout de fort jolis moments, comme un prélude de l’acte 3 à chavirer de plaisir. Mais il semble avoir définitivement oublié que l’opéra est aussi du théâtre.
(Un curieux phénomène se produit après l’entracte : le son semble soudain plus audible, qu’il provienne de la scène ou de la fosse. Je ne pense pas avoir été victime d’une hallucination.)
L’Escamillo charismatique de Ludovic Tézier remonte le niveau d’une scène plombée par le Don José médiocre de Khachatur Badalyan. Le public ovationne la Micaëla de Genia Kühmeier, que je trouve pourtant assez irrégulière.
Beaunesne, presque comme Bieito à Londres, déplace l’action dans l’Espagne d’après Franco. Une idée assez inoffensive, qui semble choquer le public à en juger par les désormais incontournables huées finales. Est-ce à cause de la perruque blonde ? Il semble pourtant assez facile d’imaginer une Carmen blonde dans l’Espagne de la movida. À moins qu’elles ne soient dues à la scène finale, jouée devant un trou béant dont la signification est assez difficile à déchiffrer.

Mince j'y vais bientôt, et j'ai tellement envie d'aimer ça à mooooort. :-//
Rédigé par : Matoo | 17 décembre 2012 à 10:47