De Nederlandse Opera, Amsterdam • 9.9.12 à 13h30
Franz Schreker (1920)
Orchestre Philharmonique des Pays-Bas, Marc Albrecht. Mise en scène : Ivo van Hove. Avec Tijl Faveyts (le Roi), Manuela Uhl (Els), Raymond Very (Elis), Graham Clark (le Fou), Gordon Gietz (Albi), Kay Stiefermann (l’Huissier), …
Une semaine plus tard, je suis encore sous le charme de cette partition irrésistible et trop peu jouée. J’avais pourtant écouté l’enregistrement dirigé par Gerd Albrecht (dont Marc Albrecht — l’homonymie est accidentelle — était l’assistant à l’Opéra de Hambourg à l’époque de l’enregistrement), mais je n’étais pas préparé à autant de splendeur.
Car la musique de Schreker est d’une luxuriance somptueuse. Elle fait un peu le lien entre Strauss et Broadway ou Hollywood… ce qui n’est finalement pas si étonnant car Schreker est de la génération d’un Rudolf Friml, par exemple, l’un de ces compositeurs européens installés aux États-Unis qui ont contribué à façonner la musique américaine du 20e siècle.
En ce qui me concerne, la partition de Der Schatzgräber appuie en permanence sur tous les bons boutons et me transporte de façon indescriptible. L’interprétation de Marc Albrecht est magnifique, aérienne, d’une poésie délicieuse.
J’avais un peu peur de ne rien comprendre, mais l’intrigue est suffisamment simple pour que la lecture d’un synopsis détaillé suffise à se sentir à l’aise, d’autant que la mise en scène est très lisible.
Lisible mais pas très belle. On se souvient du Ring de Ivo Van Hove pour l’Opéra des Flandres. Ce n’est pas une grande surprise de le voir transposer ce Schatzgräber dans un univers visuellement peu attrayant. On soupçonne un discours visant à rendre l’œuvre “pertinente” à travers une transposition contemporaine, mais on cherche en vain le sens d’une telle entreprise.
Belle distribution, dont se distingue le Roi à la voix envoûtante de Tijl Faveyts.

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