Soho Theatre, Londres • 4.8.12 à 20h
Musique : George Stiles. Lyrics : Anthony Drewe. Livret : Anthony Drewe & Elliot Davis.
Mise en scène : Jonathan Butterell. Direction musicale : Stephen Ridley. Avec Tom Milner (Robbie), Amy Lennox (Velcro), Michael Xavier (James Prince), Jenna Russell (Marilyn Platt), Suzie Chard (Clodagh), Beverly Rudd (Dana), Gerard Carey (William George), Neil McCaul (Lord Bellingham), Raj Ghatak (Sasha) et la voix de Stephen Fry (Narrator).
J’avais dit tout le bien que je pensais de cette nouvelle comédie musicale inspirée de Cendrillon lorsque j’avais assisté à la représentation unique donnée en concert au Queen’s Theatre un dimanche d’octobre 2011. La pièce est aujourd’hui présentée pendant quelques semaines dans un petit théâtre moderne du centre de Londres, le Soho Theatre, que je ne connaissais pas encore.
On est heureux de retrouver dans la distribution quelques uns des comédiens qui brillaient particulièrement lors du concert, à commencer par la délicieuse Amy Lennox, dont le personnage de Velcro est merveilleusement doux-amer. Suzie Chard et Beverly Rudd sont toujours là, dans les rôles des deux belles-sœurs vulgaires et moches, Clodagh et Dana, engoncées dans des vêtements trop petits et trop serrés et couvertes d’un maquillage épouvantable. Et le toujours séduisant Michael Xavier reste fidèle au rôle de James Prince, le politicien qui découvre qu’il n’a rien à gagner à cacher son homosexualité.
Exeunt en revanche David Bedella, Clive Carter et Hannah Waddingham, remplacés respectivement par Gerard Carey, peut-être encore plus déjanté que son prédécesseur dans le rôle du directeur de campagne sans scrupule, par Neil McCaul et par la merveilleuse Jenna Russell, à qui le rôle de Marilyn, la fiancée de convenance, va comme un gant.
Le seul vrai regret est de ne pas retrouver l’excellent Jos Slovick, qui apportait beaucoup au rôle principal de Robbie. Son remplaçant, Tom Milner, chante fort bien, mais sa voix parlée est presque insupportablement aiguë et il n’a ni le charme, ni la profondeur de Slovick. Il est beaucoup plus difficile, du coup, de comprendre que Prince puisse tomber amoureux de lui.
Le concert d’octobre 2011 était narré (avec beaucoup de talent) par Sandi Toksvig... un procédé courant dans les versions concerts pour compenser l’absence d’une véritable mise en scène. Curieusement, cette production conserve le principe de la narration, ce qui est inhabituel mais s’avère fonctionner plutôt bien, d’autant que c’est Stephen Fry qui a enregistré le texte.
Bien qu’il n’y ait plus que six musiciens, la partition de George Stiles est toujours aussi envoûtante. Le don mélodique de Stiles est évident… et la variété des styles musicaux est un bonheur. Les paroles de “Gypsies of the Ether” sont toujours aussi insupportables mais c’est, avec le choix du comédien principal, la seule faiblesse de la pièce.
Pour le reste, on est conquis.

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