Irish Repertory Theatre, New York • 11.8.12 à 20h
Musique & lyrics : Bob Merrill. Livret : George Abbott, d’après la pièce Anna Christie, de Eugene O’Neill.
Mise en scène : Charlotte Moore. Direction musicale : John Bell. Avec Margaret Loesser Robinson (Anna), Patrick Cummings (Matt), Danielle Ferland (Marthy), Cliff Bemis (Chris Christopherson), Dewey Caddell, Abby Church, Matt Gibson, Kimberly Dawn Neumann, Alex Puette, Amber Stone, Stephen Zinnato.
Je ne me souviens pas avoir lu comment a bien pu germer l’idée de baser une comédie musicale sur la célèbre pièce Anna Christie de Eugene O’Neill (Pulitzer Prize en 1922)… en en confiant de surcroît la partition à un compositeur connu principalement à l’époque pour sa chanson “(How Much Is That) Doggie in the Window?” (interprétée en français par Line Renaud).
Je ne pensais en tout cas pas avoir l’occasion de voir un jour cette pièce de 1957 largement conçue autour de la merveilleuse Gwen Verdon, suprêmement douée dans les trois domaines du chant, de la danse et de la comédie. Le spectacle était chorégraphié par Bob Fosse, que Verdon épousera en 1960 et dont elle restera l’égérie et la muse bien après que ce mariage se sera effondré.
Le livret de la comédie musicale s’éloigne un peu de la pièce quant au rôle donné à Marthy, la compagne du père d’Anna (qui s’efface très vite dans la pièce, alors qu’elle joue un rôle crucial dans le déroulement des événements dans la comédie musicale)… mais il lui reste finalement assez fidèle. Reste que l’ajout de chansons… et, encore plus, de scènes dansées… à Anna Christie ne semble pas très naturel — je me demandais même en lisant la pièce dans l’avion qui m’amenait à New York comment c’était possible sans tomber dans le ridicule.
La partition de Bob Merrill est loin d’être désagréable, même si l’enregistrement de 1957 ne lui rend pas totalement justice. Elle est interprétée dans cette production du petit Irish Repertory Theatre par un joli quatuor piano / clarinette / guitare / percussions… auquel s’adjoint de temps en temps un saxophone, joué par l’un des comédiens.
La mise en scène de Charlotte Moore est un relatif sans-faute, dans un décor et des projections très joliment conçus pour le petit espace du théâtre. Le premier changement de décor — qui demande de passer d’un bar au pont d’une barge — est une petit merveille.
Margaret Robinson interprète un personnage à tout jamais associé au souvenir de Gwen Verdon. Elle relève le défi de manière tout à fait convaincante, en trouvant sa propre voix. Le reste de la distribution est très homogène et de très bonne tenue — on apprécie tout particulièrement l’exécution des grande scènes dansées, excellement chorégraphiées par Barry McNabb.
Grosse surprise en sortant : le légendaire Hal Prince, co-producteur du spectacle en 1957, est dans le hall du théâtre. Il est plus petit que je ne le pensais.

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