UGC Ciné-Cité les Halles, Paris • 13.8.12 à 20h
Steven Soderbergh (2012). Avec Channing Tatum (Magic Mike), Alex Pettyfer (Adam), Cody Horn (Brooke), Matthew McConaughey (Dallas), ...
On n'ira pas voir le dernier Soderbergh pour la subtilité de son scénario ou pour la finesse de l'analyse sociale qui le sous-tend. D’une certaine façon, Magic Mike est un clin d’œil à tout un pan du cinéma contemporain, peuplé de gentils personnages convaincus qu'ils cheminent vers un avenir meilleur alors qu'ils s'enfoncent inéluctablement dans la médiocrité et la déchéance. Soderbergh réalise avec Magic Mike une ode au loser dans toute sa mythique splendeur, une expression illustrée presque littéralement par des scènes de strip-tease aussi ambitieuses dans leur conception qu’elles sont miteuses dans leur exécution.
Le film fonctionne d’autant mieux que Channing Tatum propose une prestation poignante à la fin du film, lorsque le personnage titulaire est rappelé violemment à la réalité. Tatum équilibre la prestation très absente d'une Cody Horn qui semble recrutée à l'école française du “less is more”. Mais voilà, “less” que rien, il ne reste pas grand' chose.
M’étant aperçu en sortant du film que j’avais négligé une bonne partie de la production de Soderbergh depuis Erin Brockovich, je me suis précipité sur Haywire, un de ses films les plus récents (daté de 2011, mais sorti en juillet 2012 en France). Et je me suis régalé : sorte de méta-film d’action dont le scénario est au fond parfaitement secondaire, Haywire émerge comme un captivant exercice formel qui revisite avec soin et inspiration les codes du film d’action. Distribution de rêve, réalisation irréprochable : on a l’impression d’avoir vu le film mille fois, et pourtant on n’a jamais rien vu de pareil. Délicieuse petite attention de la part du scénariste, qui fait commencer et terminer le film par la même interjection : “Shit!”.

Les deux films sont sortis presque en même temps, et Télérama propose de les voir en miroir : Haywire est sur un corps féminin qui bouge de façon masculine, et Magik Mike est sur des corps masculins qui bougent de façon féminine. Je n'ai pas vu Magik Mike, je te laisse apprécier si cette remarque fonctionne ou pas.
Rédigé par : Bladsurb | 21 août 2012 à 19:30
> Pourquoi pas… mais c’est un peu capilotracté, d’autant que je n’ai pas trouvé grand’ chose de féminin dans la façon dont les mecs de “Magic Mike” se bougent…
Rédigé par : Laurent | 22 août 2012 à 00:18