Union Theatre, Londres • 1.7.12 à 14h
Musique : Dana P. Rowe. Livret & lyrics : John Dempsey.
Mise en scène : Michael Strassen. Direction musicale : Simon Lambert. Avec Louis Maskell (Cal), Liz May Brice (Violet), Miles Western (Grahame), Pete Gallagher (Reed), Daisy Tonge (Tina), Donovan Preston (Peter), Leon Kay (Anthony Gliardi), Daryl Armstrong (Frankie Diamanti), Will Pearce (Bobby “Cracker” Barrell), Gary Mitchinson (Richard), Eliza Anderson (Maria), Natalie Green (Lesley Pinchon), Natalie Lipin (Deborah Pullman), Heather Scott-Martin (Danielle).
Les auteurs Dana P. Rowe et John Dempsey ont eu un parcours curieux : alors que leurs noms étaient cités dans les années 1990 comme faisant partie de la “relève” susceptible de faire entrer la comédie musicale dans le 21ème siècle, ils semblent avoir aujourd’hui largement disparu des radars après avoir livré au public trois œuvres seulement : Zombie Prom, une potacherie créée Off-Broadway en 1996 (et que je n’ai toujours pas vue) ; The Fix, créée Off-West End en 1997 (au Donmar Warehouse, où je l’ai vu) ; et une ambitieuse adaptation du film The Witches of Eastwick, créée à Londres en 2000 et qui a connu de nombreuses productions depuis, chaque fois dans une version modifiée par rapport à la précédente. Une nouvelle comédie musicale de Rowe & Dempsey, Brother Russia, vient d’être créée à Washington, au Signature Theatre ; les extraits que j’en ai entendus ne sont pas très convaincants.
Je me souvenais assez bien de The Fix quinze ans après sa création, en partie parce que la production originale, magnifiquement mise en scène par Sam Mendes, pouvait s’enorgueillir de mettre en vedette trois comédiens aussi charismatiques que talentueux : John Barrowman, Philip Quast et Kathryn Evans. Il s’agit d’une comédie musicale ambitieuse : l’intrigue concerne une famille patricienne américaine décidée coûte que coûte à accéder à la Maison Blanche. Lorsque Reed, le père, meurt d’une crise cardiaque pendant une escapade extra-conjugale, les espoirs se reportent sur Cal, le fils adolescent un peu rêveur, que rien ne prédispose à la politique. Après une ascension fulgurante orchestrée en coulisse par la mère de Cal, Violet, et son oncle Grahame et propulsée par le culot, la drogue et la manipulation médiatique viendra une chute vertigineuse et violente.
C’est noir mais astucieusement écrit… et ce serait sans doute plus efficace si la musique était plus inspirée. Car le point faible de The Fix est sa partition nourrie d’un style rock assez générique et sans âme véritable.
Le petit Union Theatre a réuni une distribution très capable, au service d’une mise en scène au cordeau du très talentueux Michael Strassen (Assassins), manifestement à l’aise pour se débrouiller d’un budget très limité. On y remarque tout particulièrement le génial Miles Western, extraordinaire dans le rôle de l’oncle Grahame, interprété à la création par Philip Quast : c’est le seul parmi les rôles principaux qui pourrait prétendre éclipser son prestigieux prédécesseur.

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