Passionsspielhaus, Erl (Autriche) • 29.7.12 à 11h
Wagner (1882)
Direction musicale & mise en scène : Gustav Kuhn. Avec Michael Baba (Parsifal), Mona Somm (Kundry), Johannes Schmidt (Gurnemanz), Thomas Gazheli (Amfortas), Michael Kumpfer (Klingsor), Michael Doumas (Titurel), …
Au milieu des champs, en plein Tyrol autrichien, sur une commune de 1500 âmes trône une magnifique salle de 1500 places dotée d’un orgue, construite à la fin des années 1950 pour accueillir les Passions amoureusement montées par les habitants de la région.
La salle, dont les sièges sont en bois comme à Bayreuth et dont l’acoustique est quasiment miraculeuse, accueille aussi le festival d’été amoureusement supervisé par le chef Gustav Kuhn. Cette année, sur les quatre week-ends de juillet, on a donné pas moins de quatre opéras de Wagner : Lohengrin, Tristan und Isolde, Tannhäuser et Parsifal… ainsi que, pour se reposer sans doute, Tosca, Carmina Burana et la neuvième de Beethoven.
J’ai été soufflé par la qualité de ce Parsifal. Les musiciens donnent l’impression d’avoir 25 ans en moyenne, mais ils jouent cette musique avec une jubilation et une précision réjouissantes. Peut-être en raison de cette relative jeunesse, Kuhn a tendance à privilégier des tempi plutôt rapides et il garde une certaine régularité là où d’autres chefs préfèrent tensions et rubatos. L’œuvre n’en souffre guère, sauf peut-être un peu dans le troisième acte. La présence d’un orgue dans la salle est un gros plus.
Les chanteurs étaient dans l’ensemble pour moi de relatifs inconnus, mais ils proposent des prestations dignes des meilleures maisons. J’ai été particulièrement scotché par le Gurnemanz très sombre de Johannes Schmidt. La prestation généreuse et lyrique de Michael Kumpfer en Klingsor lui a valu une ovation méritée lors des saluts. Amfortas fascinant et intense de Thomas Gazheli, malgré quelques limitations dans l’aigu.
La mise en scène est très dépouillée, mais elle est efficace dans sa simplicité. On retiendra tout particulièrement les images du deuxième acte, où une échelle qui sert de “perchoir” à Klingsor est recouverte d’un drap noir pendant que Kundry essaie de séduire Parsifal.

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