Royal Albert Hall, Londres • 14.7.12 à 19h
Musique : Frederick Loewe (1956). Livret et lyrics : Alan Jay Lerner, d’après Pygmalion de George Bernard Shaw.
John Wilson Orchestra, John Wilson. Mise en scène : Shaun Kerrison. Chorégraphie : Josh Prince. Avec Annalene Beechey (Eliza Doolittle), Anthony Andrews (Henry Higgins), James Fleet (Pickering), Jenny Galloway (Mrs. Pearce), Siân Phillips (Mrs. Higgins), Alun Armstrong (Alfred P. Doolittle), Julian Ovenden (Freddy Eynsford-Hill),…
Je dois reconnaître attendre chaque année avec une réelle trépidation l’annonce de ce que nous réserve le John Wilson Orchestra dans le cadre de ses désormais traditionnelles apparitions dans le cadre des “Proms”. Cette année, son premier concert est consacré à une interprétation de My Fair Lady employant les orchestrations écrites pour le film mythique de 1964.
J’espérais que le programme expliquât mieux le processus de création de ces sublimes orchestrations. Celles de la comédie musicale sont dues aux légendaires Robert Russell Bennett, Phil Lang et Jack Mason, en coopération avec la non moins légendaire Trude Rittman pour les arrangements des numéros dansés et avec Gino Smart pour les arrangements choraux. Le générique du film crédite quant à lui deux autres grosses pointures, Alexander Courage et Robert Franklyn, alors qu’il est évident que les orchestrations du film s’appuient largement sur celles de la comédie musicale. Un livre récemment publié sur la création de My Fair Lady en dit certainement davantage… même si on sait que l’orchestration des spectacles de Broadway a toujours été un processus collaboratif particulièrement complexe faisant intervenir de nombreux intervenants.
Quoi qu’il en soit, entendre cette magnifique partition interprétée par un orchestre symphonique aussi talentueux (mené avec un enthousiasme communicatif par le très sympathique Andrew Haveron, le Concertmaster du Philharmonia Orchestra) est un indicible bonheur… d’autant que l’œuvre est complètement mise en scène et chorégraphiée, que les comédiens jouent par cœur et en costumes… et qu’il ne manque finalement que des décors pour que l’expérience théâtrale soit complète.
À part un nombre inhabituel de problèmes de micros non ouverts, la représentation est un régal absolu. Je suis particulièrement bien placé pour observer l’orchestre et pour entendre les sublimes contrechants régulièrement confiés à l’harmonie. J’ai été particulièrement bouleversé par un contrechant confié au cor solo pendant la reprise orchestrale de “I Could Have Danced All Night” qui accompagne l’apparition d’Eliza dans sa robe de bal (qui, lors de cette représentation, marquait la fin de la première partie, alors que ce n’est pas la fin du premier acte). La flûte et le basson sont également à la fête, avec quelques apparitions plus rares mais particulièrement exquises du hautbois.
Très très belle distribution, au sein de laquelle on retrouve l’inénarrable Jenny Galloway, qui était déjà la Mrs. Pearce du Châtelet. À part la lassitude que j’éprouve désormais à l’égard du personnage d’Alfred Doolittle et de ses deux interminables chansons, je me suis retrouvé pendant trois heures au paradis de la comédie musicale. Vivement le deuxième concert du John Wilson Orchestra dans quelques semaines.

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