Opéra-Bastille, Paris • 4.7.12 à 19h30
Strauss (1933). Livret : Hugo von Hofmannsthal
Direction musicale : Philippe Jordan. Mise en scène : Marco Arturo Marelli. Avec Kurt Rydl (Graf Waldner), Doris Soffel (Adelaide), Renée Fleming (Arabella), Genia Kühmeier (Zdenka), Michael Volle (Mandryka), Will Hartmann (Matteo), Eric Huchet (Graf Elemer), Edwin Crossley (Mercer Graf Dominik), Thomas Dear (Graf Lamoral), Iride Martinez (Die Fiakermilli), Irène Friedli (Eine Kartenaufschlägerin), Istvan Szecsi (Welko), Bernard Bouillon (Djura), Gérard Grobman (Jankel), Ralf Rachbauer (Ein Zimmerkellner), Slawomir Szychowiak, Daejin Bang, Shin Jae Kim (Drei Spieler).
C’est une sacrée surprise de ressortir aussi enchanté de cette jolie production de l’une des partitions les plus enchanteresses de Strauss, qui exude sa “viennoisité” par tous les pores, à la façon d’un Rosenkavalier dopé aux stéroïdes. C’est le Strauss que je connais le moins bien et je n’ai, curieusement, gardé presque aucun souvenir de la production de 2002 au Châtelet, à part son imposant décor et son escalier gigantesque. Et j’avais presque perdu l’habitude de prendre du plaisir à une production de l’Opéra de Paris.
Renée Fleming possède un don : elle peut continuer à jouer des rôles de jeunes-filles sans avoir l’air ridicule (sa Tatiana du Metropolitan Opera était magnifique). C’est également une comédienne de talent : à l’acte 2, notamment, on est étonné par la lisibilité des sentiments successifs qu’elle parvient à évoquer par sa seule prestation physique, même depuis le milieu du premier balcon. On a pu lui reprocher une puissance chancelante, mais elle était très correctement en voix lors de cette représentation. Il faut dire que l’acoustique de la salle était très favorable, comme chaque fois que la scène est occupée par un décor fermé qui fait caisse de résonance (le dernier exemple qui me revienne à l’esprit est le Don Giovanni de Haneke).
La mise en scène de Marco Arturo Marelli est légère comme l’écume de la chantilly sur un chocolat chaud. Son décor virevoltant, qui semble danser la valse, apporte charme et légèreté à la production. Dans la fosse, Philippe Jordan parvient à donner de la clarté à la somptueuse partition de Strauss, qui est pourtant assez dense… mais son travers habituel, la difficulté à se laisser aller, est fréquemment mis en évidence dans une interprétation musicale marquée par une forme de frigidité.

Oooh tu me donnes envie !!
Rédigé par : Matoo | 11 juillet 2012 à 14:27
C'est vrai, tu as raison. Madame Flemming est un mime excellent, mais en revanche pas vraiment une grande straussienne... j'ai été très déçu par la production — qui m'a semblé peser quinze tonnes ... contrairement à la production du Châtelet en 2002, qui m'avait paru un enchantement de bout en bout, et j'y avais adoré Karita Mattila....
Rédigé par : Chris_mirambeau | 11 juillet 2012 à 14:41