Művészetek Palotája, Budapest • 15.6.12 à 16h
Wagner (1876)
Orchestre symphonique de la Radio hongroise, Ádám Fischer. Mise en scène : Hartmut Schörghofer. Avec Christian Franz (Siegfried), Gerhard Siegel (Mime), Juha Uusitalo (Wotan), Harmut Welker (Alberich), Matti Salminen (Fafner), Erika Gál (Erda), Iréne Theorin (Brünnhilde), Gabi Gál (Waldvogel).
Et on poursuit ce Ring budapestois avec une nouvelle représentation de très haut vol, même si j’ai retrouvé au début la difficulté intermittente que j’éprouve à m’intéresser complètement à ce troisième volet de la Tétralogie.
Gerhard Siegel et Christian Franz ont malheureusement en commun de ne pas chanter toutes leurs notes… et l’espèce d’aboiement qu’ils substituent aux notes qu’ils choisissent d’ignorer me tape vraiment sur les nerfs. Je dois cependant reconnaître que Christian Franz, dont j’ai souvent dit beaucoup de mal, chante environ 90 % de la partition, ce qui est déjà remarquable pour quelqu’un qui s’enchaîne tout un Ring (Loge / Siegmund / Siegfried) en six jours.
L’Alberich de Harmut Welker est marginalement en meilleure voix que dans Rheingold, mais son vibrato très large et très mal contrôlé dans l’aigu trahit une sérieuse absence de maîtrise. Matti Salminen est sublime en Fafner, tandis que Juha Uusitalo réussit magistralement la sortie de Wotan. En faisant exception d’un petit trou de mémoire passager à l’acte 3, c’est quasiment le seul à chanter complètement son rôle sans verser accidentelement dans une sorte de parlando temporaire. Jolies prestations de la part d’Erika Gál en Erda et de Gabi Gál en Oiseau de la forêt.
Je ne sais pas si quelque chose s’est produit pendant le deuxième entracte ou si c’est moi qui suis revenu dans de meilleures dispositions, mais l’acte 3 fut une telle accumulation de splendeurs qu’il va se ranger très très haut au palmarès des expériences vécues : orchestre incandescent, un Siegfried et une Brünnhilde en état de grâce… et une standing ovation largement méritée.
Le concept de mise en scène commence à montrer ses limites, avec des visuels qui manquent d’homogénéité et de suite dans les idées. La présence sur scène du cor anglais (chargé des couacs que Siegfried tire de son roseau mal taillé) et du remarquable cor solo au deuxième acte est une jolie surprise, après l’enclume du premier acte (jouée par un musicien et non par les chanteurs comme d’accoutumée).

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