Finborough Theatre, Londres • 11.6.12 à 16h
Musique : Edward German (1902). Livret : Basil Hood.
Mise en scène : Alex Sutton. Direction musicale : Eamonn O’Dwyer. Avec Jamie Birkett (The May Queen), Nichola Jolley (Jill-All-Alone), Gemma Sandzer (Bessie Throckmorton), Virge Gilchrist (Queen Elizabeth I), Stuart Hickey (Big Ben), Christopher Killik (Long Tom), Daniel Cane (Walter Wilkins), Michael Riseley (Sir Walter Raleigh), Stephen Darcy (The Earl of Essex), Tom Giles (Silas Simkins), Alexander Beck (A Butcher), Luke Courtier (A Baker), Rhys Saunders (A Tinker), Brendan Matthew (A Tailor), Ruth Leavesley, Rachel Holbrook, Jody Ellen Robinson, Sammy Andrews, Rachel Holbrook.
Cela faisait plus de cinquante ans que Londres n’avait pas eu la chance de revoir cette opérette de 1902, dotée pourtant d’une partition somptueuse. Edward German est parfois considéré comme le successeur d’Arthur Sullivan. Comme lui, il a souffert de ne pas être reconnu pour des œuvres plus sérieuses. Mais je le trouve supérieur à Sullivan par la variété de l’inspiration mélodique, sa relative modernité et, surtout, la beauté confondante de son écriture chorale. Les numéros à deux, trois, quatre voix ou plus abondent… et ils sont tous superbes.
Le livret de Basil Hood, qui place l’action à la cour d’Elizabeth I, est un petit bijou bourré de traits d’esprit réjouissants. L’espèce de parodie “alphabétique” de Romeo and Juliet écrite pour le personnage de Walter Wilkins est un régal.
Production impeccable du petit Finborough Theatre, qui poursuit son œuvre de redécouverte de pages moins connues du théatre musical anglais. Mise en scène au cordeau, servie par une distribution fort jeune mais aussi très talentueuse — le Walter Winkins de Daniel Cane, notamment, est un triomphe comique permanent. À une exception près, les voix sont tout aussi remarquables, avec une mention spéciale pour la Bessie irrésistible de Gemma Sandzer (qui ne fait qu’une bouchée de la redoutable et magnifique chanson “She Had a Letter From Her Love”).
Il faut bien sûr se contenter d’un piano… malheureusement électrique… mais, devant autant de richesses, il serait mal venu de faire la fine bouche.
Et comme on célèbre le Jubilée de diamant d’Élisabeth II, celle-ci apparaît lors des saluts… sous la forme d’une silhouette en carton plus vraie que nature…

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